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 Turkish Stream : le nouveau gazoduc russe pour atteindre le cœur de l’Europe. par Alexandre Moustafa

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akasha
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MessageSujet: Turkish Stream : le nouveau gazoduc russe pour atteindre le cœur de l’Europe. par Alexandre Moustafa   Mar 22 Déc - 1:57

Turkish Stream : le nouveau gazoduc russe pour atteindre le cœur de l’Europe.

par Alexandre Moustafa




Le 1er décembre 2014, le Président russe Vladimir Poutine a surpris tout le monde en annonçant un arrêt des travaux de South Stream, alors que le lancement était prévu dans un an. Le projet South Stream était un projet de gazoduc devant relier la Russie à l’Europe, en passant sous la mer Noire, transitant, par la Bulgarie la Serbie, l’Italie finissant en Autriche. En 2007, le projet South Stream a été signé à Rome, entre les différents pays. Le gazoduc devait faire transiter 63 milliards de mètres cubes (m3) de gaz vers l’Europe. Deux projets entraient en concurrence, le projet South Stream, ainsi que le projet européen Nabucco. Ce dernier, moins ambitieux, disposant de moins de moyens et de rivalités inter-étatiques, n’avait pas pu faire le poids face au projet mené par la Fédération de Russie et Gazprom.


Le projet Turkish Stream ressemble "étrangement" au projet South Stream et compte déverser vers l’Europe la même quantité de gaz, à savoir 63 milliards de m3.
Qu’il s’agisse de South Stream, ou d’aujourd’hui de Turkish Stream, la Russie a un but, contourner l’ « instable » Ukraine. Il y a eu des différends commerciaux gaziers à répétition entre la Russie et l’Ukraine entre 2006 et 2009, ayant conduit à d’importantes perturbations de livraison de gaz russe.




Il faut noter qu’a coté de ces questions purement énergétique, l’enjeu essentiel est ici la question géopolitique. De nombreux pays de l’Union Européenne, sont dépendants à différents degrés du gaz russe. Ainsi, la Fédération de Russie s’en sert comme moyen de pression auprès de ces pays sur les questions géopolitiques. D’autres pays livrent du gaz à l'Europe, comme la Norvège ou l’Algérie, mais ces livraisons ne sont pas suffisantes. Ainsi, l’Union Européenne, cherche un moyen d’être moins dépendant du gaz russe, mais la solution semble être complexe notamment en termes de coût. Ces éléments montrent que la question gazière entre la Russie et l’Union n’a pas pour unique objectif  que de faire fonctionner un pays, mais la question va bien au delà.


Un projet nécessaire pour la Russie, afin de remplacer South Stream



Au delà, de la proximité géographique, les pays de l’Union européenne sont une cible importante pour la Russie. En effet, l’Europe achète 125 milliards de m3 de gaz par an uniquement au groupe Gazprom, qui s'occupe de la production de 93 % du gaz russe. La moitié de ce gaz passe par les gazoducs d’Ukraine, assurant une énorme source de revenus à ce pays. Or, comme nous l’avons vu, le cœur du défunt projet South Stream et maintenant de Turkish Stream est de contourner l’Ukraine. Ainsi, la Russie souhaite que dès 2019, son gaz ne transite plus par le territoire ukrainien. Les précédents de 2006 à 2009 – quant à la sureté de l'acheminement du gaz –  et  l’instabilité depuis la révolution de Maïdan, font craindre à la Russie des risques de coupures. Au delà, des risques de coupures, la Russie ne souhaite pas offrir de l’argent à un pays devenu ennemi de la Fédération.
La Turquie veut également que la Russie lui livre du gaz en évitant l’Ukraine car la Sublime Porte ne veut pas être concernée par les risques de coupures de gaz à cause du transit par l’Ukraine. Le gazoduc Turkish Stream acheminera 16 milliards de m3 pour Ankara.




Le 1er décembre 2014, le Président russe Vladimir Poutine a surpris tout le monde en annonçant un arrêt des travaux de South Stream, alors que le lancement était prévu dans un an. Le projet South Stream était un projet de gazoduc devant relier la Russie à l’Europe, en passant sous la mer Noire, transitant, par la Bulgarie la Serbie, l’Italie finissant en Autriche. En 2007, le projet South Stream a été signé à Rome, entre les différents pays. Le gazoduc devait faire transiter 63 milliards de mètres cubes (m3) de gaz vers l’Europe. Deux projets entraient en concurrence, le projet South Stream, ainsi que le projet européen Nabucco. Ce dernier, moins ambitieux, disposant de moins de moyens et de rivalités inter-étatiques, n’avait pas pu faire le poids face au projet mené par la Fédération de Russie et Gazprom.

Le projet Turkish Stream ressemble "étrangement" au projet South Stream et compte déverser vers l’Europe la même quantité de gaz, à savoir 63 milliards de m3.
Qu’il s’agisse de South Stream, ou d’aujourd’hui de Turkish Stream, la Russie a un but, contourner l’ « instable » Ukraine. Il y a eu des différends commerciaux gaziers à répétition entre la Russie et l’Ukraine entre 2006 et 2009, ayant conduit à d’importantes perturbations de livraison de gaz russe.


Il faut noter qu’a coté de ces questions purement énergétique, l’enjeu essentiel est ici la question géopolitique. De nombreux pays de l’Union Européenne, sont dépendants à différents degrés du gaz russe. Ainsi, la Fédération de Russie s’en sert comme moyen de pression auprès de ces pays sur les questions géopolitiques. D’autres pays livrent du gaz à l'Europe, comme la Norvège ou l’Algérie, mais ces livraisons ne sont pas suffisantes. Ainsi, l’Union Européenne, cherche un moyen d’être moins dépendant du gaz russe, mais la solution semble être complexe notamment en termes de coût. Ces éléments montrent que la question gazière entre la Russie et l’Union n’a pas pour unique objectif  que de faire fonctionner un pays, mais la question va bien au delà.

La capacité initiale du projet est de 63 milliards de m3, soit exactement les volumes de gaz russes qui transitent chaque année par l’Ukraine. Par ailleurs, ce même chiffre est ce que devait déverser South Stream en Europe. Ainsi le projet Turkish Stream est un « nouveau visage » de South Stream, car il compte reprendre 80 % du trajet de l’ancien projet.

Un hub gazier à la frontière russo-greceque va être créé et devrait être opérationnel dès décembre 2016. 47 milliards de m3 de gaz par an vont être destinés au marché européen et transiteront par ce hub. L’objectif serait d’aller jusqu’au hub autrichien de Baumgarten. Deux des objectifs sont de contourner l’Ukraine et de punir la Bulgarie qui a eu un rôle actif concernant les sanctions et de l'abandon du projet South Stream.




Le groupe gazier russe Gazprom et la compagnie turque Botas ont présenté début février un plan conjoint de construction du gazoduc sous-marin russo-turc qui sera mis en service fin 2016. Ainsi, la partie terrestre sera construite par Botas.

Pour Alexeï Miller, « le gazoduc Turkish Stream constitue le seul itinéraire par lequel seront livrés les 63 milliards de m3 de gaz russe qui transitent actuellement par l’Ukraine. Il n’y a pas d’autres possibilité »[1].

Ce projet est donc stratégique car parmi les pays cités, la Grèce est dépendante à 75 % du gaz russe, la Turquie 67 % et la Hongrie 64 %. Une fois arrivé en Autriche, la Russie voudrait vendre ce gaz à des pays moins dépendants comme la France, qui ne l’est qu’à hauteur de 24 %, ou encore l’Italie à hauteur de 28 %.


Union Européenne et Russie s’affrontent géopolitiquement sur cette question du gaz



Pour Alexeï Miller, président directeur général (PDG) de Gazprom, le blocage du projet South Stream visait à « conserver le statut quo lié au transit via l’Ukraine. Si quelqu’un imagine qu’en bloquant Turkish Stream, il atteindra les buts fixés, c’est une grossière erreur »[2]. Cette citation du président de Gazprom marque le ton et montre qu’au cœur de ce projet gazier, deux puissances s’affrontent sur le plan géopolitique. Pour l’Union Européenne, le transit via l’Ukraine est une bonne chose – notamment depuis que ce pays se rapproche de l’Europe –, car elle lui assure des sources de revenues et le place comme un centre de stockage pour le gaz russe en Europe.
Avec ce nouveau projet, la Fédération de Russie se verrait contourner les sanctions européennes en stockant le gaz, en Turquie, pays non membre de l’UE, qui ne prend pas part aux sanctions contre la Russie. La Russie, sachant que ces sanctions sont temporaires, pourrait via le hub à la frontière turquo-grecque, acheminée les 47 milliards de m3 vers les pays d’Europe.

« Nos partenaires européens sont informés et, maintenant, leur tâche est de créer les infrastructures gazières nécessaires à partir de la frontière greco-turque. Ils n’ont que quelques années pour le faire. C’est très, très court »[3] averti Alexei Miller. Gazprom souhaite que les travaux commencent le plus rapidement possible et que les pays de l'Union Européenne, prennent en charge les travaux des infrastructures gazières concernant la partie "occidentale". Ainsi, pour Gazprom, ces travaux avaient en partie commencé avec le projet "South Stream", il suffirait de les continuer, et suivre le tracé jusqu'à la frontière greco-turque.
On peut voir qu'à travers Gazprom, la Russie souhaite imposer ses conditions à l'Union Européenne.
Il est à noter que Gazprom dispose d'une importante frappe de lobbying. En effet de nombreuses compagnies européennes d'énergies s'opposent farouchement aux sanctions européennes car Gazprom est très lié aux marchés européens et à ces entreprises énergétiques également, car elles échangent économiquement avec la Russie voisine qui détient 23 % des réserves mondiale de gaz.


L’UE de son côté est tiraillé, et beaucoup de membres de la Commission espèrent que ce projet ne verra jamais le jour.

Pour Jenez Kopac, le directeur du secrétariat de la Communauté européenne de l’énergie, il n’y a pas d’alternative au transit du gaz par l’Ukraine.
Selon lui, un des tubes reliant la Russie à la mer noire aura une capacité de transport de 15 milliards de m3, soit le volume du gaz russe importé par la Turquie via l’UE.

L'Union européenne essaye de réagir de son coté en essayant de contrer le projet russe. Ainsi, la commission a mis en place, en février dernier, un groupe de haut niveau pour l’interconnexion gazière de l’Europe centrale et du Sud-est européen (CESEC). Il réunit l’Autriche, la Bulgarie, la Croatie, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Roumanie, la Slovénie et la Slovaquie, le CESEC tiendra sa deuxième réunion en juin en Croatie, après celle de Sofia en février.

Même si l'Union Européenne semble résigné à devoir accepter ce projet car elle n'a pas le choix et doit avoir accès au gaz russe. Les déclarations violentes à l'encontre de la Russie s'apparentent davantage à des déclarations politiques. Ainsi, le 9 mars dernier, la Commission autorisait Gazprom à utiliser le gazoduc transadriatique (TAP) pour acheminer du gaz vers l’UE si Turkish Stream venait à voir le jour[4].
Pour le conseiller de la Direction Générale (DG) énergie de la Commission européenne, Brandan Devlin, « le marché est trop étroit »[5] pour l’apparition d’un deuxième gazoduc.
La capacité initiale du TAP sera d’environ 10 milliards de mètres cube par an, avec la possibilité d’accroître cette capacité à 20 mmc/an.
Pour ce même conseiller, « peu importe qui est l’expéditeur, nous nous soucions peu de savoir s’il s’agit de gaz russe, libyen ou azérie. Le marché intérieur fonctionne comme cela. Ce sont les règles que nous devons imposer à la Russie, ou à Gazprom »[6], a déclaré Brendan Devlin.




Pour Daniel Gros, du centre d’études de politiques européennes (CEPS), « il n’est pas question d’abandonner le gaz russe », la Norvège « est au maximum de ses capacité », et concernant l’Algérie, pays riche en gaz, « le cadre pour les investissements, notamment la fiscalité pose problèmes »[7]. Afin de se diversifier, l’Europe pense au GNL, mais son prix est beaucoup plus élevé que le gaz russe.

Derrière ces questions gazières, une importante bataille géoéconomique voit le jour entre les deux ensembles. L'Union Européenne essaye de faire pression, mais la Russie a bien compris que le rapport de force est en sa faveur. De nombreux responsables européens savent que le gaz russe doit être accepté car il est le moins cher sur le marché actuellement. A côté de ces prises de positions propres à l'Union européenne, de nombreux pays européens s'entendent avec la Russie et souhaitent voir le projet Turkish Stream avancer.


Un projet économiquement nécessaire pour de nombreux pays d’Europe



La crise économique et financière frappe de nombreux pays européens depuis 2008, et ils ne veulent pas passer à côté d'un tel projet. Pour ces derniers, il s'agit d'importants investissements, d'une hausse de la croissance et de l'emploi.

La Grèce et la Hongrie sont officiellement intéressées par ce projet de gazoduc depuis le mardi 7 avril. Les chefs de la diplomatie grecque et hongroise ont signé avec leurs homologues de Macédoine, de Serbie et de Turquie, une déclaration politique affirmant leur soutien à ce projet.
Comme la Russie le demandait, ces pays demandent à l’UE de contribuer au financement des infrastructures reliées à ce projet, affirmant que le Turkish Stream « apporterait une contribution significative à la sécurité énergétique globale de l’Europe et devrait de ce fait être une responsabilité commune de l’UE »[8]. Ils ont également créé un club "des amis de Gazprom".
ils entendent mener une politique indépendante vis à vis de Bruxelles sur la question du gaz, mais également sur d’autres sujets. L’Autriche pourrait également se joindre au projet, ce qui serait un élément important pour la Russie, car l'Autriche est la destination d'arrivée du gaz Russe.




Nous pouvons nous intéresser au cas grec, qui est un élément central sur le plan géopolitique et qui veut que ce projet réussisse pour développer son économie. La Grèce s’est montrée à plusieurs reprises intéressée par ce projet, au 17 avril 2015, la « Grèce s’est dite intéressée, mais rien n’a encore été signé, aucun contrat n’a été conclu »[9], selon un porte parole de la Commission.
Alexis Tsipras a déclaré, lors d’une conférence de presse avec le Président russe que « le nouveau tracé permettra de répondre aux besoins en énergie de l’Europe et à la Grèce de devenir l’un des principaux centre de distribution d’énergie du continent, ce qui pourrait attirer un investissement considérable vers l’économie grecque »[10].
Pour lui, ce projet créera emploi, croissance, dans un pays en crise comme la Grèce.
La Grèce importe 65 % de ses besoins en gaz de la Russie. Depuis l’année dernière, ils ont signé un accord de prévoyant une baisse de 15 % des prix d'achats du gaz.
Tsipras a parlé d’une « coopération dans plusieurs secteurs de l’économie, notamment de la possibilité de mener ensemble de grands projets énergétiques ».[11]
Selon le ministre grec de la restructuration de la production, de l’environnement et de l’énergie, Panayotis Lafazanis, les USA exerceraient de très fortes pressions sur la Grèce.


Le gaz russe est abondant et moins cher que le gaz naturel liquéfié (GNL) par exemple, et de nombreux pays européens sont dépendants du gaz russe. Face à la crise économique, de nombreux pays européens acceptent avec enthousiasme le projet, notamment pour créer de l'emploi et obtenir des investissements. Pour le futur, un des éléments clés du maintien de ce projet sera l'avenir des relations politiques entre l'Union Européenne et la Russie. Les sanctions européennes et la Crise ukrainienne sont ainsi, des éléments primordiaux pour l'avenir de l'acheminement du gaz vers l'Europe, via Turkish Stream.

A venir, la partie 1,2,3 et 4.

Source : Strapol par Alexandre Moustafa

_________________
"Pace fores obdo, ne qua discedere possit". Ovide, Fastes, I, 281 Tel le dieu romain, tel en son double-visage, telle est la dualité. Janus. La guerre et la paix.
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