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 Difficultés du Lâcher prise + Quand les idées noires nous travaillent

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akasha
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MessageSujet: Difficultés du Lâcher prise + Quand les idées noires nous travaillent   Dim 10 Avr - 1:36

Bonsoir mes frères & sœurs  I love you
Voici deux articles qui pour moi peuvent faire une parallèle car quand on ne sais pas lâcher prise, à la longue cela peu entraîner des idées noires. Car on perd confiance et on fini par fatiguer parce-qu’on est submerger d'énergies négative et les positives sont épuisées. Et cela entraîne un déséquilibre mental très fort. Le lâcher prise c'est comme pour tout cela s’apprend, il faut savoir sonder son âme retourner le regard vers l'intérieurs, savoir se poser là, sans nécessairement attendre quelque chose, simplement se poser dans le moment présent.   Akasha.


Difficultés du Lâcher prise

par Marie Bérubé, psychologue.




La première question à nous poser, donc, pour comprendre pourquoi nous avons autant de difficulté à lâcher prise dans certaines situations, c’est la suivante : de quoi dois-je faire le deuil ?

Il y a bien évidemment des deuils plus difficiles à faire que d’autres, comme le deuil d’une valeur importante à nos yeux. Par exemple, l’infirmière qui devrait faire le deuil du temps qu’elle peut passer avec un client en raison d’une réorganisation d’un plan de soin, et qui a comme valeur importante la relation qu’elle établit avec le client, trouvera très difficile de faire le deuil de cette partie de son travail. Pour elle, ce serait presque se renier elle-même, renier sa mission. Nous pouvons comprendre alors l’énorme résistance qu’elle développera, résistance qui pourra aller jusqu’à se chercher un milieu de travail plus satisfaisant qui respecte sa valeur. À moins qu’elle ne change le processus de vérification de cette même valeur, c’est-à-dire sa façon de vérifier sa valeur.

Lâcher prise implique donc parfois de nous changer nous-mêmes ou de nous accepter avec nos limites, nos valeurs, ce qui nous permet d’accepter les autres bien plus aisément. Le cerveau humain est très complexe et capable de grandes choses, à condition que nous développions sa grande flexibilité.

Être flexible, c’est accepter de lâcher prise si les moyens que nous utilisons ne fonctionnent pas; c’est aussi essayer autre chose, une autre stratégie. C’est aussi nous mettre en recherche active de d’autres moyens pour arriver à nos fins. C’est accepter de laisser aller un certain contrôle.


Comment lâcher prise: quelques moyens



Lâcher prise peut s’expliquer et s’appliquer de bien des façons. Une manière très simple de l’apprivoiser consiste à l’opposer à son contraire : le contrôle. Tous, à des degrés divers, nous aimons bien avoir le contrôle, que ce soit sur notre travail ou des parties de celui-ci, sur notre vie personnelle, sur nos émotions, sur les autres peut-être. Nous aimerions bien parfois avoir le contrôle sur des événements qui, justement, sont hors de notre contrôle. Lorsque nous réalisons que nous ne pouvons changer ni les événements ni les autres et que nous pouvons seulement changer notre façon de les percevoir, nous sommes dans le lâcher prise. Nous nous donnons alors une chance de vivre moins de stress. De la même façon, lorsque nous modifions notre action pour arriver à un résultat, nous faisons preuve de flexibilité et de notre habileté à décrocher d’une conduite stérile.

Dans tous les événements qui nous arrivent, il est important de faire la différence entre ce que nous pouvons contrôler, ce que nous pouvons influencer et ce que nous ne pouvons ni contrôler, ni influencer. Faire une distinction entre les trois est sans doute une première étape dans le lâcher prise.


Le lâcher prise et les objectifs



Est-ce à dire que lâcher prise implique de renoncer à nos buts, à nos objectifs ? Pas nécessairement. Lâcher prise, dans l’immédiat, peut être parfaitement compatible avec l’action, mais impliquera parfois une action différente ou différée. Prenons un exemple simple qui permettra de mieux comprendre. Il vous est sans doute déjà arrivé d’avoir un nom sur le bout de la langue et de vous acharner pendant de longues minutes pour le retrouver, mais en vain. On dirait que plus vous faites des efforts, moins vous vous en souvenez. Puis, vous passez à autre chose, vous lâchez prise sur votre recherche. Soudain, le nom recherché arrive de lui-même et sans aucun effort.

Penser de façon obsessive à un problème est la plupart du temps complètement inefficace et ne le règle surtout pas. Au contraire, s’en détacher provisoirement peut permettre à notre cerveau de faire émerger certaines solutions et surtout de laisser la place à l’originalité et la créativité.


Lâcher-priseLâcher prise: un acte de confiance






Pourquoi trouvons-nous si difficile de laisser aller notre besoin de contrôle? Parce que nous nions ou parce que nous sommes très peu conscient des peurs liées à l’absence de contrôle. Par exemple, on peut craindre des autres qu’ils nous dominent, avoir peur de se tromper, peur de ne pas être adéquat, peur de manquer de quelque chose.

Plus on cherche à contrôler, que ce soit les collègues, le conjoint, ses enfants, une manière de faire les choses, l’opinion des autres ou même son apparence, plus cela est signe d’insécurité et moins on lâche prise. Lâcher prise est un acte de confiance. Cela nécessite l’acceptation de nos limites, la reconnaissance des autres dans leurs différences et la capacité de faire avec ce qui est dans le présent (voir encadré). La tentation est grande toutefois de refuser ce qui n’est pas conforme à nos désirs. Le besoin de contrôle nous fait nous acharner sur ce qui aurait pu être ou ce qui devrait être et oublier ce qui est présentement.


Des moyens de lâcher prise



Comment peut-on s’y prendre pour développer la capacité à lâcher prise ? De plusieurs façons. Mais la première et la plus importante n’en demeure pas moins la prise de conscience. Devenir conscient de nos émotions face à ce qui arrive. Devenir également conscient de l’absurdité du contrôle sur ce qu’on ne peut ni changer ni influencer. Devenir conscient de toute la perte d’énergie et de bien-être que représentent le perfectionnisme et l’acharnement.

Par exemple, vous partez en voyage à l’étranger dans l’intention bien précise d’en profiter pour faire de la photographie, une de vos passions. Dès votre arrivée, votre appareil ne fonctionne plus. Il est impossible de le faire réparer sur place ou de s’en procurer un autre. Entretenir en vous la frustration, la colère, le dépit par rapport à cette contrariété peut gaspiller vos vacances et ne corrigera en rien la situation. Alors, ne vaut-il pas mieux recadrer cette situation ? Vous dire, par exemple, que vous pouvez peut-être profiter autrement des belles images qui s’offrent à vous ? Peut-être serez-vous plus sensible aux brochures, aux cartes postales, aux vidéos que vous pourrez vous procurer ? Peut-être ne pas être embarrassé d’un attirail de photographe vous permettra-t-il de faire des activités différentes ? Peut-être que de couper court à ces pensées moroses vous permettra-t-il de ne pas rater vos vacances et, la prochaine fois, de partir avec un plan B : une deuxième caméra ou, tout simplement, un appareil photo jetable ?


lacher-priseLes deuils à faire





Simple logique, direz-vous, mais comment se fait-il que ce simple comportement soit parfois si pénible à faire ? C’est là qu’intervient la stratégie suivante qui est essentielle, soit celle d’accepter de faire le deuil de quelque chose auquel nous tenons. Ce qui a empêché notre petit singe du début de lâcher prise quant à son désir d’obtenir le riz, c’est son incapacité à faire ce deuil. Il croit qu’ouvrir sa main lui fera perdre la nourriture, mais il ignore qu’il n’a pas besoin de faire le deuil du riz, seulement d’une stratégie inefficace et qui menace même sa liberté.

Combien de fois, tout comme lui, nous répétons un comportement stérile. Pensons à toutes les fois où nous refaisons la même intervention avec un enfant, un conjoint, un ami, un collègue, intervention qui ne donne pas les résultats escomptés, mais que nous répétons inlassablement, contre toute logique, en pure perte, récoltant à chaque fois la même déception. Nous pourrions comparer cela à une mouche prisonnière dans la maison et qui cherche à sortir. En voyant la lumière de la fenêtre, elle fonce vers la liberté, mais se frappe dans la vitre. Elle pourra répéter cette stratégie pendant des heures, jusqu’à l’épuisement et même la mort, même si ce moyen est complètement inefficace.

Lâcher prise implique parfois de faire le deuil d’une croyance, les il faut, les je dois appris, conditionnés et inefficaces quant au résultat. Par exemple : il faut que tout soit parfait. – Tout doit toujours fonctionner comme je le veux. – Je dois tout faire moi-même.

D’autre fois, c’est du résultat qu’il conviendra de faire le deuil puisqu’il n’est pas entièrement sous notre contrôle (par exemple, les résultats scolaires de notre enfant ou l’ordre dans sa chambre). Certains auraient intérêt à faire le deuil de leur passé, de leurs épreuves, de leurs problèmes, puisqu’on ne peut changer le passé et que le ressasser inlassablement nous empêche de profiter du moment présent. Certains traînent avec eux, pendant des années, des deuils et refusent de tourner la page, minant ainsi leur propre moral et celui des autres.

Les deuils à faire sont multiples, que l’on songe à toutes les idées irréalistes que nous entretenons sur nous-même (vouloir être apprécié de tous, par exemple, ou vouloir que tout le monde autour de nous soit bien), sur les autres (souhaiter que son conjoint ou son collègue de travail ait un caractère différent), sur le travail, etc. Pardonner est aussi une façon de lâcher prise.


Un déclencheur du lâcher prise.


Voici un truc qui semble facile, mais qui demande un peu de pratique. C’est un excellent déclencheur du lâcher prise. Il s’agit de vivre le moment présent. Cela nous fait automatiquement couper court aux pensées parasites, qu’elles concernent le passé, l’avenir, les problèmes, les faux buts et les mauvais moyens. Ici et maintenant libère, permet de décrocher et d’être sensible aux alternatives. Trouvez un moyen qui vous permette d’être dans le moment présent. Pourquoi ne pas vous mettre à la photo pour vous forcer à regarder ou à l’observation des oiseaux ou des papillons ou au jardinage ou même à la méditation?

Lâcher prise implique donc parfois de nous changer nous-même ou de nous accepter avec nos limites, nos valeurs, ce qui nous permet d’accepter les autres bien plus aisément. Le cerveau humain est très complexe et capable de grandes choses, à condition que nous développions sa grande flexibilité.

Être flexible, c’est accepter de lâcher prise si les moyens que nous utilisons ne fonctionnent pas; c’est aussi essayer autre chose, une autre stratégie. C’est aussi nous mettre en recherche active de d’autres moyens pour arriver à nos fins. C’est accepter de laisser aller un certain contrôle.

Note: cet article est adapté du chapitre 12 du livre Oser changer: mettre le cap sur ses rêves que vous pouvez vous procurer en version papier ou ebook. Cliquez pour en savoir plus.

Marie Bérubé et Marc Vachon

http://oserchanger.com


Quand les idées noires nous travaillent



Qu’elles portent sur soi, les autres, le monde ou l’avenir, les idées noires sont inévitables. Mais, quand elles commencent à tourner en rond dans nos têtes, elles viennent freiner nos élans et brider nos projets.

Il suffit parfois d’un rien, d’un enchaînement de petits événements déplaisants pour que notre regard sur nous-même, sur notre vie change radicalement. Une brimade au travail, un adolescent qui rapporte un mauvais bulletin, un dîner raté, une dispute conjugale et, tout à coup, nous sommes nul, personne ne nous aime, l’avenir est bouché, les enfants ne s’en sortiront jamais…

La vie se transforme en un parcours du combattant semé d’embûches, d’épreuves à traverser dans un environnement hostile. Inutile de préciser que, dans un contexte économique et social défavorable, cette propension à broyer du noir a toutes les chances de se déployer.

Difficile de dormir

« Les pensées négatives peuvent se manifester à deux niveaux, définit la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury. D’abord à l’égard de l’extérieur, et du monde en général : nous éprouvons des sentiments d’insécurité, d’abandon, de fragilité, de menace.

Nous avons l’impression que nous évoluons dans un univers dangereux, malveillant. Dans le meilleur des cas, nous estimons que nous devons faire preuve de vigilance ; dans le pire, nous nous sentons attaqués.

Ensuite, vis-à-vis de nous-même et de notre intériorité. La négativité se caractérise par l’auto-dépréciation : nous ne nous sentons pas à la hauteur de ce qui nous est demandé, nous avons l’impression que nous n’y parviendrons jamais. »

Entre 6 et 14 ans, Fanny, 33 ans, a eu de sérieux problèmes de sommeil. Toutes les nuits, des pensées obsédantes la taraudaient. « Je restais les yeux ouverts dans le noir, terrorisée à l’idée d’entendre à nouveau quelque chose que j’avais entendu enfant et dont j’avais tellement honte que je ne pouvais en parler à personne. »

Ses parents ont tout essayé : les veilleuses, les stores occultants, l’insonorisation, les consultations chez des spécialistes du sommeil… Dans la journée, la petite fille s’endormait sur son pupitre en classe, sur les bancs de la cour de récréation.

La psychologue et psychanalyste Catherine Audibert se méfie du processus mental de rumination qui peut conduire à l’insomnie : « Les insomniaques sont souvent assaillis par des pensées nocturnes qu’ils sont incapables de verbaliser le lendemain. Ces pensées répétitives très négatives peuvent même finir par les mettre en danger.

Elles sont souvent en rapport avec un traumatisme, qui a créé une compulsion à la répétition, dans les actes, mais aussi dans la pensée. La rumination ne cesse pas par la volonté. Il faut en retrouver l’origine et le sens pour la désactiver. »

Un soir d’été, Fanny se souvient s’être assise sur les marches de l’escalier de la maison de vacances, à côté d’une tante qu’elle aimait bien. « Elle me caressait pensivement les cheveux. Je voyais bien que ça n’allait pas fort pour elle non plus. Je lui ai demandé si je pouvais exceptionnellement dormir avec elle ce soir-là. Elle m’a regardée gentiment : “Explique-moi pourquoi tu ne dors jamais, Fanny ?”

C’est sorti : “Parce que j’ai peur d’entendre papa et maman faire des trucs.” En même temps que je l’ai dit, j’ai éclaté de rire. Elle a eu un regard interloqué puis mon rire a été communicatif.

Mais, ce que j’ai aimé, ce qui m’a sauvée, je crois, c’est qu’elle ne s’est pas moquée de moi. Au contraire : elle m’a écoutée, a pris ce que je lui racontais tout à fait au sérieux et m’a expliqué que je n’étais pas folle du tout. » Le lendemain, Fanny est sortie à jamais de son « long collier des sommeils affreux » (La chanson du mal-aimé de Guillaume Appolinaire).

Trop d’anticipation

Ce qui pose problème avec la rumination, c’est quand elle nous bloque à un stade de la réflexion, quand elle cesse d’être une étape dans le processus de pensée, quand nous ne sommes plus capables de revenir sur ce qui a été prononcé et intériorisé pour l’affiner, le creuser, le dépasser et avancer.

Le psychanalyste Saverio Tomasella, auteur d’Oser s’aimer, développer la confiance en soi, explique que « la mentalisation prend trop d’espace et tourne en boucle. Il n’y a plus digestion, ce à quoi est censée préparer la rumination. Ce phénomène de ressassement touche plus particulièrement ceux qui ont besoin de se préparer pour mener à bien ce qu’ils redoutent de ne pas réussir à faire.

Mais leur anxiété est telle que, même quand ils ont trouvé la manière dont ils vont pouvoir affronter ce qui leur pose problème, ils continuent à se préparer ». La faute à qui ? Pourquoi certains sont-ils plus touchés que d’autres ? Ont-ils tous été victimes de traumatismes ?

Les causes peuvent être multiples, détaillent Catherine Audibert, Saverio Tomasella ou encore la philosophe et psychanalyste Nicole Prieur, qui pointent également l’éducation, l’environnement familial dans lequel nous avons grandi et le milieu professionnel. Selon Saverio Tomasella, « bien souvent, des parents austères et pessimistes élèvent des enfants qui le deviennent à leur tour.

Il en est de même pour l’angoisse, l’affolement, la peur de la maladie, etc. Au travail aussi, la répétition de paroles dépréciatives provoque peu à peu une forme de dépression ou de dévalorisation systématique, de même que la culture des mauvaises nouvelles produit un pessimisme général dans une entreprise ou une administration.

Et puis, un enfant sans cesse rabroué, moqué, dévalorisé aura très vite tendance à adopter cette attitude destructrice envers lui-même, envers les autres et la vie. Toute la question est de réussir à enrayer cette mécanique infernale et de redonner confiance en soi à des personnes qui en manquent souvent cruellement ».

La complainte de la nullité

Auto dévalorisation et ressassement font en effet malheureusement souvent très bon ménage.
J’suis un débris / J’suis un déchet / J’suis une insulte à l’harmonie d’la création, clame le poète Paolo Universo dans sa Ballade de l’ancien asile.

Sur le divan, la chanson de l’auto-dépréciation est l’une des mélodies les plus entonnées. Une complainte, avouent les psychanalystes et psychothérapeutes, qui la considèrent comme un véritable piège. Un jour, alors qu’un homme gémissait en répétant sans arrêt qu’il était nul, qu’il ne valait rien, Jacques Lacan lui assena : « Très bien. Vous n’êtes qu’une merde. La séance est finie. »

Pitié, soupire Cynthia Fleury, « le grand poème épique de la nullité est un discours mortifère qui signifie en fait : “Si ça ne marche pas, je n’en suis pas responsable. Ce n’est pas ma faute.” Cette parole fausse sert en fait à valider une impuissance ». Plainte qui justifie l’immobilisme, fait écran à notre peur de bouger.

C’est la victoire de la pulsion de mort, présente dans tout ce qui nous anéantit à bas bruit : « Elle éteint notre désir, notre sensibilité, freine nos élans, nous bride dans nos projets, nous fait nous replier sur nous-même », énumère Saverio Tomasella.

Une prise de conscience

À trop nourrir ce type de considérations inquiètes, ne nous faisons-nous pas inutilement du mal ? Pas forcément : « Toute pensée en mouvement génère du “contre”, reprend Cynthia Fleury. Quand on réfléchit à un sujet, il est logique de l’envisager sous un angle négatif.

L’un des grands philosophes à l’avoir révélé est Hegel, avec la dialectique en trois temps : thèse, antithèse puis synthèse. L’antithèse, autrement dit le “négatif”, est une étape obligée du chemin de la pensée. Sans elle, pas de synthèse possible ! »

Nos constructions négatives sont également le signe d’une prise de conscience et d’une prudence judicieuses. « Quand je n’ai rien qui m’inquiète, cela même m’inquiète », écrivait le philosophe allemand Arthur Schopenhauer. Nicole Prieur en est convaincue : « Ceux qui ont une tendance aux pensées négatives sont subtils, sensibles à l’ambiguïté, à l’ambivalence de la condition humaine.

Nous ne pouvons pas chercher à évincer complètement la part sombre qui nous anime. Les représentations négatives que nous nous faisons des choses sont le fruit d’une pensée, certes inquiète, mais souvent lucide : mesurer le risque des choses, voir la présence du mal quand d’autres s’aveuglent. »

Et foncent droit dans le mur en klaxonnant. Cynthia Fleury le confirme, le négatif peut permettre d’en finir avec les faux-semblants et conduire à un « moment de vérité au cours duquel, tout à coup, la parole se libère, premier pas vers une transformation interne, une progression, une évolution ». Cela peut signifier que nous sommes capables d’affronter la vérité dans sa crudité. Ce qui ne rend pas forcément plus heureux, mais nous permet d’avancer, d’évoluer, parfois de créer.

Pendant des années, Marie, 43 ans, a préféré ne rien voir du naufrage de son mariage, se contentant de s’interroger sur elle : « Je me rongeais les sangs, j’avais l’impression d’être obsédée par mon travail, de fuir mon époux et de ne pas parvenir à le satisfaire.

Lui passait son temps à me reprocher de ne pas être assez présente, de ne pas l’aimer. Je me sentais mal sans savoir vraiment pourquoi. Je faisais des cauchemars la nuit, dont j’étais incapable de me souvenir le lendemain matin. » Et puis, un jour, la jeune femme a découvert la double vie de son si parfait époux. « Je suis partie très en colère contre moi-même, mais, bizarrement, soulagée et libérée. »

Une « belle » tristesse

Frédéric Pajak a perdu son père à l’âge de 9 ans. Une mort qu’il « essaie toujours de comprendre », explique- t-il. Il rêve, dessine, écrit à partir de ce deuil, sublime son manque dans des textes graphiques, sombres et magiques. « Comme tous ceux qui ont perdu un proche, je passe mon temps à y penser, confie l’écrivain.

Sans le vouloir d’ailleurs, cela ne relève pas de la volonté. Les sentiments sont les héros de mes livres. J’éprouve une sensation de fatalité devant le temps qui passe, la sensation que quelque chose m’échappe. Il existe une forme de beauté dans la tristesse que nous transportons.

Regardez le succès d’Edward Hopper, comment nous aimons plonger nos yeux dans les tableaux magnifiques de cet homme, qui a su retranscrire des sensations où pourtant aucune gaieté, aucun espoir n’affleure. Nous aimons nous confronter à notre part sombre. Sans forcément la “pathologiser”, la considérer comme malade. »

Des créateurs comme Frédéric Pajak ou Lionel Duroy réussissent à faire de leur négativité, de leurs douleurs profondes une force créatrice tournée vers l’extérieur. Ils parviennent à l’exprimer en utilisant leur propre langage, l’écriture ou le dessin, « l’aspect intellectuel de l’une, sensoriel de l’autre », sourit Pajak.

Et puis, il y a les autres, ceux, majoritaires, qui n’ont pas cette capacité de sublimer dans l’art, mais parviennent tout de même à évacuer les tensions issues de leurs pensées négatives dans des pratiques beaucoup plus prosaïques : « Quand je sens que les petites phrases destructrices commencent à tourner dans ma tête, que le petit vélo intérieur menace de se mettre en marche, j’attrape un balai et je hurle sur des chansons de Claude François en faisant le ménage. C’est ridicule et très efficace », confie Laura, 38 ans. David, 47 ans, enchaîne postures de yoga et méditation de pleine conscience pour s’oxygéner, se recentrer et s’élever.

Mais que se passe-t-il quand rien n’y fait, quand le négatif reste coincé, bloqué, refoulé au plus profond de nous-même ? « Le risque est de se noyer dans l’impuissance de la rumination », répond justement Frédéric Pajak. Est-ce bien la peine de mobiliser son énergie psychique dans ce sens ? Et si nous cherchions plutôt à quitter ces spirales infernales afin que, comme le dit Héraclite, « l’opposé coopère » et nous libère de ses entraves défaitistes ?

L’avis de Guy Corneau

« Un sentiment de dévalorisation s’est installé en France »



Guy Corneau, le célèbre psychanalyste Québécois, pose son regard de psychanalyste jungien sur une certaine détresse nationale.

« La France souffre d’un sentimentalisme excessif. Votre peuple verse trop dans la mélancolie, la nostalgie. Vous êtes romantiques, beaucoup plus attachés aux valeurs qu’aux idées. C’est d’ailleurs pour cette raison que vous avez tant de mal à vous entendre avec les Allemands, peuple de penseurs orienté vers l’action.

Ils ne font pas de sentiments, contrairement à vous qui, face à la crise, préférez rêver, vous réfugier dans les souvenirs de vos privilèges, de votre splendeur déchue, plutôt que bouger vraiment. Vous ouvrez trop la porte vers le passé. Un sentiment profond de dévalorisation s’est installé.

Chacun surveille ce que l’autre fait, essaie de préserver ses petits pouvoirs. Vous croulez sous les comparaisons, les critiques vis-à-vis de vous-mêmes et des voisins. La frustration règne. Mais la morosité ambiante va obliger chacun à se prendre en main, à choisir son état intérieur, à décider de sa propre sérénité sans se laisser ballotter par les événements nationaux.

L’heure est peut-être venue d’injecter un peu de rationalité germanique à votre susceptibilité et à votre sensibilité. Il ne faut plus qu’il n’y ait personne dans la maison, si je puis dire. Votre énergie pourrait se réorienter, quitter le gouffre du spleen pour être source de changement. Le déclin de la France est une chance pour ses citoyens, une chance d’en finir avec ses tentations défaitistes. »


Hélène Fresnel

Source :
http://tarotpsychologique.wordpress.com

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"Pace fores obdo, ne qua discedere possit". Ovide, Fastes, I, 281 Tel le dieu romain, tel en son double-visage, telle est la dualité. Janus. La guerre et la paix.
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