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 Les réfugiés syriens comme vous ne les avez jamais vus

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akasha
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MessageSujet: Les réfugiés syriens comme vous ne les avez jamais vus   Mar 21 Juin - 0:50

Les réfugiés syriens comme vous ne les avez jamais vus



Le photojournaliste québécois Frédéric Séguin a fait un pari : rendre compte, par-delà l’horreur ou la désolation de la force morale des humains à travers le monde. Face à l’horreur de la guerre civile syrienne, il décide un jour de traverser le globe pour se rendre auprès des réfugiés. Il y trouve des personnes, enfants, femmes et hommes, broyées par l’horreur. Comme en témoigne ses clichés, il sera étonné de voir autant d’amour, de sourires et d’humanité sur les visages, en dépit d’une situation extrême. Nous l’avons interviewé.

Frédéric Séguin est un jeune photojournaliste québécois de 26 ans. En 2015, alors qu’il vit au Népal, il fait l’expérience du très violent tremblement de terre qui ravage le pays. C’est là que sa démarche photographique, déjà bien engagée, se précise. « À travers la désolation, j’ai pu constater la résilience d’un peuple et en capturer les sourires avec ma caméra. J’ai réalisé que l’espoir humain est plus puissant que la tristesse et me suis donné pour mission de continuer à montrer ce point de vue inspirant trop peu partagé dans les médias (…) le rôle que je m’assigne est de capter l’âme à travers les regards et les sourires des peuples plutôt que d’exposer des victimes », nous explique-t-il.




Le jeune homme est aujourd’hui co-fondateur de l’organisme Shoot to Help qui a pour but d’inspirer et encourager la collaboration internationale à travers la photographie. S’étant rendu en personne auprès des réfugiés syriens qui ont fui la violence et la guerre qui ont mis leur pays à feu et à sang depuis 2011, il a voulu témoigner de leur humanité, à contre-pied du regard misérabiliste trop souvent privilégié par les médias sensationnalistes. Alors que la crise syrienne s’intensifie, notamment avec les frappes qui touchent Alep en ce moment, faisant de nombreux morts civils, Frédéric a accepté de répondre à nos questions et à ce choix d’exposer les sourires plutôt que les cadavres.

Qu’est-ce qui vous a poussé à partir à l’autre bout du monde pour couvrir la crise des réfugiés syriens, en dépit des dangers que cela peut représenter ?

Les tremblements de terre au Népal m’ont révélé que les images tragiques véhiculées dans les médias ne montrent qu’une partie de la réalité et omettent bien souvent de souligner la résilience humaine* toute aussi présente. En voyant constamment les mêmes images toujours aussi dramatiques de la crise des réfugiés, j’étais persuadé que la situation était similaire à ce que j’ai constatée au Népal. L’espoir et la résilience devaient également être présents chez ces personnes même si ce n’était pas l’image présentée dans les médias. Je me suis donc donné comme mission d’aller chercher ces images moi-même afin de rapprocher le public de cet enjeu en présentant l’humain avant le réfugié.




Je ne crois pas qu’il y ait de grands dangers pour les photographes couvrant la crise des réfugiés en Europe ou même dans les pays stables du Moyen-Orient (Liban, Jordanie) en ce moment. En deux mois de reportage, je ne me suis jamais vraiment senti en danger critique.

(NB : la résilience est l’attitude positive d’un individu frappé d’un grave traumatisme à accepter pleinement la situation qui l’affecte pour rebondir et reconstruire une nouvelle situation)

Concernant les réfugiés, on a entendu tout et son contraire. Trop souvent, les généralités et les caricatures abreuvent l’information. Quelle est votre ressenti et témoignage quant à l’ambiance et la vie sur place ?

Les réfugiés sont en effet diabolisés et idéalisés par tous et chacun. Il est impératif selon moi d’être conscient d’une réalité toute simple par rapport à ceux que l’on appelle réfugiés ou migrants ; ce sont des êtres humains, rien de plus, rien de moins. Ils sont humains avant tout, avec tout le bien et le mal que cela implique.

Ce sont des êtres humains quittant une réalité limitée dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie et celles de leur famille. Comme partout ailleurs sur la planète, parmi un million de personne se retrouvent des individus mal intentionnés tout autant que bien intentionnés. La compréhension et l’acceptation passe par la réalisation qu’ils ne sont qu’humains et qu’à leur place, nous aurions agi exactement pareil.




Quant à l’ambiance générale, j’étais sur place en octobre et novembre 2015 alors que les frontières étaient encore ouvertes et la situation beaucoup moins tendue. La plupart des réfugiés réagissaient positivement à la présence de photographes et semblaient confiants d’être sur la voie d’une vie meilleure. L’ambiance était habituellement décontractée même si parfois la caméra pouvait en intimider certains et avec raison. Vous savez, les photographes aussi ne sont qu’humains, sans vouloir les diaboliser ou idéaliser….

Les images le démontrent, le situation sur place est très éprouvante. Qu’avez vous ressenti lors de vos premiers contacts avec les personnes déplacées ?

Les choses ne sont peut-être plus ce qu’elles sont mais au moment où j’étais place, je dirais avoir été témoin d’un espoir même dans ces conditions difficiles. Les réfugiés étaient conscients qu’ils quittaient leur terre natale, soit très dangereuse ou exempte d’avenir pour eux et devaient traverser un difficile et dangereux périple avant d’avoir droit à une vie meilleure. La difficulté se lisait sur les visages mais aussi l’acceptation de devoir traverser ces épreuves.




En dépit de l’horreur, vous montrez une image très « positive » des réfugiés. N’est-ce pas une forme d’idéalisation de la réalité ?

Est-ce que l’image toujours pessimiste n’est pas une dramatisation de la réalité ? Ce ne sont pas toutes mes photos qui sont exclusivement positives mais j’essaie justement de balancer la tendance alarmiste que nous voyons constamment. Tout n’est pas que noir ou blanc, je tente tout simplement d’illuminer un peu la situation. Mes images reflètent la réalité du moment lorsque je l’ai prise, rien de plus ou de moins. Je ne demande à personne de sourire et ne tente en aucune façon de modifier la situation contrairement à certaines accusations que j’ai pu recevoir. Je tends simplement à mettre l’emphase sur la publication de mes reportages positifs. Loin de moi l’idée de vouloir éclipser les problèmes et les conflits mais je trouve que les hordes de photographes des agences de presse se débrouillent déjà très bien ; j’ai envie de montrer l’autre partie de la réalité.

Pour l’avoir vécu sur place, je trouve infiniment plus forte et touchante une image d’une personne souriant dans la misère qu’une personne pleurant et s’apitoyant sur son sort. On s’attend à voir la faiblesse humaine et voir l’inverse touche encore plus.




On tend aussi souvent à oublier que ces personnes quittent un environnement mettant leurs vies en péril et que pour eux le périple vers l’Europe représente aussi un deuxième commencement, un espoir d’une vie meilleure. Ils le réalisent et restent forts en gardant espoir. Je veux transcender cet espoir d’un futur pour eux-mêmes et pour leurs enfants à travers ma caméra.

Dans le cas où vous avez pu dialoguer avec les réfugiés, quels étaient leur discours, leurs espoirs et ambitions ? Y-a-t-il un message particulier qui ressort de ces échanges ?

La communication en profondeur n’est pas toujours chose facile. Manque de temps, de langue commune, d’interprète, etc. Lorsque la discussion est établie, le discours est assez similaire, ils quittent la guerre, les bombes, peu importe le motif du départ, le manque d’avenir, l’obligation de combattre pour un régime totalitaire… La plupart préféreraient rester chez eux et beaucoup craignent de s’éloigner trop loin de peur que la situation se calme éventuellement.

Beaucoup veulent refaire leur vie en Europe mais gardent espoir de retourner un jour dans leur terre natale, ils ne peuvent cependant pas passer une vie à attendre que les choses se règlent ou pas. J’ai ressenti généralement une grande reconnaissance envers l’Europe et envers les bénévoles présents au long du périple.




Que pourriez-vous conseiller à nos lecteurs pour avoir une juste vision du drame qui se déroule aux portes de l’Europe ?

S’informer constamment et à travers plusieurs sources tout en s’interrogeant sur les motivations des gouvernements et des médias. La situation n’est pas toujours celle présentée dans les médias de masse et les journalistes indépendants et les bénévoles sur place sont une bonne façon de mieux comprendre la réalité. Il faut d’abord et avant tout se mettre à la place des réfugiés pour mieux comprendre leurs motivations et leurs actions.

Demandez-vous comment vous pouvez aider, que ce soit à travers des dons ou du temps ou tout simplement en partageant des informations justes et humaines. Renseignez-vous auprès des groupes de bénévoles et petites organisations.

Que retenez-vous globalement de cette expérience au cœur de cette crise humanitaire d’ampleur internationale ?

Que ces fameux réfugiés dont nous entendons tant parler sont bel et bien des êtres humains. Il n’y a aucune raison de craindre son prochain, de vivre dans la peur. Ce sont des personnes motivées par l’espérance d’une vie meilleure. À leur place, j’aurais fait exactement la même chose.




’ai aussi réalisé à quel point je suis chanceux et privilégié même si cela peut paraître quelque peu cliché. Après des journées passées sous les averses à prendre des photos dans des camps, je rentrais à mon hôtel, trempé et épuisé en sachant que tous ces réfugiés qui étaient bien plus trempés et épuisés que moi allaient quant à eux passer la nuit dehors. À chaque frontière que j’ai traversée, il m’a suffi de montrer mon passeport canadien, autre privilège par rapport aux réfugiés.

Une autre réalité qui m’a surpris sur le terrain est le manque d’informations claires et concrètes et de directives autant chez les autorités que les grandes organisations. Les procédures changent quotidiennement, personne n’est au courant de rien et il est extrêmement stressant pour les réfugiés et bénévoles de ne pas savoir quoi faire ni où aller. Le travail des bénévoles et petites organisations est également très sous-estimé et peu médiatisé. Ceux-ci accomplissent un travail incroyable avec des moyens extrêmement limités. Bien souvent, les grandes organisations n’ont rien à envier à l’impact positif et au travail de ces bénévoles avec peu d’expérience et de moyens.




Quelles sont les prochaines étapes de votre travail ?

Je retourne en Grèce le 16 mai pour documenter comment la situation a évolué depuis la fermeture des frontières de l’Union européenne. Je compte spécialement me concentrer sur la frontière nord à Idomeni où plus de 10 000 réfugiés sont présentement en attente dans un camp, vivant dans des conditions terribles. Des dizaines de milliers de réfugiés sont aussi répartis à travers le pays, toujours dans les limbes politiques, attendant d’être déportés en Turquie, leurs conditions de vie variant énormément d’un endroit à l’autre.

Mon but est, je le répète, de présenter la situation avec un regard plus intime et humain que ce que l’on retrouve toujours dans les médias. Il est plus que jamais crucial que le monde entier soit conscient de l’humanité de ces personnes afin de penser à établir de réelles pistes de solution.




Par la suite, j’aimerais attirer l’attention sur un aspect encore moins visible de la crise des réfugiés : la situation des réfugiés dans les pays encore en guerre, soit la Syrie, l’Iraq et l’Afghanistan. Des centaines de milliers de réfugiés y sont déplacés, incapables de quitter leur pays. Les conditions de vie y sont d’autant plus difficiles que seules quelques agences d’aide internationale peuvent y accéder et à peine.

La résilience est partout et il ne faut pas craindre notre prochain.




Source : Mr Mondialisation

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"Pace fores obdo, ne qua discedere possit". Ovide, Fastes, I, 281 Tel le dieu romain, tel en son double-visage, telle est la dualité. Janus. La guerre et la paix.
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