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 La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation

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akasha
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MessageSujet: La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation   Sam 3 Jan - 3:51

Amis du soir bonsoir  cat

Etre Accuser de faire l'apologie du complot, est l'argument bateau de ceux qui n'ont pas d'argument face à des faits qui dérangent !
Voilà un peu ce qui résume bien la position de plupart des protagonistes dans les débats de fond quelque soit le sujet...A l'heure actuelle, il est devenu difficile de pouvoir ce poser les bonnes questions et d'aller au fond des choses. Sans ce voir taxer de conspirationniste, de antisémite, de islamophobe, ou encore de homophobe et bien sur le fameux point Godwin, ou d'être carrément un nazis  Very Happy  On vois bien à quel point la fameuse autoproclamé "Dissidence" est malmenée pour l'instant.... Rolling Eyes  Même si il faut bien l'avouer, certains tentent la perche...Mais bon, à côté de ça, tu as des journalistes ou "essayistes" comme on les appelles...Qui font un travaille sérieux, et le tout sans faire trop de vagues comme certains (suivez mon regard). Moi pour l'instant il y en a trois que je retiens, Pierre Hillard, Etienne Chouard, et Michel Collon. Ayant déjà parler largement des deux 1er, aujourd'hui, je vais vous proposez le travaille de monsieur Collon. Michel est un journaliste d'investigation de nationalité belge et gère son propre cite Investig'Action. Il se bat pour dénoncer les médiamensonges, et la propagande journalistique.
Pour mieux le connaître et voir ces grandes capacités, voici quelques une de ces intervention télévisuelle, bonne découverte !

les sous titres ne sont pas de moi, et j'ai même dû corriger les fautes !




la fessée par Michel Collon ou quand on fais enfin du vrai journaliste d'investigation !

Michel Collon fut invité plusieurs fois par Frédéric Taddeï sur le plateau de "Ce soir (ou jamais !)"


Débat Sur France 3 Michel Collon Massacre Henri Guaino Sur Le Mali et La Libye



Syrie Michel Collon Et Villepin écrasent Frédéric Encel sioniste



A voir !!! Michel Collon soutient la Palestine et ridiculise Israël, la France et les Etats'Unis !!!



Michel Collon clash le ministre 'en carton' de la Défense belge (Pieter De Crem) sur les  vérités, et les secrets en Europe



Michel Collon l'OTAN une association de criminels



Michel Collon - Tunisie et Libye La peur des islamistes



Libye : Michel COLLON invité de Maghreb-Orient Express (TV5)


♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥


Dernière édition par akasha le Mar 31 Jan - 2:58, édité 2 fois (Raison : edit vidéos)
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orné
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MessageSujet: Re: La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation   Dim 11 Jan - 9:13

Bonjour,
Maintenant que le plus gros de l'émotion est passée, il est grand temps de commencer à se poser les bonnes questions. La principale après une telle catastrophe, et d'en mesurer les causes. Mais je veux dire réellement, ne pas se comporter comme nos merdia, à stigmatiser et à ne chercher qu'en surface. Il s'agit de déterminer ici l'origine d'où naît se mal qui ronge notre société malade qui crée de pareil monstre, à qui profite réellement tout ceci, qui va en récolter le fruit ? Voilà ce qu'en personne intelligente nous nous devons de se poser comme questionnement. Il y a encore des hommes et femmes qui veulent la vérité qui obliger de travailler en freelance car plus aucun gros médias ne veulent les relayer, à quelques exception près, sont même sujet à de vive critiques de par leur "collègues" qui pour garder leur place doivent jouer les traîtres envers leur profession. Notre ami Michel Collon lui ne se laisse pas facilement démonter, et va toujours au fond des choses, Il publie sur son site Investig'Action Un article de
Saïd Bouamama fort intéressant. je suis impatient d'avoir l'avis de Michel, dès qu'il aura fait je vous le publierai.

Texte De Orné.


L’attentat contre Charlie Hebdo : l’occultation politique et médiatique des causes, des conséquences et des enjeux

Le 11 janvier 2015, Saïd Bouamama


L’attentat contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo marquera notre histoire contemporaine. Il reste à savoir dans quel sens et avec quelles conséquences. Dans le contexte actuel de « guerre contre le terrorisme » (guerre extérieure) et de racisme et d’islamophobie d’Etat, les artisans de cet acte ont, consciemment ou non [1] accéléré un processus de stigmatisation et d’isolement de la composante musulmane, réelle ou supposée, des classes populaires.



« Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde. » Bertolt Brecht

Les conséquences politiques de l’attentat sont déjà désastreuses pour les classes populaires et cela va se renforcer si aucune alternative politique à la fameuse « Union Nationale » n’est proposée.

En effet, la manière dont les médias français et une écrasante majorité de la classe politique réagissent est criminelle. Ce sont ces réactions qui sont dangereuses pour l’avenir et qui portent en elles de nombreux « dégâts collatéraux » et de futurs 7 et 9 janviers toujours plus meurtriers. Comprendre et analyser pour agir est la seule posture qui peut permettre aujourd’hui d’éviter les instrumentalisations et dévoiements d’une émotion, d’une colère et d’une révolte légitime.


L’occultation totale des causes


Ne pas prendre en compte les causalités profondes et immédiates, isoler les conséquences du contexte qui les fait émerger et ne pas inscrire un événement aussi violent dans la généalogie des facteurs qui l’ont rendu possible condamne, au mieux, à la tétanie, au pire, à une logique de guerre civile. Aujourd’hui, personne dans les médias n’aborde les causes réelles ou potentielles. Pourquoi est-il possible qu’un tel attentat se produise à Paris aujourd’hui ? Comme le souligne Sophie Wahnich, il existe « un usage fasciste des émotions politiques de la foule » dont le seul antidote est le « nouage possible des émotions et de la raison » [2]. Ce que nous vivons aujourd’hui est ce cantonnement des discours médiatiques et politiques dominants à la seule émotion, en occultant totalement l’analyse réelle et concrète. Toute tentative d’analyse réelle de la situation, telle qu’elle est, ou toute analyse tentant de proposer une autre explication que celle fournie par les médias et la classe politique, devient une apologie de l’attentat.

Regard sur le ventre fécond de la bête immonde

Regardons donc du côté des causes et d’abord de celles qui relèvent désormais de la longue durée et de la dimension internationale. La France est une des puissances les plus en guerre sur la planète. De l’Irak à la Syrie, en passant par la Libye et l’Afghanistan pour le pétrole, du Mali à la Centrafrique, en passant par le Congo pour les minerais stratégiques, les soldats français contribuent à semer la mort et le désastre aux quatre coins de la planète. La fin des équilibres mondiaux issus de la seconde guerre mondiale avec la disparition de l’URSS, couplée à une mondialisation capitaliste centrée sur la baisse des coûts pour maximiser les profits et à la nouvelle concurrence des pays émergents, font de la maîtrise des matières premières la cause principale des ingérences, interventions et guerres contemporaines. Voici comment le sociologue Thierry Brugvin résume la place des guerres dans le monde contemporain :

« La conclusion de la guerre froide a précipité la fin d’une régulation des conflits au niveau mondial. Entre 1990 et 2001 le nombre de conflits interétatiques a explosé : 57 conflits majeurs sur 45 territoires distincts. […] Officiellement, le départ pour la guerre contre une nation adverse est toujours légitimé par des mobiles vertueux : défense de la liberté, démocratie, justice… Dans les faits, les guerres permettent de contrôler économiquement un pays, mais aussi de faire en sorte que les entrepreneurs privés d’une nation puissent accaparer les matières premières (pétrole, uranium, minerais, etc.) ou les ressources humaines d’un pays. » [3]


Depuis les attentats du 11 septembre 2001, le discours de légitimation des guerres s’est construit essentiellement sur le « danger islamiste » contribuant au développement d’une islamophobie à grande échelle au sein des principales puissances occidentales, que les rapports officiels eux-mêmes sont contraints de constater. [4] Dans le même temps, ces guerres produisent une solide « haine de l’occident » dans les peuples victimes de ces agressions militaires. [5] Les guerres menées par l’occident sont une des principales matrices de la bête immonde.

Dans la volonté de contrôle des richesses pétro-gazières, le Proche et le Moyen-Orient sont un enjeu géostratégique central. Les stratégies des puissances occidentales en général et françaises en particulier, se déploient sur deux axes : le renforcement d’Israël comme base et pivot du contrôle de la région, et le soutien aux pétromonarchies réactionnaires du golfe.

Le soutien indéfectible à l’Etat d’Israël est ainsi une constante de la politique française ne connaissant pas d’alternance, de Sarkozy à Hollande. L’État sioniste peut assassiner en toute impunité sur une grande échelle. Quels que soient l’ampleur et les moyens des massacres, le gérant local des intérêts occidentaux n’est jamais véritablement et durablement inquiété. François Hollande déclare ainsi lors de son voyage officiel en Israël en 2013 : « je resterai toujours un ami d’Israël ». [6]

Et, là aussi, le discours médiatique et politique de légitimation d’un tel soutien se construit sur la base d’une présentation du Hamas palestinien mais également (à travers des imprécisions verbales récurrentes) de la résistance palestinienne dans son ensemble, de la population palestinienne dans son ensemble et de ses soutiens politiques internationaux, comme porteurs d’un danger « islamiste ». La logique « du deux poids, deux mesures » s’impose une nouvelle fois à partir d’une approche islamophobe portée par les plus hauts sommets de l’État et relayée par la grande majorité des médias et des acteurs politiques. Tel est le second profil du ventre de la bête immonde.

Ces facteurs internationaux se conjuguent à des facteurs internes à la société française. Nous avons déjà souligné, plus haut, l’islamophobie d’État, propulsée par la loi sur le foulard en 2004 et entretenue depuis régulièrement (discours sur les révoltes des quartiers populaires en 2005, loi sur le niqab, « débat » sur l’identité nationale, circulaire Chatel et exclusion des mères voilées des sorties scolaires, harcèlement des lycéennes en jupes longues, interdiction des manifestations de soutien au peuple palestinien, etc.).

Il faut maintenant souligner que ce climat islamophobe n’a été confronté à aucune réponse par les forces politiques se réclamant des classes populaires. Plus grave, un consensus très large s’est fait jour à plusieurs reprises, au prétexte de défendre la « laïcité » ou de ne pas frayer avec « ceux qui défendent le Hamas ». De l’extrême-droite à une partie importante de l’extrême gauche, les mêmes arguments ont été avancés, les mêmes clivages ont été construits, les mêmes conséquences ont été produites.

Le résultat n’est rien d’autre que l’enracinement encore plus profond des islamalgames, l’approfondissement d’un clivage au sein des classes populaires, la fragilisation encore plus grande des digues antiracistes déjà fragilisées, et des violences concrètes ou symboliques exercées contre les musulmans et les musulmanes. Ce résultat peut se décrire, comme le propose Raphaël Liogier, comme la diffusion, dans une partie importante de la société, du « mythe de l’islamisation » débouchant sur la tendance à constituer une « obsession collective ». [7]


La tendance à la production d’une « obsession collective » s’est de surcroît encore approfondie avec le traitement médiatique récent des cas Zemmour et Houellebecq. Après lui avoir offert de multiples tribunes, Eric Zemmour est renvoyé d’I-télé pour avoir proposé la « déportation des musulmans français ». Dans le contexte d’obsession collective que nous avons évoquée, cela lui permet de se poser en victime. Quant à l’écrivain, il est défendu par de nombreux journalistes au prétexte de ne pas confondre fiction et réalité. Dans les deux cas cependant, il reste un approfondissement de « l’obsession collective » d’une part, et le sentiment d’être insulté en permanence une nouvelle fois, d’autre part. Tel est le troisième profil du ventre de la bête immonde.

Ce facteur interne d’une islamophobie banalisée a des effets décuplés dans le contexte de fragilisation économique, sociale et politique générale des classes populaires aujourd’hui. La paupérisation et la précarisation massive sont devenues insoutenables dans les quartiers populaires. Il en découle des rapports sociaux marqués par une violence grandissante contre soi et contre les proches. A cela, se combinent le déclassement d’une part importante des classes moyennes, ainsi que la peur du déclassement pour ceux chez qui tout va encore bien mais qui ne sont pas « bien nés ». Ceux-là, se sentant en danger, disposent alors d’une cible consensuelle déjà toute désignée médiatiquement et politiquement comme légitime : le musulman ou la musulmane.

La fragilisation touche encore plus fortement la composante issue de l’immigration des classes populaires, qui est confrontée aux discriminations racistes systémiques (angle absolument mort des discours des organisations politiques se réclamant des classes populaires), celles-ci produisant des trajectoires de marginalisation (dans la formation, dans l’emploi, dans la recherche du logement, dans le rapport à la police et aux contrôles au faciès, etc.). [8]

L’approfondissement du clivage entre deux composantes des classes populaires dans une logique de « diviser ceux qui devraient être unis (les différentes composantes des classes populaires) et d’unir ceux qui devraient être divisés (les classes sociales aux intérêts divergents) » est le quatrième profil du ventre de la bête immonde.

De quoi accouche un tel ventre ?


Une telle matrice est à l’évidence propice à l’émergence de trajectoires nihilistes se traduisant par la tuerie à Charlie Hebdo. Extrêmement minoritaires, ces trajectoires sont une production de notre système social et des inégalités et discriminations massives qui le caractérisent.

Mais ce qu’ont révélé les réactions à l’attentat est tout autant important et, quantitativement, bien plus répandu que l’option nihiliste (pour le moment ?). Sans pouvoir être exhaustifs, rappelons quelques éléments de ces derniers jours. Du côté des discours, nous avons eu Marine Le Pen exigeant un débat national contre le « fondamentalisme islamique », le bloc identitaire déclarant la nécessité de « remettre en cause l’immigration massive et l’islamisation » pour lutter contre le « djihadisme », le journaliste Yvan Rioufol du Figaro sommant Rokhaya Diallo de se désolidariser sur RTL, Jeannette Bougrab accusant « ceux qui ont traité Charlie Hebdo d’islamophobe » d’être les coupables de l’attentat, sans compter toutes les déclarations parlant « de guerre déclarée ». A ces propos, se joignent des passages à l’acte de ces derniers jours : une Femen se filme en train de brûler et de piétiner le Coran, des coups de feu sont tirés contre la mosquée d’Albi, des tags racistes sont peints sur les mosquée de Bayonne et Poitiers, des grenades sont lancées contre une autre au Mans, des coups de feu sont tirés contre une salle de prière à Port la Nouvelle, une autre salle de prière est incendiée à Aix les Bains, une tête de sanglier et des viscères sont accrochés devant une salle de prière à Corte en Corse, un restaurant-snack-kebab est l’objet d’une explosion à Villefranche sur Saône, un automobiliste est la cible de coups de feu dans le Vaucluse, un lycéen d’origine maghrébine de 17 ans est molesté lors d’une minute de silence à Bourgoin-Jallieu en Isère, etc. Ces propos et actes montrent l’ampleur des dégâts d’ores et déjà causés par les dernières décennies de banalisation islamophobe. Ils font aussi partie de la bête immonde.

La bête immonde se trouve également dans l’absence criante d’indignation face aux victimes innombrables des guerres impérialistes de ces dernières décennies. Réagissant à propos du 11 septembre, la philosophe Judith Butler s’interroge sur l’indignation inégale. Elle souligne que l’indignation justifiée pour les victimes du 11 septembre s’accompagne d’une indifférence pour les victimes des guerres menées par les USA : « Comment se fait-il qu’on ne nous donne pas les noms des morts de cette guerre, y compris ceux que les USA ont tués, ceux dont on n’aura jamais une image, un nom, une histoire, jamais le moindre fragment de témoignage sur leur vie, quelque chose à voir, à toucher, à savoir ? ». [9]

Cette indignation inégale est à la base du processus de production d’un clivage bien réel au sein des classes populaires. Et c’est ce clivage qui est porteur de tous les dangers, notamment en période de construction de « l’union nationale », comme aujourd’hui.

L’union nationale qu’ils rêvent de construire, c’est « toutes et tous ensemble contre ceux qui ne sont pas des nôtres, contre celles et ceux qui ne montrent pas patte blanche ».

Une formidable instrumentalisation politique


Mais le scandale que nous vivons aujourd’hui ne s’arrête pas là. C’est avec un cynisme consommé que des instrumentalisations de la situation, et de la panique qu’elle suscite, se déploient à longueur de journée.

* Renforcement sécuritaire et atteintes aux libertés démocratiques

Certains, comme Dupont Aignan, réclament « plus de souplesse aux forces de l’ordre » alors qu’une nouvelle « loi antiterroriste » a déjà été votée l’automne dernier. Et, en écho, Thierry Mariani fait référence au Patriot Act états-unien (dont la conséquence a été de graves atteintes aux libertés individuelles sous prétexte de lutte contre le terrorisme) : « Les Etats-Unis ont su réagir après le 11 Septembre. On a dénoncé le Patriot Act, mais, depuis, ils n’ont pas eu d’attentat à part Boston ». [10]

Instrumentaliser la peur et l’émotion pour renforcer des lois et mesures liberticides, telle est la première manipulation qui est aujourd’hui testée pour mesurer le champ des possibles en matière de régression démocratique. D’ores et déjà, certaines revendications légitimes et urgentes sont rendues inaudibles par la surenchère sécuritaire qui tente de profiter de la situation : il sera par exemple beaucoup plus difficile de mener le combat contre le contrôle au faciès, et les humiliations quotidiennes qu’il produit continueront à s’exercer dans l’indifférence générale.

* L’unité nationale

La construction active et déterminée de l’unité nationale est la seconde instrumentalisation majeure en cours. Elle permet de mettre en sourdine l’ensemble des revendications qui entravent le processus de dérégulation généralisé. La ficelle a beau être grosse, elle est efficace dans un climat de peur généralisé, que l’ensemble des médias produisent quotidiennement. Dans certaines villes, l’unité nationale est déjà étendue au Front National qui a participé aux rassemblements de soutien à Charlie Hebdo. Dati et Fillon s’indignent déjà de « l’exclusion » de Marine Le Pen de l’unité nationale. C’est cette « unité nationale » qui fait le plus de dégâts politiquement aussi, car elle détruit les rares repères positifs qui pouvaient exister auparavant en termes d’alliances possibles et d’identités politiques.

* L’injonction à se justifier

Une autre instrumentalisation se trouve dans l’injonction permanente des musulmans réels ou supposés à se justifier pour des actes qu’ils n’ont pas commis, et/ou à se démarquer des auteurs de l’attentat.

Cette mise en accusation permanente est humiliante. Il n’est venu à l’idée de personne d’exiger de tous les chrétiens réels ou supposés une condamnation lorsque le Norvégien Anders Behring Breivik a assassiné 77 personnes en juillet 2011 en se revendiquant de l’islamophobie et du nationalisme blanc.

Derrière cette injonction, se trouve la logique posant l’islam comme étant par essence incompatible avec la République. De cette logique découle l’idée de mettre les musulmans, réels ou supposés, sous surveillance non seulement des policiers, mais également des médias, des profs, des voisins, etc. * Être Charlie ? Qui peut être Charlie ? Qui veut être Charlie ?

Le slogan « nous sommes tous Charlie » est enfin la dernière instrumentalisation en déploiement ces jours-ci. Si l’attentat contre Charlie Hebdo est condamnable, il est hors de question cependant d’oublier le rôle qu’a joué cet hebdomadaire dans la constitution du climat islamophobe d’aujourd’hui.

Il est également hors de question d’oublier les odes à Bush que ses pages accueillaient alors que celui-ci impulsait cette fameuse « guerre contre le terrorisme » en Afghanistan puis en Irak. Ces prises de positions écrites ou dessinées ne sont pas des détails ou de simples amusements sans conséquences : elles sont à l’origine de multiples agressions de femmes voilées et de nombreux actes contre des lieux de cultes musulmans. Surtout, ce journal a fortement contribué à cliver les classes populaires au moment où elles avaient besoin plus que jamais d’unité et de solidarité. Nous ne sommes PAS PLUS Charlie hier qu’aujourd’hui.

Les temps qui s’annoncent vont être difficiles et coûteux. Pour stopper l’escalade, nous devons mettre fin à la violence des dominants : nous devons nous battre pour stopper les guerres impérialistes en cours et abroger les lois racistes. Pour stopper l’escalade, nous devons développer tous les cadres et événements de solidarité destinés à empêcher la déferlante des propos ou actes racistes et notamment islamophobes. Pour stopper l’escalade, nous devons construire tous les espaces de solidarité économique et sociale possibles dans nos quartiers populaires, en toute autonomie vis-à-vis de tous ceux qui prônent l’union nationale comme perspective.

Plus que jamais, nous avons besoin de nous organiser, de serrer les rangs, de refuser la logique « divisant ceux qui devraient être unis et unissant ceux qui devraient être divisés ». Plus que jamais, nous devons désigner l’ennemi pour nous construire ensemble : l’ennemi c’est tout ce qui nous divise.

Source :

[1] Il est d’une part trop tôt pour le dire et, d’autre part, le résultat est le même.

[2] Sophie Wahnich, La révolution française, un événement de la raison sensible 1787-1799, Hachette, Paris, 2012, p. 19.

[3] Thierry Brugvin, Le pouvoir illégal des élites, Max Milo, Paris, 2014.

[4] Djacoba Liva Tehindrazanarivelo, Le racisme à l’égard des migrants en Europe, éditions du Conseil de l’Europe, Strasbourg, 2009, p. 171.

[5] Jean Ziegler, La haine de l’Occident, Albin Michel, Paris, 2008.

[6] Le Monde, Hollande « ami d’Israël » reste ferme face à l’Iran, 17-11-2013.

[7] Raphaël Liogier, Le mythe de l’islamisation, essai sur une obsession collective, Le Seuil, Paris, 2012.

[8] Voir sur cet aspect mon dernier article sur mon blog, Les dégâts invisibilisés des discriminations inégalité sociales et des discriminations racistes et sexistes, https://bouamamas.wordpress.com/

[9] Judith Butler, cité dans, Mathias Delori, Ces morts que nous n’allons pas pleurer, http://blogs.mediapart.fr/blog/math..., consulté le 9 janvier 2015 à 18 h. [10] Le Parisien du 8-01-2015
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MessageSujet: Re: La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation   Mer 22 Avr - 20:35

Sept média mensonges : les états-unis et le terrorisme takfiriste [Michel Collon]

Michel Collon revient sur la genèse du terrorisme « islamique », et l’instrumentalisation des mouvements takfiristes depuis la guerre d’Afghanistan par les états-unis et leurs alliés saoudiens. Les « jesuischarlie » feraient bien de se rappeler qui finance, arme et soutien le terrorisme wahhabite…



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MessageSujet: Re: La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation   Mer 29 Avr - 8:07

Michel Collon : lettre ouverte au lobby pro-Israël en Suisse, merci !

Merci à la CICAD (Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation) d’avoir appelé à interdire ma conférence débat à Lausanne ce 5 mai sous le titre « USA, guerre, terrorisme et médiamensonges ».



Vous avez ainsi montré que votre appellation est trompeuse : l’objectif – parfaitement légitime – de combattre le racisme contre les juifs est en fait utilisé par vous comme couverture pour défendre la politique des États-Unis et d’Israël. Ce qui n’est pas du tout la même chose : de nombreux juifs dénoncent cette politique, exactement comme je le fais. Ainsi, les choses sont claires. Merci !

Vous avez également montré votre crainte que le grand public connaisse les médiamensonges et les stratégies secrètes de la CIA qui ont a maintes fois utilisé des forces fanatiques et terroristes pour déstabiliser certains pays (Afghanistan, Yougoslavie, Irak, Libye, Syrie…). Ainsi les choses sont claires. Merci !

Pour justifier votre « fatwa », vous m’avez traité de « conspirationniste » dans le quotidien Le Matin (15 avril). Mais pour prouver cette accusation vous n’avez avancé aucune preuve, cité aucune phrase d’un de mes livres, articles ou vidéos, donné aucun argument de fond. Les gens qui m’ont lu savent que votre accusation est ridicule. Vous visez juste à effrayer ceux qui ne me connaissent pas encore. Ainsi, vous prouvez que la vérité et le débat vous font peur. Merci !

Pour éviter que le public s’interroge sur la politique des USA, vous avez soigneusement omis de citer mes sources : dans mon livre « Je suis ou je ne suis pas Charlie », toutes mes sources proviennent de documents et déclarations officielles des… Etats-Unis. Ce sont en effet Zbigniew Brzezinski (conseiller de Carter), James Baker (ministre des Affaires étrangères de Bush père) et Hillary Clinton qui ont reconnu les liens entre les USA et Al-Qaida. En le taisant, vous attirez l’attention sur le fait que nous avons tous intérêt, en tant que citoyens soucieux de la vérité, à nous informer au-delà des clichés et des silences de la grande presse. Merci !

Vous m’avez aussi traité de « soutien des dictateurs ». Un lecteur non averti pourrait penser que je serais donc complice des despotes d’Arabie saoudite ou du Qatar. Mais non, ceux-là, ce sont vos amis et alliés discrets. Pour cet aveu, merci !

Vous prétendez, sans preuves encore, que j’aurais soutenu la dictature en Libye ou en Syrie. J’ai pourtant écrit le contraire dans mon livre « Libye, Otan et médiamensonges » ou dans ma préface au livre « Syriana » de Bahar Kimyongür. Comme beaucoup de gens, j’estime que les revendications démocratiques y sont légitimes, mais que c’est aux peuples eux-mêmes à les faire triompher et non à l’Otan qui n’est pas une organisation humanitaire mais une armée servant les seuls intérêts des puissances occidentales. La guerre n’est pas la solution, elle aggrave la situation partout. Et la Charte de l’ONU tout comme le droit international interdisent de recourir à la guerre sauf si on est soi-même agressé. Franchement, vous trouvez que l’Occident a amélioré la situation des Irakiens, des Libyens et des Syriens ? En cachant mon travail réel, vous avouez la faiblesse de votre position et vous incitez le public à chercher la vérité dans les textes. Merci !

Vous cachez soigneusement au public le contenu réel de mon livre mentionné. Mais quand votre ami Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, déclare qu’Al-Nosra, c’est-à-dire donc Al-Qaïda, fait « du bon boulot en Syrie » (Le Monde, 13.12.2012), n’avoue-t-il pas que votre camp recourt aux pires instruments ? Pour cet aveu, merci !

Vous prétendez aussi que je serais complice de tendances d’extrême droite. Pour faire croire à ce bobard, vous cachez effrontément mes articles critiquant l’extrême droite, publiés sur mon site Investig’Action. Franchement, avec la montée de l’extrême droite en Israël et les attitudes de plus en plus racistes envers les Palestiniens, y compris de la part de ministres influents, vous n’êtes pas gênés ? Vous montrez que ce qui vous motive, ce n’est pas la lutte contre le racisme, mais la défense inconditionnelle des politiques coloniales et d’apartheid de l’État d’Israël. Merci !

Lire la suite sur Investig'Action

Michel Collon : UE et USA doublement responsables du drame des migrants noyés en Méditerranée (Vidéo)

En 2014, plus de 170 000 migrants ont traversé la Méditerranée pour rejoindre l'Europe, et 3 000 d'entre eux ont péri. Cette année un demi-million de migrants pourraient traverser la Méditerranée selon l'office des migrations internationales (OMI).



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MessageSujet: Re: La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation   Sam 2 Mai - 3:12

Bonsoir mes frères & sœurs
Michel Collon est un homme efficace et retors qui ne manque pas de panache..En voici la preuve avec ces dernières intervention, toujours un plaisir de l'écouter, un grand homme  cheers



magnifique réponse de michel collon a obama



La crise racontée aux imbéciles par Michel Collon info Investig'Action



Syrie : Michel Collon dénonce la propagande de guerre de l’oligarchie



OTAN - Association de criminel (par Michel Collon)



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"Pace fores obdo, ne qua discedere possit". Ovide, Fastes, I, 281 Tel le dieu romain, tel en son double-visage, telle est la dualité. Janus. La guerre et la paix.
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MessageSujet: Re: La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation   Lun 22 Juin - 3:30

Michel Collon : « Les États-Unis mènent une nouvelle guerre globale non déclarée »

La liberté d’expression, Dieudonné, les attentats de Charlie Hebdo, mais aussi le monde unipolaire en passe de devenir multipolaire, autant de questions auxquelles l’essayiste belge Michel Collon a accepté de répondre.


RT France — En France, quels sont les sujets qui font partie d’un consensus politique et médiatique et quels sont les sujets tabous ?

Michel Collon —
On n’a pas le droit de dire que les États-Unis ont utilisé le terrorisme pour renverser toute une série de gouvernements qui ne leur plaisaient pas : Afghanistan, Yougoslavie, Libye, Syrie, Ukraine… On n’a pas le droit de dire qu’Israël est fondé sur le nettoyage ethnique de 1948 et que son régime est maintenant fondé sur un apartheid de fait. Tout cela ne peut pas être dit sinon on se fait traiter d’antisémite, de négationniste ou de complotiste. En fait, les médias français refusent le débat. On parle de liberté d’expression mais elle est limitée à ceux qui acceptent le Système. Eux ont le droit de discuter du « comment » des choses, mais ils ne discutent jamais du « pourquoi » : pourquoi autant de guerres menées par les Occidentaux sur la planète ? Pourquoi autant de faim dans le monde alors que les multinationales sont de plus en plus riches ?

RT France — Que risque celui qui n’entre pas dans ce consensus ?

Michel Collon —
L’exclusion, le boycott, le plaquage d’étiquette : complotiste, amis des dictateurs, etc. Mais en général c’est la loi du silence, c’est l’omerta totale.

RT France — Que pensez-vous du fait que certains spectacles de Dieudonné sont interdits préventivement par crainte de troubles à l’ordre public ?

Michel Collon —
Quoi qu’on pense de Dieudonné, et j’estime pour ma part qu’il a suivi une évolution regrettable en s’alliant à des gens d’extrême droite, il faut quand même appliquer la liberté d’expression. Quand le gouvernement français tente d’interdire préventivement des spectacles, il viole la constitution. Vous ne pouvez pas accorder la liberté d’expression aux opinions qui vous plaisent et l’interdire à celles qui vous déplaisent. Si un délit est commis lors d’un spectacle, il y a des tribunaux qui pourront en juger. Mais interdire de façon préventive n’est qu’un autre nom pour « censure ». Ce n’est pas à l’État de nous dire quelle est la vérité, qu’elle soit historique ou politique.

RT France — Après les attentats contre Charlie Hebdo et l’hyper-casher, un débat en France avait eu lieu sur la liberté d’expression. Qu’en avez-vous pensé ?

Michel Collon —
Les termes de ce débat ont été mal posés. On a eu la fiction d’une union nationale autour de grandes valeurs qu’il aurait fallu défendre sans se poser de questions. Or, la manifestation du 11-Janvier a été convoquée par le gouvernement et a été ternie par la présence de dictateurs. On a pu également voir, aux côtés de François Hollande, Benjamin Nétanyahou. Que celui-ci puisse manifester à Paris pour la liberté d’expression alors que quelques mois plus tôt, 17 journalistes palestiniens avaient été tués par l’armée israélienne, cela montre bien que cette manifestation était dans l’hypocrisie et la récupération.

Ensuite, il y a eu de la part de François Hollande toute une opération de marketing politique. Quand il se rend au siège de Charlie Hebdo après l’attentat, il est accompagné non de son ministre de l’Intérieur ou de son responsable de la Sécurité, mais de son chargé de la Communication. La seule question qui l’intéressait était de savoir quelle image allait sortir de cette visite. Cela lui a plutôt bien réussi puisqu’il était alors au plus bas dans les sondages et a récupéré toute une partie de sa popularité, surfant ainsi sur l’indignation légitime de la population française.

Enfin, les participants à la manifestation ont montré qu’il y avait un clivage profond en France. Sociologiquement, les manifestants étaient largement blancs, plutôt âgés et appartenant à la classe supérieure. Ni la classe ouvrière ni les jeunes d’origine immigrée des quartiers populaires n’étaient là. Il y a eu la France « Je suis Charlie » et la France « Je ne suis pas Charlie ».

RT France — Quelle est votre analyse de ces attentats ?

Michel Collon —
Tous les manifestants du 11-Janvier étaient là pour condamner ces attentats abominables. Le problème est qu’on a assimilé ces actes à la population musulmane française. Il n’y a eu aucune interrogation sur le fait que les frères Kouachi et Amedy Coulibaly faisaient partie de ces jeunes qu’on appelle « euro-djihadistes » et qui ont été envoyés en Syrie et dans d’autres pays dans une opération organisée par la CIA, financée par l’Arabie saoudite et le Qatar et soutenue par la Turquie. On a organisé et armé des milliers de frères Kouachi, toute une armée de mercenaires, pour faire en Syrie et en Irak exactement ce qu’ils ont fait à Paris. Laurent Fabius avait d’ailleurs déclaré à Marrakech, en décembre 2012 : « C’est difficile de désavouer Al-Nosra en Syrie, car ils font du bon boulot« . Al-Nosra est la branche d’Al Al-Qaïda en Syrie. Il faut vraiment sortir de la fausse unanimité du 11-Janvier et ouvrir un véritable débat, poser les vraies questions et dépasser les étiquettes.

RT France — Ces attentats auraient donc été le retour de bâton des interventions occidentales au Moyen-Orient ?

Michel Collon —
J’ai appelé cela le « retour du boomerang ». On ne peut pas déclencher une vague de terrorisme étatique au Moyen-Orient sans qu’il y ait un retour. Les experts et les gens de la communauté musulmane disent qu’il y a énormément d’argent des pétrodollars, de l’Arabie saoudite surtout, autour des mosquées, des lieux de vie des jeunes en France et en Belgique, mais aussi dans d’autres pays européens. Cet argent sert à accrocher des jeunes un peu perdus. On les manipule en leur disant qu’ils sont persécutés pour la seule raison qu’ils sont musulmans et on les endoctrine au nom d’un prétendu devoir de partir au combat en Syrie. Ils sont endoctrinés dans une version de l’islam qui est réactionnaire, fanatique, et qui est la version de l’Arabie saoudite. Mais étonnamment, c’est cette version de l’islam qui est encouragée par les gouvernements des États-Unis et de l’Europe qui se prétendent démocratiques. On a provoqué cet euro-djihadisme dont la majorité des victimes sont les populations des pays musulmans et non les pays occidentaux.

RT France — Pourquoi les autorités françaises laissent-elles faire si cette influence de l’Arabie saoudite est si prégnante dans les banlieues françaises ?

Michel Collon —
En raison d’une alliance entre l’Arabie saoudite, les États-Unis et l’Europe. Cela avait commencé avec l’Empire britannique, qui avait placé au pouvoir la famille des Saoud, alors la tribu la plus réactionnaire et la plus isolée. Redevable envers l’Empire, elle n’a montré aucune indépendance. Les États-Unis ont pris le relais et ont noué une alliance lors de la rencontre secrète entre Franklin Roosevelt et le Roi Ibn Saoud (NDLR : le pacte du Quincy a été scellé le 14 février 1945). Les États-Unis garantissaient à la monarchie saoudienne leur protection en échange de l’accès au pétrole.

En Europe occidentale, il y a un grand mécontentement de cette jeunesse issue de l’immigration en raison des discriminations et de l’islamophobie. Tout ce climat se traduit par des actes islamophobes et des violences à l’encontre des femmes voilées. Ces jeunes sont traités comme des sous-citoyens. Toutes ces frustrations cumulées permettent que des filières organisées les recrutent grâce à l’argent de l’Arabie saoudite. Ils servent de mercenaires à cette guerre en Syrie ou en Irak à des États-Unis qui ne souhaitent pas déployer des troupes au sol. En cela, Barack Obama est beaucoup plus malin que George Bush ; il ne s’est pas lancé dans des aventures hasardeuses. Il utilise maintenant ces jeunes pour semer le chaos et déstabiliser des pays qui lui résistent.

RT France — Que pensez-vous des réactions au livre d’Emmanuel Todd, qui a très mal été accueilli par les médias et les politiques ?

Michel Collon —
Emmanuel Todd a été victime d’un véritable terrorisme politique et médiatique car il a posé les bonnes questions. Je ne suis pas d’accord avec lui sur tout, car je pense qu’il laisse de côté les facteurs internationaux et les liens entre les États-Unis et le terrorisme dit islamiste. Il a quand même été courageux et a brisé cette fausse union nationale. Il a montré l’islamophobie et le climat hystérique qui nous ont empêchés de poser les bonnes questions. Quand on sait que beaucoup de jeunes rejoignent les rangs des djihadistes, pourquoi ne se demande-t-on pas pourquoi une telle fascination pour un mouvement aussi inhumain ? Les frères Kouachi et Amedy Coulibaly n’étaient pas des étrangers mais étaient le produit de la société française. Emmanuel Todd a bien pointé que l’élite française avait faussé le débat. Si on pose bien ce débat, on est obligé de voir le soutien apporté par les États-Unis et leurs alliés européens au terrorisme en Syrie, en Libye, en Bosnie, au Kosovo mais aussi en Afghanistan.

Tout a commencé là, d’ailleurs. Al-Qaïda a été créé par Zbigniew Brzeziński, le conseiller du président Carter, pour renverser le gouvernement afghan et attirer l’URSS dans une guerre semblable à celle du Vietnam. Hillary Clinton a confirmé cela par la suite. Pourquoi les Occidentaux utilisent-ils le terrorisme comme une manière indirecte de faire la guerre ? Ce débat est exclu car les médias seraient aussi décrédibilisés, eux qui nous vendent chaque guerre comme on nous vend du dentifrice ou une voiture. Actuellement, ils nous vendent pratiquement une guerre par an.

RT France — Vous parlez dans vos écrits de « mouvement de recolonistaion des États-Unis vers le monde ». Qu’entendez-vous par là ?

Michel Collon —
Depuis 1989, avec la guerre contre l’Irak puis contre la Yougoslavie, on est entré dans une phase de reconquête de tout ce qui avait été perdu avec la décolonisation du monde après 1945. Les États-Unis sont en déclin économique et politique mais veulent garder leur suprématie sur l’accès aux ressources naturelles. Plus encore, ils tentent de limiter ce déclin en conquérant d’autres ressources. Ils essaient également d’empêcher l’émergence de puissances rivales comme la Chine ou la Russie, voire l’Inde. Toute cette guerre pour le pétrole et le gaz au Moyen-Orient fait partie d’une nouvelle guerre globale non déclarée pour savoir si les États-Unis vont rester la super puissance qui domine le monde ou s’ils vont devoir accepter l’émergence d’un monde multipolaire avec une coexistence des systèmes.

RT France — L’annonce faite par l’OTAN de sa volonté de stocker des armes lourdes en Europe fait-elle partie de cette entreprise de recolonisation ?

Michel Collon —
En 1989, quand Mikhaïl Gorbatchev a accepté la fin du pacte de Varsovie, James Baker, alors Secrétaire d’État américain, lui avait garanti que l’OTAN ne s’étendrait pas vers l’est. Cette parole a été rapidement enterrée. Les États-Unis se sont lancés dans une extension de l’OTAN vers les pays de l’Est, ce qui a abouti à l’encerclement de la Russie. Cela s’est traduit pas l’installation de bases militaires et par un bouclier anti-missile qui est en fait une arme offensive pour empêcher la Russie de riposter à une éventuelle attaque. Cet encerclement s’est concrétisé par un coup d’État et la prise de contrôle de l’Ukraine en utilisant des bandes fascistes. Il est évident que la Russie est un obstacle à la domination du monde, car ce pays est une puissance militaire qui a les moyens de résister. Surtout, la Russie mène une politique d’alliance avec la Chine. L’axe Moscou-Pékin se concrétise avec l’Organisation de coopération de Shangaï et les tentatives de mettre sur pied un marché commun et une politique sécuritaire commune. Tout cela vise à construire un front alternatif, ce qui ne plait pas aux États-Unis.


Source : RT France

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MessageSujet: Re: La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation   Lun 5 Oct - 12:32

Comprendre la crise des réfugiés avec Michel Collon




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MessageSujet: Re: La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation   Lun 20 Juin - 2:37

Propagande de Guerre, festival de médias mensonges et complot ?



Interview de Michel Collon : Écrivain Journaliste indépendant, Belge.
http://www.investigaction.net/

SUJETS :
Propagande de guerre, média et désinformation, Attentats du Bataclan, Fabius, Arabie Saoudite, Qatar, couveuses Irakiennes, Libye, OTAN, Syrie, Irak, Yougoslavie, Chine, Russie,, Carl Von Clausewitz,Baie du Tonkin, opérations Northwoods, Obama, L'or et le pétrole de la Libye, armes chimiques en Syrie , Anthrax, Psyops et Spin Doctor, Sarko, Hollande, Terrorisme, Réseaux Gladio , Wesley Clark, Stratégie du chaos, Collier de perle, conseils pour la jeune génération.



CHAPITRES :
01:33 - Guerre d'Irak
01:56 - Manipulation des médias
04:33 - Guerre Yougoslavie
06:47 - Carl Von Clausewitz
09:30 - L'affaire du golfe du Tonkin
10:39 - Opération Northwoods
13:16 - Khadafi
13:54 - Syrie
16:09 - Anthrax / Propagande de guerre
19:04 - France / Propagande de guerre
25:07 - Propagande médias/journalistes
30:21 - Bataclan / 13 Novembre
34:01 - Terrorisme 30 prochaines années
37:21 - Réseau Gladio
40:12 - Théories du complot
45:23 - Général Wesley Clark
50:09 - Guerre dans les prochaines années ?
56:21 - Conseils pour les jeunes générations

SITE : http://thinkerview.com
FACEBOOK : http://facebook.com/Thinkerview
TWITTER : http://twitter.com/Thinker_View

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MessageSujet: Re: La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation   Dim 31 Juil - 8:24

Michel Collon le droit à la vérité



Débat avec Michel Collon: La presse est-elle (op)pressée?



Organisée à l'initiative de 5 étudiants en Bachelier Relations publiques de l'EPFC, en partenariat avec le Cercle de Journalisme et Communication de l'ULB, cette conférence-débat intitulée "La presse est-elle (op)pressée ?" informe le public sur la difficulté des journalistes à gérer leur temps de travail par rapport aux flux d'informations à vérifier et à diffuser.

Les différentes interventions mettent en perspective les contraintes du métier de journaliste dans le quotidien et les diverses approches d'après le type de média et leurs fréquences de diffusion (quotidien, bimestriel, trimestriel ou slow-presse).



Pour débattre autour de ces questions, étaient présents:

---- Michel Collon ----
Ecrivain et journaliste indépendant, fondateur du Collectif Investig’Action

----- David Coppi ----
Journaliste politique au quotidien Le Soir

---- Hugues Dorzée ----
Rédacteur en chef du magazine Imagine demain le monde

---- David Leloup ----
Journaliste free-lance pour le mook Médor

--- Modératrice ---
Aurore Van Opstal


Michel Collon sur Israël Emission Ce soir ou Jamais

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MessageSujet: Re: La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation   Jeu 17 Nov - 5:57

Interview de Michel COLLON par Inform'Action (2016)

Interview de Michel COLLON, journaliste, écrivain et fondateur du site Investigation. Propos recueillis le 9 juin 2016, le lendemain d'une conférence organisée par l'association Inform'Action à Toulouse.


Pour plus d'information sur Michel COLLON et Investig'Action :
http://www.michelcollon.info
http://www.facebook.com/InvestigActio...

Pour ne rien rater de l'association Inform'Action :
http://www.informaction.info
http://www.twitter.com/_informaction
http://www.facebook.com/asso.informac...
http://www.youtube.com/channel/UCtWXF...

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MessageSujet: Re: La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation   Mar 31 Jan - 2:45

Michel Collon teste les médias: Trump, un monstre pour l’establishment?



Le monde entier ne parle que de ça : Trump est-il une rupture, un monstre pour l’élite des Etats-Unis ? Pourquoi celle-ci se divise-t-elle entre deux stratégies ? Aurons-nous autant de guerres avec lui ? Quel penseur inspire sa stratégie ? Le bilan d’Obama est-il vraiment si « positif » ? Et les médias nous aident-ils à comprendre tout cela ?

Michel Collon a disparu des écrans télé. Il dérange. Alors, Investig’Action a décidé de démarrer une nouvelle émission vidéo. Chaque mois « Michel Collon teste les médias » vous aidera à décrypter le plus important de l’actualité. Dans ce monde de plus en plus complexe, dangereux et menteur, l’info n’est certainement pas un luxe, mais un droit !


Source: Investig'Action

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MessageSujet: Re: La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation   Lun 22 Mai - 1:38

PROPAGANDE DE GUERRE ET FESTIVAL DE MÉDIAS MENSONGES



Propagande de guerre, festival de médias mensonges et complot ? (0h59), est une interview très intéressante de Michel Collon, écrivain journaliste indépendant belge, qui nous explique comment l'opinion public est complètement manipulé par les élites mondiales, les politiques et les médias pour nous faire croire ce qu'ils veulent afin de nous convaincre d'adhérer à leurs magouilles d'intérêts...


Les sujets abordés sont :

Propagande de guerre ; Médias et désinformations ; Attentats du Bataclan ; Fabius ; Arabie Saoudite ; Qatar ; Couveuses Irakiennes ; Libye ; OTAN ; Syrie ; Irak ; Yougoslavie ; Chine ; Russie ; Carl Von Clausewitz ; Baie du Tonkin ; Opérations Northwoods ; Obama ; L'or et le pétrole de la Libye ; Armes chimiques en Syrie ; Anthrax ; Psyops et Spin Doctor ; Sarkozy ; Hollande ; Terrorisme ; Réseaux Gladio ; Wesley Clark ; Stratégie du chaos ; Collier de perle ; Conseils pour la jeune génération...

Chapitres horaires de l'interview vidéo :
01:33 - Guerre d'Irak
01:56 - Manipulation des médias
04:33 - Guerre Yougoslavie
06:47 - Carl Von Clausewitz
09:30 - L'affaire du golfe du Tonkin
10:39 - Opération Northwoods
13:16 - Khadafi
13:54 - Syrie
16:09 - Anthrax / Propagande de guerre
19:04 - France / Propagande de guerre
25:07 - Propagande médias/journalistes
30:21 - Bataclan / 13 Novembre
34:01 - Terrorisme 30 prochaines années
37:21 - Réseau Gladio
40:12 - Théories du complot
45:23 - Général Wesley Clark
50:09 - Guerre dans les prochaines années
56:21 - Conseils pour les jeunes générations


Vu sur le site : Inexpliqué endébat


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MessageSujet: Re: La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation   Mar 21 Nov - 0:21

Bonsoir Very Happy
Je suis bien du même avis que Redstard, Soral est assez répugnant, je l'a défend à ne époque, mas c'était plus contre ses censeurs que je considérais pire que lui et l’attaquaient pas pour de bonnes raisons. Preuve en est, ce sont les mêmes individus qui ont essayer de discréditer Michel Collon et pour les mêmes raisons idéologique. Du coup Collon fait tout pour ce démarquer de mouvance qu'on essaye de lui coller pour le discréditer.
Akasha.


Michel Collon, pourquoi avez-vous écrit ce livre sur Alain Soral ?



Michel Collon vient de publier « Pourquoi Soral séduit ». Avec en sous-titre une série de mots qui peuvent paraître provocants : « banques, juifs, complots, capitalisme, crise, guerres, Israël, Front National, classes, PS, francs-maçons. Fantasmes et réalités. »
Ce livre en étonnera plus d’un. Pour certains en effet, Collon et Soral partagent le même combat contre les guerres de l’Otan ou le sionisme. Pour d’autres, ils défendent les mêmes dictatures et les mêmes thèses complotistes. Alors, Collon et Soral, même combat? « Non, répond le fondateur d’Investig’Action. Ce nouveau livre est l’occasion ou jamais de clarifier tout cela. C’était nécessaire, car, comme je le démontre dans mon bouquin, les idées de Soral mènent dans l’impasse. »

Pourquoi avoir écrit un livre sur Alain Soral?

Eh bien, que cela plaise ou non, il faut constater les faits. Alain Soral est, à mon avis, l’intellectuel français le plus influent auprès des jeunes. Son livre Comprendre l’Empire s’est vendu à plus de cent mille exemplaires en trois ans. Ses vidéos, longues et payantes, battent des records d’audience.



Entre les scandales, les procès et les divisions au sein de son mouvement, Soral n’a-t-il pas perdu de son aura ?

Il a toujours une grande influence. Moi-même, je rencontre régulièrement des jeunes, voire des moins jeunes qui l’apprécient. Mais surtout, ses idées ne sont pas vraiment nouvelles. Elles existaient avant lui et continueront d’exister après lui. Un personnage moins clivant pourrait les reprendre. C’est donc sur ce terrain-là que je me suis engagé. Certains ont déjà écrit des articles sur la personnalité sulfureuse de Soral. Moi, ce qui m’intéresse, c’est de décortiquer les thèses qu’il défend.



Mais il défend la cause palestinienne et dénonce les guerres de l’Otan. Comme vous. Alors, pourquoi le critiquer ?

A première vue, ses raisonnements et ses analyses semblent correspondre à certaines impressions de bon sens. Mais j’ai fait l’effort de lire plusieurs fois son livre Comprendre l’Empire. Je l’ai analysé de près. Ma conclusion : il est incapable de mettre en lumière ces mécanismes du capitalisme qui conduisent aux guerres de l’Otan ou au colonialisme d’Israël. Au lieu de ça, Soral voit des complots partout et construit des histoires qui ne tiennent pas debout, une fois qu’on gratte un peu. C’est du roman.



On ne peut tout de même pas nier qu’il dénonce le système, la propagande de guerre ou la domination des marchés. Même s’il le fait autrement, ce n’est pas une bonne chose?

Il est très positif que beaucoup de gens se méfient des médias traditionnels et des explications officielles. Ils cherchent « autre chose ». Pour beaucoup, Soral est un premier pas.



Vous voyez !

Mais, pour contester ce système, et surtout pour lui résister, il faut aller plus loin que ce premier pas. Regarder le spectacle de quelqu’un qui dit merde au système, ça peut faire du bien, un instant, sur le plan psychologique. Cependant, râler ne suffit pas. Ce système, il faut pouvoir le remplacer ! Construire un monde meilleur. Cela ne sera pas possible avec un chef ou un « gourou ». Il faut une force bien plus grande : la participation active de millions de gens ici et dans le monde.

Pour cela, les gens ont besoin non pas des « coups de gueule » superficiels mais des meilleures analyses possibles. Pour savoir comment changer ce système. Et pour commencer le travail : en étant capable de convaincre autour de soi.



Et quelles analyses apportez-vous avec ce livre ?

Ce que j’ai appelé « les 7 contradictions d’Alain Soral : 1. Où se trouve la plus grande fortune du monde ? 2. Quelle est la cause fondamentale des injustices et de l’inégalité ? 3. D’où proviennent les crises économiques ? 4. Y a-t-il un bon et un mauvais colonialisme ? (car Soral se montre plus qu’ambigu sur la question de la colonisation, des rapports Nord-Sud et de la prétendue supériorité de l’homme blanc). 5. La guerre est-elle la conséquence d’un complot ou du fonctionnement même de l’économie capitaliste ? 6. Sur quelles classes sociales pouvons-nous compter pour transformer la société ? 7. Et enfin la question majeure : est-il possible de résister et de gagner ? Des questions que Soral soulève mais sur lesquelles il sème beaucoup de confusion.



« Résister et gagner » ! Le monde semble aller de plus en plus mal, et vous voilà bien optimiste !

Je pense qu’on doit avoir une vue équilibrée sur ce système capitaliste. Manifestement ses élites sont de plus en plus dans l’embarras. Oui, mon livre veut apporter de l’espoir, car le pessimisme de Soral condamne les gens à l’inaction. En prétendant qu’un petit groupe de personnes contrôle tout, on fait vœu d’impuissance et on reste dans la contestation stérile. Il me fallait donc aller plus loin et montrer les mécanismes qui permettent à l’élite de dominer notre société. Il me fallait aussi expliquer à quelles conditions les mouvements populaires (que Soral méprise) font reculer peu à peu l’élite dominante pour finalement imposer un changement de société. Nous voulons quand même tous que nos enfants vivent dans un monde meilleur, non ?



Absolument, mais certains s’étonneront que vous critiquiez Soral alors qu’il cite assez souvent Karl Marx. Avant d’aller au FN, il est passé par le parti communiste. On nous dit qu’il fait « la synthèse » des diverses théories.

En effet, il cite de temps en temps Karl Marx, mais en réalité sa pensée profonde le contredit entièrement. Je crois qu’il s’agit plutôt de citations pour « draguer » les publics progressistes. Tout comme la référence sur son site à Che Guevara.



C’est quand même bien de s’afficher « guevariste », non ?

Sauf que quand vous lisez Soral, il dit en fait tout le contraire de Che Guevara. Ecoutez, dans son livre, Soral défend Adolf Hitler et les SS. Discrètement et subtilement, c’est vrai, mais quand on relit bien son texte, il n’y a pas de doute. Comment peut-il se réclamer à la fois de Guevara et d’Hitler, son exact contraire ?



Il soutient vraiment Hitler et les SS ?

Oui, il prétend que c’étaient, je cite, des « résistants à la banque et au pouvoir de l’argent ». Mais pas du tout ! Hitler, Himmler et les SS ont été financés, mis au pouvoir et soutenus par les plus grosses banques et les plus grands industriels. Ils ont fidèlement servi le grand capital allemand. Comment peut-on ainsi raconter n’importe quoi à un public jeune qui n’a pas forcément eu le temps d’étudier tout ça ! N’est-ce pas les prendre pour des imbéciles ? Ou alors on veut recommencer cette tragédie ?



Le livre d’Alain Soral cite de nombreux faits et personnages historiques…

Oui, et j’ai donc consulté plusieurs historiens : sur l’histoire du moyen-âge qu’il décrit comme un paradis, sur les deux guerres mondiales, sur Hitler, sur le colonialisme. Tous m’ont dit : Soral déforme les faits historiques.



Pourquoi donc ?

Afin de prouver sa thèse fondamentale : que « c’était mieux avant ». Qu’il ne faut pas nous battre pour une véritable démocratie (participative) et un véritable progrès social. Mais que nous devons retourner dans le passé et faire confiance à un chef absolu style Louis XIV ou… Hitler. A ces historiens, je donne donc la parole dans mon livre. En effet, on ne peut pas comprendre le présent et préparer l’avenir sans connaître ce qui a produit la société actuelle. Nous devons nous appuyer sur l’expérience de nos parents et grands-parents, sur ces générations qui se sont battues pour nous assurer un meilleur monde.



Soral est déjà attaqué par les médias mainstream. Vous n’avez pas l’impression d’hurler avec les loups ?

Tout le monde sait que j’ai critiqué fermement les médiamensonges accompagnant les guerres. Et que les grands médias m’ont « puni » pour cela. Ne nous laissons pas impressionner. De quoi avons-nous besoin pour agir ? D’une véritable confrontation des idées. Or, notre société empêche les vrais débats. Puisque les idées complotistes ont une grande influence, la solution n’est pas de fuir le débat ou de l’étouffer, mais au contraire de le développer. Surtout avec les jeunes influencés par ces tendances. Une grande part de notre jeunesse est désorientée, sans repères. Le désespoir et le nihilisme sous diverses formes.

A gauche particulièrement, on constate cette manie de ne débattre qu’avec les gens avec qui on est plus ou moins d’accord. J’y vois un « sectarisme de la trouille ». Les élites ont peur que le peuple intervienne dans la bataille des idées. Moi au contraire, je lui fais confiance et j’appelle à ouvrir le débat sans exclusives. Qui a peur du débat ?



Si vous critiquez Soral, estimez-vous qu’on ne peut mener des luttes qu’avec des gens qui pensent comme nous?

Au contraire. Dans les luttes concrètes (dont Soral est absent, il ne propose rien de concret pour résister au système), dans ces luttes, nous devons nous unir largement sur des objectifs immédiats et précis. L’analyse ne suffit absolument pas. Seule l’action concrète collective permettra de défendre les revenus et les droits des travailleurs, d’arrêter la politique des multinationales guerrières et racistes, de reprendre confiance et ainsi de changer le rapport de forces.

Contrairement à Soral, je pense que la lutte de la masse des travailleurs est le seul facteur capable de changer la société. Et pour cela nous devons nous unir, sans sectarisme. Les ouvriers, les employés, les fonctionnaires forment la grande masse du monde du travail. En prenant conscience de leur force, en s’organisant (et en tendant la main aux petits patrons qui se font de plus en plus écraser par les multinationales, les banques et tous ces super-riches qui surexploitent, ne paient pas d’impôt et détruisent la vie sociale), ces travailleurs sont capables de construire la force qui permettra de remplacer ce système inhumain. Nous unir aussi entre chrétiens, juifs, musulmans et non croyants afin de résister au racisme et aux divisions par lesquelles les Etats-Unis et les élites en général tentent de nous affaiblir.



En critiquant Soral, ne faites-vous pas le même jeu qu’une certaine gauche morale qui divise la résistance anti-impérialiste en dénonçant les complotistes et les confusionnistes?

Non ! Dans mon livre, je suis très clair à ce sujet. Cette « gauche » qui se dit à gauche du PS porte une lourde responsabilité dans la montée de personnages comme Soral. En désertant le mouvement anti-guerre, elle a laissé un boulevard à l’extrême-droite. Capitulant devant les guerres de l’Otan, refusant le débat au sein de la gauche et se contenant de coller des étiquettes insultantes, elle effraie ainsi les gens qui sont en recherche. Un examen de conscience s’impose.



Vous parlez d’extrême-droite. Le clivage gauche-droite a-t-il encore du sens aujourd’hui ?

Oui. A condition de ne pas confondre la gauche avec le PS qui a viré du rouge au rose pâle et puis au bleu néo-libéral. Ce PS est devenu un gestionnaire du système capitaliste et il est donc normal que les gens ne fassent plus la différence entre cette pseudo-gauche et la droite.

Cependant, pour moi, l’opposition reste valable. C’est quoi, la droite ? La force qui défend les intérêts du 1%. Elle veut absolument conserver ces règles du jeu économique qui permettent à la classe des milliardaires de construire des fortunes colossales sur le dos des travailleurs. Et c’est quoi, la véritable gauche ? La force qui combat cette injustice et défend les travailleurs : ces 99% qui créent la richesse, mais se font exploiter, voler même, par le 1%. Nous vivons dans un monde dominé par des parasites. Au Nord et au Sud.

Maintenant si quelqu’un veut appeler ça autrement que « gauche – droite », je n’ai pas de problème. Ne nous bloquons pas sur des étiquettes, débattons du fond. Avec tout le monde.



Peut-on dire que vous êtes d’extrême-gauche ?

Je ne me sens pas « extrémiste », mais réaliste. Le monde ne peut pas continuer ainsi ! Les véritables « extrémistes » ce sont ceux qui défendent le « tout pour le profit », ceux qui détruisent la Nature pour augmenter leurs bénéfices, ceux qui déclenchent des guerres pour les matières premières, ceux qui provoquent des migrations forcées en détruisant des pays comme la Libye, la Syrie, ceux qui renversent des dirigeants indépendants comme Gbagbo en Côte d’Ivoire ou Zelaya au Honduras, ceux qui soutiennent des coups d’Etat fascistes en Ukraine et au Venezuela. Dites « gauche radicale » si vous voulez. Mais surtout, parlons du fond : que faire avec le capitalisme ?



[color:940a=#ffcc33Vous parliez du « Sud » ? Le colonialisme, c’est pas terminé ? Pourquoi ressasser ?]


Non, le néocolonialisme a succédé au colonialisme, il est moins visible et plus sournois, donc encore plus dangereux. Si dans le Nord, on vit encore plus ou moins bien (et de moins en moins bien en fait pour la majorité), c’est parce que nos élites ont tellement pillé le tiers monde qu’une partie en a été redistribuée ici. Il faut en être conscient. Et la Françafrique, c’est pas du tout terminé, c’est un drame bien actuel. Le livre de Soral escamote tout cela.



Soral analyse en partie les mêmes problèmes que vous. Mais ne va-t-il pas plus loin en osant nommer et attaquer directement l’ennemi désigné, ce qu’il appelle « la sphère judéo-maçonnique » ?

Non. Faute d’analyser les véritables mécanismes du système capitaliste, afin de le combattre efficacement, il se réfugie dans une explication facile : « Tout ça, c’est un complot ! ». Cette explication repose sur des fantasmes et décourage la résistance. Je réfute ces fantasmes dans mon bouquin.



Finalement, que répondez-vous aux gens qui pensent « Soral – Collon, même combat » ?

Eh bien, pas du tout. Finalement, ce que Soral propose, c’est un capitalisme « amélioré » avec un bon chef (lui évidemment). C’est-à-dire que selon lui, ce système pourrait être juste s’il n’y avait pas les banquiers et les juifs. Moi, je dis que le système capitaliste est lui-même la cause des problèmes : exploitation, crises, colonialisme, guerres, migrations forcées. A mes yeux, l’extrême droite n’est pas une alternative au capital, c’est le plan B du Capital. On l’a vu avec Hitler, Mussolini et Franco, et cette expérience fut catastrophique pour l’humanité.

[color:940a=#ffcc33Pour résumer ce qui m’oppose à lui :]

1.Il propose de chercher la solution dans le passé. Moi, j’appelle à inventer le futur.
2.Il propose une fausse union des exploités avec les exploiteurs. Moi, j’invite les exploités à s’organiser pour détruire l’exploitation.
3.Il propose d’adoucir le système. Moi, je dis que c’est impossible et qu’il faut le remplacer.



A qui s’adresse votre livre ? Aux gens qui suivent Soral ?

A tout le monde. Ceux qui suivent Soral mais se posent des questions. Ceux qui hésitent entre Soral et d’autres inspirations. Et ceux qui ne connaissent pas Soral ou ne s’y intéressent pas, mais recherchent une analyse globale de notre société. Les problèmes de l’exploitation, de la crise, du néocolonialisme, des guerres injustes, des Etats-Unis et d’Israël, du racisme et de l’extrême droite… L’impact de la pensée complotiste dans la jeunesse et le danger que cela représente…



Là, vous visez tout le monde en fait !

Oui, je crois qu’il est important de “décloisonner” : que les gens se parlent au-delà des clivages sociaux, culturels, politiques, religieux, que le débat s’élargisse au maximum ! « Sortir de sa zone de confort », comme le propose le rappeur Médine.



Seriez-vous prêt à débattre avec Alain Soral?

Evidemment. Les gens doivent pouvoir se faire eux-mêmes leur propre opinion. Je lui ai donc envoyé un exemplaire de mon livre et proposé d’en débattre publiquement.

Source : Investig'Action

Michel Collon à Alain Soral : Je vous propose un débat






Michel Collon à Alain Soral : Je vous propose un débat

15 Nov 2017 Michel Collon



Que vaut la pensée Soral ? Permet-elle de comprendre le « système » : inégalités, finance, crise, racisme, guerres ? Est-ce une solution d’avenir ou un dangereux retour vers un passé autoritaire ? Peut-on à la fois se réclamer de Che Guevara et d’Adolf Hitler ?


Nouveau livre


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"Pace fores obdo, ne qua discedere possit". Ovide, Fastes, I, 281 Tel le dieu romain, tel en son double-visage, telle est la dualité. Janus. La guerre et la paix.
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MessageSujet: Re: La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation   

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La fessée par Michel Collon: Ou quand on fais enfin du vrai journalisme d'investigation
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