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 Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"

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akasha
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MessageSujet: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Dim 14 Sep - 9:26

Rappel du premier message :

TEXTE AKASHA/ BONJOUR LES GENS  cat
Voilà j'ouvre se sujet afin de poursuivre les débats pour qui le désire sur la crise irakienne qui plus est semble de jours en jours, rejoindre le conflit syrien. En tout les cas, c'est la volonté affiché par Obama, inclure les deux conflits en un et de régler les deux en même temps ! Ce qui permet de bien comprendre sa stratégie...Et quelle était l'utilité d'instrumentalisé et armé l'EI...C'est-à-dire prendre le contrôle de toute la péninsule du moyens-orient à leur compte. La suite du programme concerne également les intérêts sioniste (comme je le démontrai dans un de mes post sur PR) et que je vais par ailleurs rééditer ici  Surprised Il est pas toujours aisé de trouver des articles parfaitement impartial et non intéresser sur se sujet épineux..Inutile de vous dire qu'il est proscrit d'en trouver un parmi nos médias atlantistes, à quelques exceptions prêts de bien entendu...Et selon  les cas et faits abordés... Razz  Car en effet, nous pouvons disposer de très bon articles venant des médias du moyens orient, notamment via l'Algérie, mais pouvons-nous être certains que l'impartialité soit au rendez-vous ? ou de journalistes free-lance européens, français pour se qui s'agit de notre cas. Je pense notamment à l'excellent monsieur Meyssan.  Mais encore ici ces sources peuvent être attaquable par ses détracteurs... No  Donc ce n'est toujours pas évident de bien mettre le doigt au bon endroit (sans vouloir faire de vilains jeux de mots...)
Eh bien cependant, pour mon intitulé, je penses avoir mis la main sur un article "modèle" qui nous offres une synthèse intéressante qui pourra faire office de point centrale pour nos débats et suites d'informations futures...Un article rédigé par notre excellent confrère Michel Collon  Very Happy  Bonne lecture !  study



Le flirt des Occidentaux avec les djihadistes tourne mal

Les USA envoient de l'aide humanitaire aux victimes sans défense dans le nord de l'Irak et ils bombardent les terroristes qui veulent mener une épuration religieuse dans le pays. Ce qu'ils omettent de dire, c'est que ces terroristes sont le produit de leur propre politique étrangère dans la région.





« It’s the oil, stupid ! »


Deux ans et demi après que l’armée des Etats-Unis s’est retirée d’Irak, Washington s’en va-t-en guerre à nouveau. Le Pentagone a 400 conseillers sur place et a commencé dès le 8 août à bombarder des positions d’ISIS, rebaptisé EI (Etat islamique). Officiellement [http://www.whitehouse.gov/blog/2014...], il s’agit d’une mission « humanitaire », plus précisément pour « prévenir un possible génocide ».
Tout conflit armé a ses drames humanitaires, et celui-ci ne fait pas exception. Mais Proudhon déjà mettait en garde : « Chaque fois que j’entends le mot “humanité” je sais qu’ils veulent tromper ». Et c’est certainement le cas si quelqu’un entre en guerre.
Le Financial Times a fait remarquer sèchement que les bombardements coïncident avec les premiers signaux indiquant que les combats dans le nord de l’Irak mettent en péril le fonctionnement normal des compagnies pétrolières. Dès le début du mois d’août, des acteurs aussi importants que Efron, Genel Energy, Chevron et ExxonMobil commençaient déjà à évacuer du personnel.

Le journal signalait aussi que ces dernières années ce territoire a exercé une forte attraction sur l’industrie de l’énergie. Le sous-sol recèle une très grande réserve de pétrole qui de plus est très facile à exploiter. Jusqu’à présent la région avait été épargnée par la guerre civile et les carnages tant des autorités que des djihadistes.
Les quartiers généraux de ces géants de l’énergie se trouvent à Arbil, capitale du Kurdistan irakien semi-autonome. Des milliers de citoyens étatsuniens y vivent [http://readersupportednews.org/opin...] et il y a un consulat US. C’est cette ville, la première qui a intéressé l’Etat Islamique, qui menaçait de tomber aux mains des djihadistes. Ce n’est pas pour rien que John Boehner [http://www.speaker.gov/press-releas...], président de la Chambre des représentants des États-Unis, déclarait que « des intérêts nationaux vitaux sont en jeu ».


Bombarder : ni légitime, ni utile



Le calendrier n’est pas très heureux. Juste au moment où yézidis, Kurdes et chrétiens reçoivent une aide humanitaire, Obama envoie des armes aux Israéliens pour qu’ils puissent encore mieux « gérer » les Palestiniens à Gaza. Pas plus que lors des bombardements et des conflits précédents (1), cette fois non plus il n’y a aucun mandat de l’ONU [http://readersupportednews.org/opin...]. Quels arguments allons-nous utiliser quand Poutine va se mettre à bombarder l’armée ukrainienne dans le cadre d’une « mission de paix humanitaire » ?
Si (tout) le but est de stopper l’avancée de l’EI, alors les bombardements actuels ne sont ni suffisants ni même utiles. « Quelques bombes de 250 kg larguées d’un F18 et quelques attaques avec des drones n’arrêteront pas l’EI » selon Ryan Crocker, ancien ambassadeur US en Irak.
Jusqu’à ce jour, les bombardements – plutôt limités – n’ont guère eu d’impact. Depuis le début des bombardements, l’ISIS a perdu quelques villes, mais il a regagné du terrain ailleurs. Le général Mayville [http://www.defense.gov/Transcripts/...], qui coordonne l’opération, a dit à ce sujet : « En aucune manière je ne veux suggérer que nous contrôlons effectivement la menace de l’IS ou que nous avons brisé leur avancée ».

Ces pertes limitées et le fait que l’avancée n’est pas stoppée permettent au groupe terroriste de vendre l’opération militaire US à ses partisans comme une victoire.
En outre l’ingérence ouverte et directe des Etats Unis jette de l’huile sur le feu. L’EI s’en servira comme élément de propagande. Des musulmans dans le monde entier qui hésitent à combattre d’autres musulmans, pourront à présent être convaincus qu’il s’agit d’une lutte contre la suprématie occidentale.
Finalement, conséquence des attaques aériennes, l’EI agira encore plus dans la clandestinité et sera donc encore plus difficile à combattre.


Danse macabre


L’invasion US de l’Irak et l’occupation qui a suivi a brisé la colonne vertébrale des forces aériennes irakiennes. Depuis, Washington n’ autorisé aucune reconstitution. Etant donnée la distance, l’armée syrienne n’est pas en mesure d’arrêter la progression d’ISIS. Seule l’armée de l’air US en a les moyens. Mais elle ne frappe pas réellement. Comparée à de précédentes opérations aériennes, l’opération actuelle se fait en mode mineur.

Comme il est apparu dès juin, l’armée de terre irakienne – dominée par des chiites – n’est pas non plus en mesure de reconquérir les territoires conquis dans le nord du pays. Ceux qui pourraient arrêter l’avancée actuelle de l’EI dans la région – par voie terrestre – et qui pourraient éventuellement le battre, ce sont les combattants kurdes armés, les peschmergas. Ils sont quelque 200.000. Ils sont disciplinés et bien entraînés mais ils ne disposent que d’un arsenal léger et obsolète.
Les Kurdes sollicitent depuis un bon moment des armes lourdes et meilleures, mais Washington et la Turquie ne voient pas leur demande d’un bon œil. Une armée kurde bien équipée serait un pas important vers un état indépendant, mais c’est ce que la Turquie exclut, soutenue en cela par les Etats-Unis.
Le feu vert a maintenant été donné pour une livraison directe d’armement aux Kurdes (2), mais il s’agit d’armes légères.

Récapitulons. D’une part l’EI ne peut pas vraiment percer et certainement pas mettre en danger les intérêts pétroliers. D’autre part, il ne faut pas que les Kurdes deviennent trop forts. L’armée de l’air irakienne (chiite) a donc été délibérément maintenue en état de faiblesse et sur le plan militaire les chiites se sont repliés sur Bagdad et dans le territoire au sud de Bagdad. Les trois groupes de population se maintiennent dans un équilibre des forces macabre. Si un des trois menace de rompre l’équilibre, le Pentagone et la CIA viennent donner un coup de main. Un scénario similaire se joue en Syrie. Assad doit être affaibli, mais il n’est pas question que les djihadistes y prennent la main. C’est une impasse qui convient parfaitement au jeu des Etats-Unis et d’Israël. Les états forts de la région qui ne marchent pas au pas sont démembrés ou, comme dans le cas de l’Iran, assujetti par un embargo draconien.


EI : une création de l’Occident ?



Le groupe terroriste « Etat Islamique » s’emboîte parfaitement dans ce puzzle. Selon Edward Snowden , ex-collaborateur de la National Security Agency (NSA) étatsunienne, il est apparu que les agences du renseignement des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et d’Israël ont collaboré pour créer ISIS. Elles ont créé une organisation terroristes qui est en mesure d’attirer tous les extrémistes (psychopathes) du monde avec l’aide d’une stratégie qu’elles nomment « le nid de guêpes ». Nabil Na’eem, ancien commandant d’al Qaeda, confirme ce récit. Selon lui, presque toutes les sections actuelles d’al-Qaeda travaillent pour la CIA.
Il faut toujours rester prudent avec de telles informations. Comme c’est généralement le cas avec ce genre d’opérations clandestines et de groupes glauques, nous ne connaîtrons la vérité que plus tard et peut-être jamais intégralement. Mais il y a un certain nombre de choses dont nous sommes certains et qui penchent fortement dans ce sens-là :

1. A partir de 2012 les USA, la Turquie et la Jordanie ont créé un camp d’entraînement pour les rebelles syriens à Sawafi, dans le nord de la Jordanie. Des instructeurs français et britanniques [http://www.theguardian.com/world/20...] étaient impliqués. Certains de ces rebelles ont ensuite rallié [http://www.wnd.com/2014/06/official...] ISIS.
2. Selon le sénateur républicain Paul Rand [http://www.nbcnews.com/meet-the-pre...], les Etats-Unis ont naguère « soutenu » ISIS et c’est pour cela que le mouvement terroriste est si fort aujourd’hui. (“They’re emboldened because we’ve been supporting them.”). Il désigne également quelques alliés proches des Etats-Unis : l’Arabie Saoudite, le Qatar et le Koweit. Ces pays ont fourni armes et finances à ISIS.
3. En effet, l’Arabie Saoudite [http://www.independent.co.uk/voices...] joue un rôle-clé, comme jadis avec al-Qaeda. En tant que sous-traitants des USA, ils se chargent des basses besognes. Cet état du Golfe soutient toutes sortes de groupes extrémistes sunnites pour réduire l’influence et la puissance de l’Iran et des chiites dans la région. Une partie de ce soutien militaire et financier est allée ces dernières années à des combattants d’ISIS en Syrie (3). L’ex-candidat à la présidence John McCain [http://cnnpressroom.blogs.cnn.com/2...] ne dissimule pas son enthousiasme pour cette monarchie extrémiste : « Thank God for the Saudis and Prince Bandar ». (4)
4. Mais on ne se contente pas d’éloges. En mai 2013 MacCain s’est fait fièrement photographier avec quelques djihadistes [http://wonkette.com/552931/heres-a-...]. Le problème est que l’un d’eux est un combattant d’ISIS. Et pas le premier venu, il est connu comme le djihadiste cannibale [http://topconservativenews.com/2014...], parce qu’on le voit dans une vidéo en train de manger un cœur humain.


Un flirt tenace



L’idylle entre le Pentagone et des groupements islamistes extrémistes n’est pas une nouveauté. Dès 1979 des moudjahidin étaient recrutés, armés et entraînés pour chasser le gouvernement communiste d’Afghanistan. « Rambo 3 » de Silvester Stallone est une version hollywoodienne de cette collaboration. C’est de ces cercles de moudjahidin que sont issus al-Qaeda et Osama Ben Laden.
Dans les années ’90 les talibans, combattants encore plus violents et extrémistes, devenaient les partenaires préférés de Washington en Afghanistan. Cette collaboration se termina quand il devint évident que les talibans ne pouvaient plus servir les intérêts étatsuniens.

Pendant la guerre civile en Yougoslavie (1992-1995) le Pentagone permit à des dizaines de combattants d’al-Qaeda de s’envoler pour la Bosnie, afin de soutenir les musulmans sur place.
En 1996 l'armée de libération du Kosovo (AK) a été entraînée par des officiers d’al-Qaeda, juste au-delà de la frontière albanaise. Tout en ayant l’aide de militaires britanniques et américains.

Pour faire tomber Kaddhafi en 2011 l’OTAN a collaboré notamment avec lle Groupe islamique combattant en Libye (GIGL), une organisation qui figurait sur la liste des organisations terroristes interdites. Son chef, Abdelhakim Belhadj, est un ancien ponte d’al-Qaeda. Sa milice suivait encore un entraînement US juste avant le début de la rébellion en Libye.

Le GIGL a conclu une alliance avec les rebelles islamistes du Mali. Ces derniers ont réussi, avec l’aide des Touaregs à s'emparer du nord du Mali pendant quelques mois. Grâce aux bombardements de l’OTAN les rebelles islamistes ont pu piller les dépôts d’armes de l’armée libyenne. Ce sont ces mêmes armes que les djihadistes utilisent aujourd’hui au Nigéria, au Tchad, en Irak et au Mali.
Nous avons déjà évoqué l’étroite collaboration entre des organisations extrémistes en Syrie. C’est dans ce « nid de guêpes » qu’est né et se développe fortement l’EI.


La stratégie du chaos



La guerre contre le terrorisme ( war on terror) s’est inversée en son contraire, la propagation du terrorisme (spread of terror). Les opérations ratées en Irak, Afghanistan, Libye et Syrie montrent à l’évidence que les Etats-Unis et l’Occident ne sont désormais plus capables de modeler la région du Moyen-Orient comme elle le souhaiterait elle-même.

Washington et ses alliés risquent de perdre de plus en plus la maîtrise et ils font de plus en plus appel à des sous-traitants de mauvais aloi. Ils raisonnent ainsi : « Si nous ne pouvons pas contrôler nous-mêmes, alors personne d’autre ne le peut ». C’est ce qu’on peut qualifier de stratégie du chaos, ou plus exactement, de chaos de la stratégie. C’est le comble de l’immoralité.

Notes :

(1) Par exemple la guerre contre l’Irak en 1991 et les bombardements à Panama 1989, en Somalie 1993, Bosnie 1995, Soudan 1998, Pakistan 2005-2013 et au Yemen 2009-2013.
(2) Auparavant c’était toujours via l’autorité centrale irakienne.
(3) Ce soutien militaire se fait non par l’intermédiaire de l’autorité centrale mais via toutes sortes d’individus et de réseaux généreux en capitaux [http://www.theatlantic.com/internat...].
(4) Le Prince Bandar est un homme influent en Arabie Saoudite. Il a été ambassadeur aux Etats-Unis et entretenait d’excellentes relations avec la famille Bush.


Traduction du néerlandais : Anne Meert pour InvestigAction.


Source : MichelCollonInfo


* * * * * * *


Dernière édition par Om9n le Mar 26 Juil - 23:58, édité 2 fois (Raison : Changement du titre pour un plus approprié ....)
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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Mar 22 Aoû - 2:45

Evidemment, ce serait tellement plus confortable pour ces connards de peuples, lâches et pervers que "Daech" ne puisse plus rendre les coups.
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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Mar 22 Aoû - 4:46

Avertissement: nolife est un personnage de fiction un peu comme marcelin deschamps.
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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Mer 23 Aoû - 12:35

Un gros con a écrit:
On ressent tout de même comme des intentions cachés dans le discours de certains... Même si les sous entendus sont plutôt très grossiers.

On est plus très loin de l’apologie du terrorisme.

Parler de l'EL comme d'un état est en soit une preuve car aucun groupe d'état ne le reconnait et aucun grand état non plus, de plus il ne satisfait à aucune des définitions permettant de décrire un état.

On pourrait citer par exemple les trois premières obligation une population ethnique (non basé sur la religion), des frontières clairement définit et stable, un système d'autorité établit, respecté et suivit.

Pour ce qui est du fou considéré par certains comme des soldats, on est sur le même acabit, c'est de l’apologie du terrorisme... Un soldat répond à une définition qui ne peut être appliqué à ces terrorismes... Terrorismes qui est une définition précise s'appliquant parfaitement à ces hommes.




( Source: http://electra2zeiss.tonempire.net/t15767p75-panic-on-the-streets-of-london )

Ce même gros beauf a même réaffirmé plus tard que l'Etat islamique n'est pas un état.

Je préfère l'expertise d'un homme politique, en l'occurrence François Fillon, qui sait de quoi il parle en affirmant que l'Etat islamique est un état, plutôt que l'avis d'une larve qui étale sa culture (mais qui a du mal à dissimuler sa stupidité) sur le forum le plus merdique de la planète, pour essayer de briller au milieu d'un tas de demeurés complotistes:

https://twitter.com/Europe1/status/666155609952116736  (intervention de François Fillon)


Dernière édition par nolife le Mer 23 Aoû - 20:53, édité 2 fois
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orné
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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Mer 23 Aoû - 17:52

nolife a écrit:
Ce même gros beauf a même réaffirmé plus tard que l'Etat islamique n'est pas un état.

Je préfère l'expertise d'un homme politique, en l'occurrence François Fillon, qui sait de quoi il parle en affirmant que l'Etat islamique est un état, plutôt que celui d'une larve qui étale sa culture (mais qui a du mal à dissimuler sa stupidité) sur le forum plus merdique de la planète, pour essayer de briller au milieu d'un tas de demeurés complotistes:

https://twitter.com/Europe1/status/666155609952116736  (intervention de François Fillon)

Il n'y a pas d'état islamique et il n'en aura jamais. Pour qu'il en ait un il aurait fallu qu'il soit reconnu par la communauté international. Or il n'en ait rien. Même la communauté musulmane ne le reconnaît pas.

Sans compter qu'il n'en reste plus grand chose de leur terres conquise qui de jour en jour s'amoindrit.

Pour ce qui est de ton langage de gamin de 15 ans boutonneux et qui nous fait sa petite crise de révolte on va faire comme ci (sourires).
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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Mer 23 Aoû - 19:03

Merci de transmettre à BlackHole.
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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Mer 23 Aoû - 21:01

orné a écrit:
Il n'y a pas d'état islamique et il n'en aura jamais. Pour qu'il en ait un il aurait fallu qu'il soit reconnu par la communauté international.

Assertion complètement fausse. Comme si depuis 632 ap. J.-C. ,
les califats successifs avaient demandé la permission d'exister à cette salope de "communauté internationale".

Révise ton Histoire rigolo.
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akasha
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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Ven 22 Sep - 2:39

Bonsoir tout le monde Very Happy
Un bon petit résumé de la situation actuelle en Syrie qui nous montre bien où nous en sommes.
Akasha.


Tempête rouge-Enseignements opérationnels de deux ans d’engagement russe en Syrie, par Michel Goya

Source : La voie de l’épée, Michel Goya, 13-09-2017



Deux ans après l’intervention russe en Syrie, qu’on le déplore ou non (ce n’est pas le propos ici), il convient de constater que celle-ci est un succès et qu’il est possible d’en tirer quelques enseignements opérationnels. Cette intervention est un succès car elle a permis d’atteindre son objectif politique premier, qui était de sauver le régime syrien alors en grande difficulté, et même de contribuer à sa victoire probable. Le corps expéditionnaire russe a effectivement largement contribué à l’endiguement des forces rebelles à la fin de 2015 puis, en particulier avec la prise d’Alep, à la conquête presque définitive du grand axe de l’autoroute M5, centre de gravité du conflit, pendant l’année 2016 avant de lancer une campagne dans l’est désertique jusqu’au dégagement de l’aéroport de Deir ez-Zor, assiégé par l’Etat islamique.

La guerre est encore loin d’être terminée mais elle ne peut plus désormais être perdue par Assad. Il n’y a plus que deux pôles territoriaux rebelles arabes sunnites cohérents en Syrie : la partie de l’Euphrate syrien encore tenue par l’Etat islamique et surtout la province d’Idlib, aux mains d’une coalition de factions dominée par Hayat Tahrir al-Sham (ex-Jabhat al-Nosra). Les autres forces rebelles sont désormais éclatées et servent souvent de supplétifs à d’autres acteurs par ailleurs concurrents, comme la Turquie, le Parti de l’union démocratique kurde (PYD), la Jordanie, Israël ou les Etats-Unis. Encore une fois, cette évolution est largement le fait de l’intervention russe qui lui donne aussi un poids diplomatique particulier tant sur le théâtre lui-même, où la Russie sert d’intermédiaire avec quasiment tous les acteurs locaux ou extérieurs, que sur la scène internationale, où elle apparaît à nouveau comme une puissance qui pèse sur les affaires du monde et avec qui il faut compter.

Il est intéressant de constater d’abord que ces résultats ont été obtenus avec des ressources assez limitées, représentant par les forces engagées (4 à 5 000 hommes et 50 à 70 aéronefs comme force principale) et leur coût d’emploi (environ 3 millions d’euros par jour) environ le quart ou le cinquième de l’effort américain dans la région (1). On peut comparer aussi l’action de l’opération française au Levant Chammal (1 200 hommes et environ 15 aéronefs, un million d’euros/jour) et qui, pour n’évoquer que le volet appui aérien, représente une moyenne de 6 sorties aériennes (dont une frappe)/jour pour 33 pour les Russes (2). Au regard des résultats obtenus, il est incontestable que les Russes ont une « productivité » opérationnelle (le rapport entre les moyens engagés et leurs effets stratégique) très supérieure à celle des Américains ou des Français. Cela tient à plusieurs facteurs.

L’intérêt stratégique de l’empreinte lourde

Le dispositif russe, engagé massivement et par surprise, a d’emblée été complet. Il n’a pas été précédé d’une phase déclaratoire, ni graduellement diversifié et renforcé comme celui de la coalition américaine ajoutant des moyens nouveaux (chasseurs bombardiers puis avions d’attaque, puis hélicoptères d’attaque, puis pièces d’artillerie, etc.) ou élargissant leur emploi, au fur et à mesure de la résistance de l’ennemi ou pour « montrer que l’on fait quelque chose » à son opinion publique. Cette stratégie du « poker » peut parfois avoir un sens face à un adversaire avec qui on négocie, elle s’avère beaucoup moins efficace face à un adversaire, comme l’Etat islamique, à qui on laisse le temps de s’implanter et de s’adapter.

Lorsque la France est intervenue au Mali, en janvier 2013, elle ne l’a pas fait graduellement mais a engagé le plus vite possible l’ensemble de son corps expéditionnaire. De la même façon, la Russie a déployé un dispositif complet et cohérent à la recherche de l’atteinte d’un objectif clair, ce qui, là-encore, n’est pas le cas de la coalition pro-rebelle en Syrie. Ce dispositif aurait pu être matériellement cédé à l’armée syrienne (ou armée arabe syrienne, AAS, selon la dénomination officielle) ou aurait pu être servi clandestinement par des Russes, comme pendant la guerre de Corée ou en Egypte pendant la guerre d’usure contre Israël (1967-1970). Il a été au contraire parfaitement assumé, au contraire de l’« empreinte légère » américaine, et cela change la donne opérationnelle.

La guerre en Syrie est une guerre « mosaïque », c’est-à-dire qu’elle n’engage pas deux camps mais plusieurs, à l’instar de la guerre civile au Liban de 1975 à 1990. Ces camps et leurs sponsors ont des objectifs différents qui les amènent à converger ou diverger selon les situations, ce qui rend le conflit à la fois complexe et stable, les reconfigurations politiques annulant souvent le succès militaires d’un camp. Un paramètre essentiel est qu’en général les sponsors rivaux, en particulier les Etats-Unis et la Russie, n’ont aucune intention de s’affronter directement et évitent donc, pour en limiter le risque, de « se rencontrer ». Par voie de conséquence, l’ « occupation éclair » du terrain par l’un empêche mécaniquement l’autre, placé devant le fait accompli, d’y pénétrer. C’est la stratégie du « piéton imprudent » qui traverse une route et oblige les conducteurs de voitures à s’arrêter, que l’URSS et la Russie ont pratiqué régulièrement. Dans la mesure où il est toujours possible de se tromper sur la réaction de l’autre, cela induit malgré tout une prise de risques. Les Soviétiques se sont, par exemple, trompés sur la réaction américaine après le déploiement de missiles nucléaires à Cuba en 1962 (pas assez rapide) ou sur celle des Afghans après leur intervention de décembre 1979 à Kaboul mais dans l’ensemble ils ont plutôt réussi. Ils sont ainsi parvenus à s’emparer de la Crimée sans même que l’armée ukrainienne ne combatte pour protéger son territoire. En Syrie, les hésitations américaines ont clairement réduit le risque d’un engagement.

A partir du moment où les Russes ont ouvertement planté le drapeau en Syrie et occupé l’espace, notamment aérien, les choses devenaient d’un seul coup plus compliquées pour les autres. S’il est possible de frapper l’AAS, comme le 18 septembre 2016, sans trop de dégâts diplomatiques, il n’en aurait sans doute pas été de même si les 62 morts avaient été russes (3). Il est significatif qu’un des premiers éléments du corps expéditionnaire russe à être déployé en Syrie ait été un dispositif antiaérien moderne avec quelques intercepteurs mais surtout, point fort russe, des systèmes sophistiqués de missiles sol-air ou mer-air, en particulier S-300 puis S-400. Il ne s’agissait pas de faire face à la menace aérienne rebelle, inexistante, mais bien d’imposer une « zone d’exclusion aérienne » aux autres acteurs extérieurs, en particulier les Etats-Unis, entravés de cette façon sur un théâtre d’opération pour la première fois depuis la guerre froide. Cela n’a pas empêché un appareil russe d’être abattu par l’aviation turque dès le 24 novembre 2015 (mauvaise anticipation et maladresse tactique), ni des frappes contre les forces et les infrastructures du régime de Damas, comme celle déjà évoquée ou encore celle du 8 avril 2017 par la marine américaine contre la base de Shayrat ou le 7 septembre dernier par l’armée de l’air israélienne contre le site de Mesayf. En juin 2017, deux drones d’origine iranienne ont été abattus ainsi que, et surtout, un avion Su-22 syrien au cours du premier combat aérien conduit par les Américains depuis 1999 (4).

Il faut cependant noter que les attaques du 8 avril et du 7 septembre ont été prudemment réalisées avec des missiles de croisière dans le premier cas et avec des missiles air-sol tirés depuis l’espace aérien libanais dans le second. Les accrochages de juin, de leurs côtés, sont survenues près des forces sponsorisées par les Américains, voire les forces américaines elles-mêmes placées à Tanf sur la frontière syro-irako-jordanienne, timide implantation des Etats-Unis en Syrie et désormais bloquée par les forces de la coalition de Damas. Ces actions témoignent certes de l’incapacité russe à interdire complètement politiquement et tactiquement le ciel ; par leur rareté et leur prudence, elles témoignent aussi et surtout que ce ciel est quand même dominé par les Russes.

Les Etats-Unis auraient pu jouer cette carte de l’exclusion du sol et au moins du ciel, par l’engagement de systèmes tactiques efficaces. Ils n’ont pas osé, hésitant longtemps à fournir du matériel sophistiqué aux factions rebelles, au moins jusqu’en 2014 pour les missiles antichars, et toujours pour les moyens sol-air. Ils ont encore plus hésité à engager ouvertement des unités de combat. Cela est devenu beaucoup plus difficile depuis l’intervention russe. L’« empreinte légère » est souvent aussi le témoin de la légèreté des objectifs politiques et de la motivation à s’engager pour les atteindre.

Le déblocage de la crise tactique
Par analogie avec la notion de crise économique selon Joseph Schumpeter, on peut définir la crise tactique comme […]
Suite à lire sur : La voie de l’épée, Michel Goya, 13-09-2017

Notes
[1] Russia’s Syria operation cost over $460 million — Putinhttp://tass.com/politics/863079 http://tass.com/politics/863079 ; How Much Has The Syrian Civil War Cost Russia And The US? http://www.ibtimes.com/how-much-has-syrian-civil-war-cost-russia-us-2336199.
[2] En 2016, les opérations en Syrie et en Irak coûteront 360 millions d’euros à la France. http://www.lefigaro.fr/international/2016/11/17/01003-20161117ARTFIG00340-en-2016-les-operations-en-syrie-et-en-irak-couteront-360-millions-d-euros-a-la-france.php ; Opération Chammal http://www.defense.gouv.fr/operations/operations/irak-syrie/dossier-de-presentation-de-l-operation-chammal/operation-chammal
[3] Islamic State Air Force https://lavoiedelepee.blogspot.fr/2016/09/islamic-state-air-force.html
[4] Self-Defense and Strategic Direction in the Skies Over Syria https://warontherocks.com/2017/09/self-defense-and-strategic-direction-in-the-skies-over-syria/

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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Dim 1 Oct - 7:13

Vidéo exclusive : Un combattant de l'Etat islamique admet qu'il est interdit à l'EI d'attaquer les forces kurdes à Deir Ezzor (Almasdar News)



BEYROUTH, LIBAN (14 h 50) - Une vidéo vient d'être diffusée sur les médias sociaux montrant l'interview d'un combattant de l'Etat islamique (EI) de Deir Ezzor qui admet que les forces du groupe terroriste dans la région se voient interdire par leurs commandants d'attaquer les milices dirigées par les Kurdes et soutenues par les Etats-Unis.

L'interviewé, Mohammed Moussa al-Shawwakh, déclare que son groupe, chargé de défendre la zone autour des champs de gaz Conoco, a reçu l'ordre de permettre aux forces kurdes d'entrer dans le site stratégique. L'ordre, dit-il, venait d'un émir régional de haut niveau (leader) appelé Abu Zaid.

La confession du combattant de l'EI ajoute que les forces dirigées par les Kurdes ont également été autorisées à pénétrer dans d'autres champs de gaz et de pétrole de la région afin de réaliser des vidéos de propagande.

Mohammed termine l'interview en disant qu'il sait de source sûre que les Etats-Unis tentent d'établir une alliance entre les forces kurdes et l'EI dans la province de Deir Ezzor afin de saper les efforts militaires dirigés par le gouvernement syrien pour libérer la région.




Source : BreakingAMNnews

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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Lun 2 Oct - 1:30

akasha a écrit:
Vidéo exclusive : Un combattant de l'Etat islamique admet qu'il est interdit à l'EI d'attaquer les forces kurdes à Deir Ezzor (Almasdar News)





Bonsoir,

J'ai de sérieux doutes sur l'appartenance de cette personne à l'organisation Etat islamique. En effet, le personne qui témoigne utilise le terme péjoratif da'ech pour désigner l'EI, ce qu'un vrai combattant de le l'organisation n'aurait pas fait.
Mais je peux me tromper.

Pour information:

Le calife serait en vie: Les médias signalent la publication d'un message audio du calife enregistré il y a 2 à 4 semaines selon les experts patentés.


http://www.france24.com/fr/20170928-ei-daech-message-audio-enregistrment-chef-baghdadi
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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Sam 7 Oct - 1:11

Citation :




French nurses question to #UN & leaders of the world: #Putin is killing babies in incubators, where is the #Outrage4Idlib ?











Source: https://twitter.com/HopeSarout/status/915278996039962626
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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Sam 7 Oct - 4:23

Le bon coup de la propagande made in France, on nous refais le coup des bébés sous incubateurs tués comme à l'époque du Koweït...... Hum Pourquoi pas après tout... Vu que ça marche sur les innocents. No Suspect

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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Sam 7 Oct - 4:25

Syrie : Réponse à Michel Duclos… par Richard Labévière

&

Ayssar Midani – SitRep Syrie n°26 du 2 octobre 2017 en 2 parties…



Source : Proche & Moyen Orient, Richard Labévière, 24-09-2017

Fondée en 1978 par Raymond Aron qui craignait de voir arriver la gauche au pouvoir, la revue Commentaire s’est dernièrement spécialisée dans la publication des idéologues de l’école néo-conservatrice française. Un genre… Après Gérard Araud, qui tweetait que l’élection de Donald Trump annonçait la fin du monde – mais qui est toujours en poste à Washington -, notre ancien ambassadeur à Damas (2006 – 2009) à son tour trouve refuge dans la revue néo-libérale1 de Jean-Claude Casanova. Commentaire lui a demandé de « donner son sentiment » sur la Syrie… Le terme est plutôt approprié, puis-qu’avec l’article de Michel Duclos (MD) – Notre ami Bachar al-Assad -, nous sommes bien dans l’affect amour-haine, dans l’immédiateté, les approximations, sinon les contre-sens historiques !

Reprenons ligne à ligne cette contribution pour en déconstruire les affabulations, non pas qu’elle mérite la notoriété des Essais de Montaigne, mais parce qu’elle constitue un beau spécimen de sophisme. Face à ce « tour de passe-passe », Spinoza explique bien dans l’Ethique que « les idées fausses et inadéquates s’enchaînent aussi nécessairement que les idées justes et adéquates », autrement dit l’erreur et la bêtise génèrent leurs propres rationalités qu’il s’agit de mettre à jour et de déconstruire. Dans sa Réponse à John Lewis2, Louis Althusser explique bien qu’une réponse n’est valable que si elle porte sur un processus dont il s’agit de dévoiler l’intention, l’énergie vitale et la méthode. Voyons cela !

PARADIGME ET ESSENTIALISME

En guise d’introduction, Michel Duclos commence par attribuer – de manière indifférenciée – l’assassinat de l’ambassadeur de France à Beyrouth Louis Delamare (1981), la mort de Michel Seurat (1986), celles de nos soldats du Drakkar (1983) et des victimes de l’attentat de la rue des Rosiers (1982) aux… services spéciaux de la Syrie d’Hafez al-Assad, père de Bachar. Il raccroche ces différents événements, dont il fait une même « séquence », au « massacre » de Hama (1982), sans rappeler qu’il s’agissait d’une riposte à une tentative de coup d’Etat des Frères musulmans qui venaient d’égorger une trentaine d’élèves-officiers de l’Armée de l’air3. Cet amalgame veut justifier son intertitre : « un paradigme immuable », selon lequel le gouvernement syrien actuel serait meurtrier par « essence », depuis la prise de pouvoir d’Hafez al-Assad en 1970.

Reprenons ! Effectivement, Louis Delamare a bien été assassiné par les Panthères roses (appellation liée à la couleur de leurs uniformes) de Rifaat – frère d’Hafez -, au lendemain de la réception de Yasser Arafat à la Résidence des Pins par Claude Cheysson, alors ministre des Affaires étrangères à la réputation propalestinienne. Le message de Damas était parfaitement clair : la France ne doit pas favoriser l’installation d’un émirat palestinien (sunnite) aux portes d’une Syrie principalement dirigée par les Alaouites (de filiation chi’ite). Dans le contexte de la guerre civilo-régionale du Liban, cette méthode de communication était malheureusement courante ! Le relever ne saurait en justifier les crimes, mais cette méthode correspondait alors aux lois et périls de la guerre du Liban.

Pour ce qui concerne l’enlèvement de Michel Seurat et sa mort en captivité après une longue hépatite B, ainsi que celle de nos soldats écrasés dans l’effondrement de leur état-major du Drakkar, les historiens ont montré qu’il s’agissait d’autre chose. Commis par des groupes chi’ites pro-iraniens (avant la création officielle du Hezbollah qui interviendra plus tard), ces attentats constituaient autant de représailles tandis que la France avait engagé six Super-Etendard – sous cocarde irakienne -, mais pilotés par des pilotes français contre les lignes de défense iraniennes dans le contexte d’une guerre Irak-Iran extrêmement meurtrière qui a duré de 1980 à 1988. Washington, Londres et Paris avaient alors poussé Saddam Hussein à ouvrir les hostilités contre une révolution islamique dont on craignait qu’elle ne gagne d’autres pays de la région. Quant à l’attentat de la rue des Rosiers, comme celui de la rue Copernic, les pistes les plus sérieuses ramènent invariablement aux tueurs d’Abou Nidal et ses commanditaires les plus variés.

Suit aussitôt un autre mythe : celui de l’instrumentalisation du terrorisme par Bachar al-Assad. Bien-sûr, comme tous les pays de la région, la Syrie aussi pratique – peu ou prou – ce sport inavouable au plus près de ses intérêts. Encore une fois, il ne s’agit pas de justifier mais d’essayer de comprendre ! Mais lorsque MD affirme que Bachar al-Assad a libéré des jihadistes en juin 2011 pour mettre en péril les « opposants nationalistes », il opère un double contresens. Ces libérations ont bien eu lieu. Grande protectrice des jihadistes, l’Arabie saoudite en avait fait la condition sine qua non pour la poursuite des pourparlers de Genève engagés sous l’égide des Nations unies.

Afin de permettre la poursuite de ces négociations, Moscou demanda alors expressément au gouvernement syrien de libérer ces meurtriers. Quant aux « opposants nationalistes », leur existence a été des plus éphémères. Ces derniers ont été marginalisés dès l’été 2011 pour laisser le champ libre à des factions jihadistes sous l’égide des Frères musulmans – soutenus par Doha – et des Salafistes – clients de Riyad – qui ont accaparé la quasi-totalité des moyens opérationnels de la rébellion armée en Syrie.

Quant à la livraison syrienne du leader kurde Öcalan à Ankara, elle s’explique, là-encore, par des contraintes de realpolitique régionale relativement compréhensibles au vu des intérêts syriens. Sous la plume de MD, elle s’inscrit dans la grande mythologie récurrente de « nos alliés kurdes » contre l’organisation « Etat islamique » et la résurgence de la question de l’indépendance du Kurdistan d’Irak, soutenue par Bernard Kouchner et Benjamin Netanyahou !

Au passage, MD s’étonne aussi que Damas soutienne « le camp d’un groupe terroriste palestinien d’un autre âge (le FPLP-CG) ». De fait, Damas soutient aussi d’autres organisations palestiniennes. Nombre de Palestiniens, habitants le camp de réfugiés de Yarmouk (banlieue sud de Damas) ont pris fait et cause pour la défense de la Syrie historique. A l’évidence, l’ignorance dont MD fait preuve sur le dossier ne l’autorise certes pas à juger des Palestiniens qui n’attendaient rien des Accords d’Oslo, ni de la pseudo-médiation américaine sur cette question bloquée par Tel-Aviv depuis le début des années 2000 !

Enfin, dans son insistance à vouloir affirmer une continuité d’« essence » morbide entre la Syrie d’Hafez al-Assad et celle de son fils Bachar, MD déplore l’intervention de « parrains étrangers » comme la Russie et le Hezbollah libanais. L’intervention militaire de ce dernier dans les Jurd de Qalamoud, Qoussair et Yabroud a sans conteste empêché Dae’ch et Jabhat al-Nosra de conquérir Tripoli et de disposer ainsi d’une façade méditerranéenne. En palliant aux insuffisances entretenues, notamment par Tel-aviv, de l’armée nationale libanaise, le Hezbollah a, sans doute, sauvé l’intégrité territoriale et politique du Pays du Cèdre. Quant au rôle de la diplomatie et de l’armée russes, qui correspond à un partenariat diplomatique et stratégique ancien et connu, nous renvoyons MD à la lecture du prochain livre de Maria Khodynskaïa-Golenichtcheva – Alep, la guerre et la diplomatie – à paraître le 20 octobre prochain aux éditions Pierre-Guillaume de Roux. Cette lecture salutaire du premier livre en français, écrit par une diplomate russe – expliquant les raisons, les objectifs et l’évolution du soutien russe à la Syrie – devrait lui apprendre pas mal de choses…

Evidemment, les ingérences de l’Arabie saoudite, du Qatar, des Etats-Unis et de services spéciaux britanniques et français armant des factions jihadistes obsédées par le renversement du gouvernement syrien a visiblement échappé à notre auteur si soucieux des souverainetés nationales.

DÉSASTRE FRANÇAIS


Dans son deuxième paragraphe « Une perspective française », MD attribue – sans surprise – l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri aux services syriens. La rédaction de prochetmoyen-orient.ch a beaucoup travaillé la question, estimant que l’ami de Jacque Chirac avait été vraisemblablement tué par des Syriens, certes, mais pas par ceux que l’on croit.

A la mort d’Hafez al-Assad, Abdel Halim Khadam est devenu président par intérim du 10 juin au 17 juillet 2000, puis vice-président avant de faire brusquement défection et de s’installer avec sa famille à Paris. Plusieurs sources autorisées soupçonnent ce grand dignitaire sunnite d’avoir préparé un coup d’Etat contre Bachar avec l’aide de Ghazi Kanaan (ancien chef des services syriens au Liban) et de plusieurs généraux de l’armée syrienne. Avec l’appui de plusieurs services étrangers, ce cercle pro-saoudien aurait monté l’assassinat de Rafic Hariri, persuadé qu’un tel événement permettrait le renversement de Bachar al-Assad et leur prise de pouvoir. Certes, l’histoire reste à écrire, mais dans tous les cas de figures, MD devrait observer sur cette affaire une prudence, un tantinet plus diplomatique.

Quelques lignes plus loin, il écrit que les Russes ne connaissent la Syrie qu’au travers du « seul prisme des services de sécurité ou de la coopération militaire ». Nouveau flagrant délit d’ignorance, MD ne connaît visiblement pas les écrits de l’académicien russe Alexeï Mikhaïlovitch Vassiliev, ni rien des études syriennes que l’on doit à « l’école Primakov », du nom de cet ancien haut responsable du KGB surnommé le « Kissinger russe ». Spécialiste des Proche et Moyen-Orient, il a formé des générations d’islamologues, parmi lesquels ceux qui conseillent actuellement Sergueï Lavrov.

Un peu plus loin encore, notre ignorant récidiviste affirme qu’en « onze ans de règne, Bachar n’avait procédé à aucune réforme de nature politique ou sociale ». Faux et archifaux ! Conseillère d’Etat et directrice de l’ENA (2000-2002), Marie-France Bechtel a mené une mission d’études pour la réforme de l’administration syrienne. Plusieurs de ses recommandations avaient commencé à être mises en œuvre, notamment dans le secteur bancaire, avant d’être interrompues par la guerre civile. MD devrait lire aussi – Quand la Syrie s’éveillera – paru aux éditions Perrin en janvier 2011.

Conclusion du paragraphe : « Bachar s’est contenté d’ajouter une dimension affairiste omniprésente à partir de 2005 », avant d’affirmer encore un peu vite que « le régime bassiste est un régime alaouite ». Sur l’affairisme, élargissons le spectre aux pays de la région, notamment ceux du Conseil de coopération du Golfe (CCG), voire jusque sous nos yeux en commençant par le Luxembourg et notre président de la Commission européenne… Quant au « régime alaouite », rappelons seulement que le général Ali Mamlouk – numéro deux du gouvernement – est sunnite pur sucre et que de nombreuses personnalités chrétiennes, druzes et arméniennes occupent des postes de responsabilité.

Par contre, pas un mot sur la fermeture de notre ambassade à Damas en mars 2012 – sur ordre d’Alain Juppé – ni sur les conséquences de cette décision en matière de renseignement et de lutte contre le terrorisme. Dans le paragraphe suivant, MD écrit : « si le régime a paru parfois collaborer avec les services occidentaux tout en continuant en sous-main à alimenter le terrorisme, c’est qu’il ne croyait pas pouvoir scier la branche sur laquelle il était assis. Pourquoi en irait-il différemment aujourd’hui ? »

INGRATITUDE CARACTÉRISÉE

Sur le renseignement, MD ferait mieux de s’abstenir. Un seul exemple : entre les deux tours de l’élection présidentielle française de 2007, la DST a pu arrêter un fou furieux en train de remplir d’explosifs des extincteurs qu’il s’apprêtait à déposer dans des bus de Nancy. Cette interpellation s’est effectuée grâce à des informations transmises – en ligne directe – par les barbouzes syriennes. D’autres cas concrets peuvent êtres cités. Malheureusement, cette coopération s’est interrompue de mars 2012 jusqu’à aujourd’hui, notre ambassade à Damas restant désespérément fermée !

En 2006, lorsqu’il a été nommé ambassadeur à Damas, MD arrivait de New York et savait à peine reconnaître la Syrie sur une carte. D’après ses collègues les plus proches, « il ne connaissait strictement rien au monde arabe et des cadres de la DGSE sont venus spécialement au Quai d’Orsay pour le déniaiser à plusieurs reprises, d’autant que la relation diplomatique bilatérale s’est fortement distendue depuis la mort de Rafic Hariri en février 2005 ». Une fois en poste, nos anges gardiens des services extérieurs n’ont cessé de lui rendre moult services, notamment pour répondre à des questions politiques posées par Nicolas Sarkozy auxquelles il était parfaitement incapable de répondre… A cette époque, MD a très bien compris l’importance et la toute-puissance des services spéciaux syriens, de même que la nécessité d’entretenir avec ces appareils d’Etat les meilleures relations.

L’auteur de ces lignes a rencontré MD à Damas à plusieurs reprises. Comparé au flamboyant Bernard Emié, qui officiait – tous azimuts avec succès – à Beyrouth (actuellement à la tête de la DGSE), MD rasait les murs, appliquant ses instructions à la lettre dans une grisaille confondante des plus ennuyeuses. Le moins que l’on puisse dire est qu’il a visiblement oublié un peu vite les « coups de main » des services français comme ceux de leurs homologues syriens. Comme le bon sens, la reconnaissance du ventre n’est pas la chose la mieux partagée au monde…

Plus tardive, sa révélation néo-conservatrice semble être due à des considérations de carrière : coller sans discernement à la ligne pro-saoudienne de Laurent Fabius permettait d’obtenir, à coup sûr, un prochain poste. Très logiquement, car devenu expert des missions les plus périlleuses, MD sera nommé à… Berne en 2012, tout près de la fosse aux ours !

SUITE A LIRE DANS LIBERATION ET LE MONDE

En effet, la suite et la chute du papier de MD ne sont que pâles reprises des perles propagandistes, régulièrement égrenées par Libération et Le Monde, bulletins officiels de la bobologie droits-de-l’hommiste : seul « le régime Assad a précipité des millions de Syriens sur les routes de l’exil » ; l’armée syrienne ne compte plus seulement que « 20 000 hommes » ; « les services de sécurité assurent un minimum de cohérence » ; la « rébellion nationale », dont MD ne dit rien de concret (et pour cause !), « paraît à peu près défaite ». Comment se fait-il ? A l’évidence, MD croit encore aujourd’hui qu’Alep était assiégée par l’armée gouvernementale syrienne et défendue par cette introuvable « rébellion nationale » !

Sans surprise, la conclusion de ce pensum consiste encore et toujours à réclamer le départ de Bachar al-Assad, comme si les différentes réunions d’Astana I, II, III, IV, V et VI n’avaient jamais eu lieu, comme si le représentant spécial des Nations unies – l’excellent Staffan de Mistura – n’avait rien fait, comme si c’était à la France de décider l’avenir politique de la Syrie ! Avec ce papier, Commentaire ne brille pas vraiment sur le plan de l’excellence géopolitique.

Une consolation toutefois : cette fois-ci, MD nous a épargné les citations élogieuses du roman de sa propre compagne dont il accompagnait régulièrement les laborieuses dissertations.

Le 14 mars 2016, prochetmoyen-orient.ch avait relevé plusieurs passages de cet improbable roman dans une note du Centre d’analyse et de prévision du Quai (CAP) rédigée par MD. L’ouvrage n’est en fait qu’une compilation de télégrammes diplomatiques (TD) relatant la défection de Moustapha Tlass (fils de l’ancien ministre de la Défense d’Hafez al-Assad) et son exfiltration de Syrie par les services spéciaux français. Ce n’est pas toujours en famille qu’on fait le meilleur travail, toujours est-il qu’on peut se demander pourquoi – et en vertu de quels soutiens – MD s’est retrouvé bombardé à la tête de l’Académie diplomatique de l’Aga Khan.

Aux personnes peu familières des cercles très fermés de notre diplomatie, cette réponse pourrait paraître excessive. En fait elle reste très en-deçà d’une réalité monopolisée par la pensée unique. La dernière livraison de Commentaire n’est pas un accident et confirme cette unanimité bêlante, qui des quotidiens, hebdomadaires aux radios, télévisions, think-tanks et réseaux numériques a-sociaux, reproduit la doxa d’une mondialisation merveilleuse. Sur la Syrie, les voix discordantes n’ont pas droit de cité et sont proprement censurées. Oui, la censure est de retour dans notre pays, c’est un fait malheureusement !

Enfin, il faut avoir pu mesurer l’arrogance de MD et celle de ses clones pour se rendre compte à quel point celle-ci est proportionnelle à une ignorance crasse et abyssale ! En dernière instance, on ne peut pas ne pas se demander qui sont ces gens pour prendre ainsi en otage la voix de la France ? Néanmoins, bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière

1 Commentaire, numéro 159 – automne 2017.
2 Louis Althusser : Réponse à John Lewis. Editions François Maspero, 1973.
3 A propos de la riposte de Hama contre les Frères musulmans, l’idéologie dominante avance toujours un bilan de 25 à 30 000 morts sans préciser les sources et la méthode permettant d’atteindre ce chiffre. Les experts et historiens sérieux avancent un tout autre bilan de 3 à 4000 victimes.



Ayssar Midani – SitRep Syrie n°26 du 2 octobre 2017 en 2 parties…




Citation :
Rien de commun avec la version mainstream, c’est à vous de voir..


Vingt-sixième SitRep (rapport de situation) pour la Syrie par Madame Ayssar Midani !!!






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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Lun 9 Oct - 0:40


Pour aller plus loin, encore plus détaillé je vous mets cet article.

La mort de l’Empire ottoman et la création du Moyen-Orient contemporain1 1
http://www.jetdencre.ch/la-mort-de-lempire-ottoman-et-la-creation-du-moyen-orient-contemporain-5173[/quote]

Merci aussi Very Happy

Et pour poursuivre sur la création d'un nouveau Kurdistan, ces trois articles ne sont pas piquer des vers non plus study

Les Kurdes, arme de déstabilisation massive de Washington au Moyen-Orient ( 1/3 )

Citation :
À l'instar du peuple palestinien, les Kurdes souhaitent accéder à leur autonomie. Cependant, depuis la dislocation de l'Empire ottoman, certains de leurs chefs ont préféré s'allier aux puissances impérialistes plutôt qu'aux États limitrophes. Ils ont - ainsi que leurs proches - trahi leur peuple en se mettant au service des puissances impérialistes, afin de déstabiliser le Moyen-Orient.



La « Kurdish Connection » : Les efforts d'Israël, de Daesh et des USA pour déstabiliser l'Iran ( 2/3 )

Citation :
Sarah Abed poursuit son analyse du rôle de certaines organisations kurdes, abusivement mises en avant comme représentatives de la totalité des kurdes syriens, dans la guerre au Moyen-Orient élargi.



Pourquoi les Kurdes rejoignent-ils Daesh ?



Le mythe du « rebelle modéré » kurde 3/3

Citation :
Dans cette troisième et dernière partie de son enquête consacrée au projet de création d'un État kurde en dehors du Kurdistan historique et au détriment des populations arabes et chrétiennes, Sarah Abed dresse un constat terrible.


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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Mar 10 Oct - 23:43

Quand akasha encourageait la révolution kurde:  (page 5 de ce topic)


akasha a écrit:
Une fois de plus il y a conflit d'intérêt...Qui est Gilles Munier Quand vas-tu ouvrir les yeux ?

De plus les kurdes ont toujours été combattu par les turques ou irakien..Eux au moins combattent Daech, et ils ont bien le droit de se financer aussi. Les peshmerga ont fait un travail héroïque jusqu'à présent, ils ont fait beaucoup pour la paix dans la région ! E viva i peshmerga ! Libertà per i kurdes... Very Happy


A quand le coup de poignard dans le dos?
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akasha
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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Dim 15 Oct - 7:31

Échos de la fraude irakienne sur les Armes de Destruction Massives (ADM) en Syrie, par Robert Parry

Source : Robert Parry, Consortium News, 10-09-2017

Tout comme l’Occident a ignoré les signes indiquant en 2002-2003 que les Irakiens antigouvernementaux fabriquaient des déclarations sur les ADM, des preuves que les djihadistes syriens ont effectué des attaques chimiques sont mises à l’écart, rapporte Robert Parry.

Le New York Times et d’autres médias occidentaux ont tiré peu de leçons de la guerre en Irak, y compris comment la combinaison entre un leader étranger diabolisé et des « militants » bien financés, ayant contribué à inonder le processus avec de fausses données, peut mener à des conclusions dangereusement fausses qui perpétuent la guerre.


Au début de l’invasion américaine de l’Irak en 2003, le président George W. Bush a ordonné à l’armée américaine de mener un assaut aérien dévastateur sur Bagdad, connu sous le nom de « choc et stupeur ».

Ce que nous avons vu en Syrie au cours des six dernières années correspond à ce qui s’est passé en Irak avant l’invasion dirigée par les États-Unis en 2002-2003. Dans les deux cas, il y avait des preuves que le « système » était manipulé – par le Congrès national irakien (INC) pour faire pression en faveur de la guerre en Irak et par des “activistes” qui promouvaient le « changement de régime » en Syrie – mais ces avertissements ont été ignorés. Au lieu de cela, le flot des revendications propagandistes a écrasé le peu de scepticisme qui régnait en Occident.

En ce qui concerne l’Irak, l’INC a généré une vague de « transfuges » qui ont prétendu savoir où Saddam Hussein cachait ses stocks d’ADM et où son programme nucléaire était caché. En Syrie, nous avons vu quelque chose de semblable avec des déclarations douteuses sur les attaques aux armes chimiques.

Les « transfuges » irakiens, bien sûr, mentaient, et une étude du Congrès peu remarquée révéla que la CIA avait correctement démystifié certains des imposteurs, mais – à cause de la pression politique de George W. Bush et du mépris des médias grand public américains pour Saddam Hussein – d’autres prétentions bidon ont été considérées comme vraies. Le résultat fut catastrophique.

Mais les signes révélateurs d’une campagne de désinformation de l’INC étaient là avant la guerre. Par exemple, au début de février 2003, alors que les plans d’invasion définitifs étaient en cours, la parade des « manifestations sans rendez-vous » irakiennes se poursuivait. Les services de renseignement américains avaient progressé jusqu’ à « Source Eighteen », un homme qui est venu incarner ce que certains analystes de la CIA soupçonnaient être le coaching systématique de l’INC sur les sources.

Alors que la CIA planifiait un débriefing de Source Eighteen, un autre exilé irakien a fait savoir à l’agence qu’un représentant de l’INC avait dit à Source Eighteen de « livrer l’acte de toute une vie ». Les analystes de la CIA n’étaient pas certains de ce qu’il fallait en tirer puisque les exilés irakiens se dénigraient souvent les uns les autres, mais la valeur de l’avertissement est vite devenue claire.

Le lendemain, des agents du renseignement américains ont débriefé Source Eighteen et découvert que « Source Eighteen était censé avoir une formation en génie nucléaire, mais n’ avait pas été en mesure de discuter des mathématiques avancées ou de la physique, et avait décrit des types de réacteurs » nucléaires « qui n’existaient pas », selon un rapport du Comité sénatorial du renseignement sur les échecs de la guerre en Irak.

« Source Eighteen utilisait fréquemment les toilettes, surtout lorsqu’il semblait troublé par une série de questions, se souvenant soudainement d’une nouvelle information à son retour. Au cours d’un de ces incidents, Source Eighteen a semblé examiner des notes », indique le rapport.

Il n’est pas surprenant de constater que les agents du renseignement américains ont conclu que Source Eighteen était un manipulateur. Mais la boue de la désinformation liée à l’INC continuait de couler dans la communauté américaine du renseignement, encrassant en partie le produit de renseignement américain parce qu’il y avait peu de pression venant d’en haut et exigeant des contrôles de qualité stricts. En effet, c’était le contraire.

Un faux transfuge irakien plus célèbre a obtenu le nom de code « Curve Ball » et a fourni aux agences de renseignements allemandes des détails sur les installations mobiles présumées de l’Irak pour la production d’agents de guerre biologique.

Tyler Drumheller, alors chef de la division européenne de la CIA, a déclaré que son bureau avait émis des avertissements répétés sur les comptes de Curve Ball. « Tout le monde dans la chaîne de commandement savait exactement ce qui se passait », a dit Drumheller. [Los Angeles Times, 2 avril 2005]

Malgré ces objections et l’absence de contact direct des États-Unis avec Curve Ball, il a été qualifié de « crédible » ou de « très crédible », et ses informations sont devenues un élément central des arguments de l’administration Bush en faveur de l’invasion de l’Irak. Les dessins des laboratoires imaginaires d’armes biologiques de Curve Ball ont été un élément central de la présentation du secrétaire d’État Colin Powell à l’ONU le 5 février 2003.

Le parallèle syrien

En ce qui concerne la Syrie, il existe un mélange similaire de facteurs. Le plaidoyer de l’administration Obama en faveur d’un « changement de régime » syrien et l’hostilité de nombreux groupes d’intérêt occidentaux à l’égard du président Bachar al-Assad ont abaissé la barre du scepticisme, ce qui a permis aux armes de propagande d’Al-Qaïda et de ses alliés djihadistes d’obtenir d’énormes succès en vendant des accusations douteuses d’attaques chimiques et d’autres atrocités.


Le destroyer Arleigh Burke USS Ross tire un missile d’attaque au sol de type Tomahawk depuis la Méditerranée vers la Syrie, le 7 avril 2017. (Photo marine du quartier-maître de 3e classe Robert S. Price)

Comme pour les analystes de la CIA qui ont fait trébucher quelques-uns des menteurs irakiens, certains enquêteurs des Nations Unies ont vu des preuves de la tromperie. Par exemple, ils ont appris de la part des habitants de la ville d’Al-Tamanah comment les rebelles et les « activistes » alliés ont organisé une attaque au chlore gazeux dans la nuit du 29 au 30 avril 2014, puis ils ont vendu la fausse histoire aux médias occidentaux crédules et, au départ, à l’équipe d’enquête des Nations Unies.

« Sept témoins ont déclaré que des alertes fréquentes [au sujet d’une attaque imminente des armes au chlore par le gouvernement] avaient été lancées, mais qu’en fait aucun incident chimique n’avait eu lieu », a déclaré le rapport de l’ONU. « Alors que les gens cherchaient à se mettre à l’abri après les alertes, leurs maisons ont été pillées et des rumeurs se sont répandues selon lesquelles les événements étaient mis en scène. …ils [ces témoins] s’étaient présentés pour contester les fausses informations médiatiques largement répandues. »

Selon le rapport de l’ONU, d’autres personnes, qui ont allégué qu’il y avait eu une attaque chimique du gouvernement contre Al-Tamanah, ont fourni des éléments de preuve suspects, y compris des données provenant de sources douteuses.

Le rapport indiquait : « Trois témoins, qui n’ont donné aucune description de l’incident les 29 et 30 avril 2014, ont fourni des éléments de source inconnue. Un témoin avait eu connaissance d’une deuxième main de deux des cinq incidents survenus à Al-Tamanah, mais ne se souvenait pas des dates exactes. Plus tard, ce témoin a fourni une clé USB contenant des informations d’origine inconnue, qui ont été sauvegardées dans des dossiers distincts selon les dates des cinq incidents mentionnés par la FFM (la Mission d’établissement des faits de l’ONU).

« Un autre témoin a fourni les dates des cinq incidents en les lisant sur une feuille de papier, mais n’ a fourni aucun témoignage sur l’incident des 29 et 30 avril 2014. Ce dernier a également fourni une vidéo intitulée “site où un deuxième baril contenant du chlore gazeux toxique a été largué sur Al- Tamanah le 30 avril 14”. »

D’autres témoins alléguant une attaque du gouvernement syrien ont fait de curieuses allégations au sujet de la détection des « bombes en fûts » remplies de chlore, en se basant sur la façon dont le dispositif sifflait en tombant.

Le rapport de l’ONU dit : « Le témoin oculaire, qui a déclaré avoir été sur le toit, a dit qu’il avait entendu un hélicoptère et le son “très fort” d’un baril qui tombait. Certaines personnes interrogées avaient fait allusion à un sifflement distinct des barils contenant du chlore lorsqu’ils tombent. La déposition du témoin n’ a pu être corroborée par aucune autre information. »

Cependant, la revendication elle-même est absurde puisqu’il est inconcevable que quiconque puisse détecter un bidon de chlore à l’intérieur d’une « bombe en fût » par « un sifflement distinct ».

Le point le plus important, cependant, est que les rebelles djihadistes d’Al-Tamanah et leurs équipes de propagande, y compris les travailleurs humanitaires et les militants, semblent avoir organisé un effort coordonné de tromperie, complété par une fausse vidéo fournie aux enquêteurs de l’ONU et aux médias occidentaux.

Par exemple, le Telegraph de Londres a rapporté que « des vidéos qui auraient été prises à Al-Tamanah… prétendent montrer les sites d’impact de deux bombes chimiques. Des activistes ont dit qu’une personne avait été tuée et 70 autres blessées. »

Le Telegraph a également cité Eliot Higgins, le fondateur de Bellingcat, qui était supposé être un expert en armement, comme étant l’un des auteurs du rapport. « Des témoins ont constamment signalé l’utilisation d’hélicoptères pour larguer les bombes chimiques en fûts utilisées », a déclaré M. Higgins. « A l’heure actuelle, une douzaine d’attentats à la bombe chimique ont été signalés dans cette région ces trois dernières semaines. »

Pour finir, le Telegraph a ajouté que « le régime est la seule partie dans la guerre civile qui possède des hélicoptères » – une revendication qui est également contestée depuis que les rebelles ont capturé des moyens aériens du gouvernement et qu’ils ont reçu une aide militaire substantielle de l’Arabie saoudite, de la Turquie, des États-Unis, d’Israël, de la Jordanie et d’autres pays.

La démystification d’Al-Tamanah n’ a pas retenu l’attention des médias de grande diffusion lors de la publication des conclusions de l’ONU en septembre 2016, car le rapport de l’ONU s’appuyait sur des informations des rebelles pour accuser le gouvernement de deux autres attaques au chlore présumées, ce qui a fait l’objet de toute la couverture médiatique. Mais l’affaire aurait dû susciter des signaux d’alarme étant donné l’ampleur de la tromperie apparente.

Si les sept habitants disaient la vérité, cela signifierait que les rebelles et leurs alliés ont émis de fausses alertes d’attaque, produit des vidéos de propagande pour tromper l’Occident et préparé des « témoins » avec des « preuves » pour tromper les enquêteurs. Pourtant, aucune alarme ne s’est déclenchée au sujet d’autres revendications des rebelles.

L’incident de la Ghouta

Une attaque plus célèbre – avec du gaz sarin dans la banlieue de Damas à la Ghouta le 21 août 2013, tuant des centaines de personnes – a également été imputée avec empressement au régime Assad, alors que le New York Times, Human Rights Watch, Higgins’s Bellingcat et de nombreux autres productions occidentales ont sauté sur cette conclusion en dépit de circonstances improbables. Assad venait d’accueillir à Damas des enquêteurs de l’ONU pour examiner les attaques chimiques dont il imputait les responsabilité aux rebelles.


La carte controversée développée par Human Rights Watch et adoptée par le New York Times, censée montrer les trajectoires de vol de deux missiles pendant l’attaque au sarin du 21 août 2013 recoupant une base militaire syrienne [se croisant à une base militaire Syrienne ?]. Mais la carte a été plus tard réfutée parce qu’une seule fusée portait du sarin (celui de droite) et qu’elle n’avait été capable de réaliser qu’une fraction de la portée nécessaire.

Assad faisait également face à une menace de « ligne rouge » de la part du président Obama l’avertissant d’une possible intervention militaire américaine si le gouvernement syrien déployait des armes chimiques. La question de savoir pourquoi Assad et son armée auraient choisi un tel moment pour lancer une attaque mortelle au sarin, tuant surtout des civils, n’avait guère de sens.

Pourtant c’est devenu une autre ruée vers la condamnation en Occident qui a amené l’administration Obama à lancer une attaque aérienne dévastatrice contre l’armée syrienne qui aurait pu aider la filiale syrienne d’Al-Qaïda et/ou l’État islamique à gagner la guerre.

Mais finalement, l’événement qui accusait Assad de l’attaque du sarin en 2013 a fini par s’effondrer. Une analyse effectuée par de véritables experts en armement – Theodore A. Postol, professeur de science, technologie et politique de sécurité nationale au Massachusetts Institute of Technology, et Richard M. Lloyd, analyste au Tesla Laboratories, un vendeur militaire – a révélé que le missile qui a lancé le sarin avait une très courte portée et qu’il se trouvait probablement en territoire rebelle.

Plus tard, le journaliste Seymour Hersh a mis en cause les services de renseignements turcs travaillant avec des rebelles djihadistes comme source probable du sarin.

Nous avons également appris en 2016 qu’un message de la communauté américaine du renseignement avait averti Obama de la faiblesse des preuves contre Assad. Il n’ y avait pas de preuve « d’un point spectaculaire », a déclaré le directeur du renseignement national James Clapper. M. Obama a cité son rejet de « la partition » militariste de Washington, qui consiste à bombarder la Syrie, comme l’un de ses moments les plus fiers en tant que président.


Le président du Congrès national irakien Ahmed Chalabi

Dans ce contexte, il aurait dû y avoir un scepticisme extrême lorsque les djihadistes et leurs alliés ont fait de nouvelles allégations à propos du gouvernement syrien qui se livrait à des attaques d’armes chimiques, tout comme la CIA aurait dû reconnaître que la production par le Congrès national irakien de certains « walk-ins » manifestement bidons justifiait des doutes sur tous ces éléments.

Après l’invasion de l’Irak et l’échec des États-Unis à trouver les caches d’ADM promises, Ahmed Chalabi, leader de l’INC, a félicité son organisation en tant que « héros dans l’erreur » pour son succès à utiliser des faussetés [mensonges ?] pour aider les États-Unis à envahir.

Mais l’Occident semble n’avoir presque rien appris des tromperies irakiennes – ou, sans doute, les leçons sont ignorées par une volonté de poursuivre le projet néoconservateur de « changement de régime » pour le Moyen-Orient.

Pression pour confirmer

Les enquêteurs de l’ONU, qui ont subi des pressions intenses pour confirmer les accusations portées contre le gouvernement syrien, continuent d’écarter les preuves contraires, comme les témoignages concernant l’incident du 4 avril « sarin » à Khan Sheikhoun, qui suggéraient la reprise de l’opération Al-Tamanah.


Photographie d’hommes à Khan Sheikhoun, en Syrie, prétendument à l’intérieur d’un cratère où une bombe de gaz sarin aurait atterri. Mais ils ne portaient aucun des vêtements de protection nécessaires qui les auraient sauvés d’une exposition probable au sarin.

Dans un nouveau rapport de l’ONU, deux personnes, apparemment considérées comme fiables par les enquêteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, ont affirmé dans leur témoignage que les observateurs d’avions antigouvernementaux n’avaient pas donné d’avertissement tôt le matin lorsqu’un vol quittait la base aérienne militaire syrienne de Shayrat, ce qui contredit les affirmations des alliés d’Al-Qaïda à l’intérieur de Khan Sheikhoun, qui ont insisté sur l’existence d’un tel avertissement.

Si aucun avion de guerre n’avait quitté la base aérienne de Shayrat vers l’aube du 4 avril, les motivations de représailles du président Trump d’ avoir riposté avec 59 missiles Tomahawk lancés contre la base deux jours plus tard s’effondreraient. La frappe américaine aurait tué plusieurs soldats à la base et neuf civils, dont quatre enfants, dans les quartiers voisins. Elle comportait aussi le risque de provoquer la mort des Russes stationnés à la base.

Mais le rapport de l’ONU accepte la version des activistes et des rebelles à l’intérieur de la ville contrôlée par Al-Qaïda, puis il confirme d’autres allégations des rebelles concernant les prétendues attaques chimiques militaires syriennes à au moins 20 autres occasions.

Le New York Times a été fortement impressionné par la « condamnation sans équivoque » du régime d’Assad par le rapport de l’ONU et a invoqué cette condamnation pour justifier le bombardement d’une installation militaire syrienne par des avions de guerre israéliens jeudi. Plutôt que de critiquer Israël pour avoir attaqué un pays voisin, le Times a qualifié l’action sous un jour positif « ayant attiré une attention renouvelée concernant les armes chimiques syriennes ».

Mais le point de vue du journaliste (et des services de renseignements) aurait dû être que l’Occident a été dupé en Irak par des « activistes » intéressés qui inondent le Times, la CIA et le monde de fausses informations – tellement de fausses présences qu’ils ont écrasé tout processus malheureux visant à éliminer les mensonges de la vérité. « L’opposition » syrienne semble avoir adopté une stratégie similaire en Syrie avec un succès similaire.

Compte tenu de l’expérience passée, le scepticisme devrait être la règle en Syrie, et non la crédulité. Ou, comme le président George W. Bush l’ a dit un jour dans un contexte différent, « m’avoir trompé une fois, honte à vous – honte à vous. Imbécile, tu ne peux plus te faire avoir. »

Le journaliste d’investigation Robert Parry a publié de nombreux articles sur Iran-Contra pour The Associated Press et Newsweek dans les années 1980.

Source : Robert Parry, Consortium News, 10-09-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Ven 20 Oct - 7:36

Après Raqqa, par François-Bernard Huyghe



Source : François-Bernard Huyghe, 18-10-2017

Q : On annonce que Raqqa, capitale de l’État Islamique est quasiment achevée ; la défaite de Daech est-elle proche ?[/color]


FBH : En effet, même si la « prise des derniers mètres de Raqqa» est annoncée depuis plusieurs semaines, cela finit par être vrai : il semble bien que cette fois, les Forces démocratiques syriennes, composées de Kurdes et d’Arabes, soient en train de conquérir les derniers bastions et d’évacuer les dji derniers djhadistes – syriens et étrangers-, sans doute vers deir Ezzor qu’ils tiennent encore ; là-bas ils sont confrontés à l’armée syrienne et à ses alliés russes. Aujourd’hui le califat contrôlerait moins de 8% du pays, ce qui commence à ressembler à une déroute pour une organisation territorialisée.
Sur le plan militaire, que ce soit en Irak et en Syrie où il avait dessiné ses frontières et prétendait exercer sa souveraineté, le califat est condamné par la disproportion des forces. Au mieux il aura un sursis. Son slogan des débuts « le califat durera et s’étendra », les mots qui avaient incité des milliers d’étrangers à aller faire la hijra et le djihad au pays de Cham (traduisez : aller vivre religieusement et combattre sur les territoires tenus par le califat), sont ceux d’une utopie qui a échoué. Pourtant..

Perdre des batailles n’est pas perdre une guerre, tant que le vaincu n’a pas reconnu sa défaite. Cela peut se faire soit formellement (par un traité ou une reddition) soit de fait, lorsqu’il n’y a plus de combattants refusant de déposer les armes et continuant à se penser en guerre. Et pour les derniers fanatiques, le choix sera ouvert :
– Continuer la lutte ailleurs en Syrie ou Irak, comme des groupes de guérilla.
– Rejoindre d’autres groupes armés djihadistes, comme Hayat Tahrir al-Cham, rattaché au « courant historique » al Qaïda / al Nosra (quitte à admettre que la fondation prématurée d’un califat par al Baghdadi était une erreur stratégique)
– Aller essaimer et renforcer des groupe affiliés à Daech, mais plus loin, au Pakistan, en Afghanistan, en Égypte, en Libye, etc.
– Pour les « foreign fighters », européens, par exemple, revenir dans leur pays d’origine, échapper, s’ils peuvent, à la prison et relancer une action terroriste.
– Dernière hypothèse : prendre leur « retraite » en redevenant salafistes « quiétistes » (qui ne font pas le djiahd) ou en se convaincant de l’excellence des valeurs démocratiques qu’ils ont combattues. Nous aimerions que cette option soit la plus vraisemblable.

Q : Ils pourraient continuer le combat ?

FBH :
On le voit, la vraie défaite de Daech ne peut être que psychologique – renoncer à une lutte sans issue aux objectifs impossibles (conquérir le monde) et renoncer à traitet comme ennemis tous ceux qui ne partagent pas cette utopie-. Mais psychologique, pour eux, cela veut dire spirituel : il faut qu’ils se persuadent que Dieu ne leur fait plus obligation de poursuivre le djihad universel. Or, justement, la propagande du califat les prépare à l’hypothèse d’un défaite « apparente » sur le terrain, une défaite qui ne serait en fait qu’une épreuve, avant une victoire finale plus éclatante encore. Après la période utopique (rejoindre le califat où règne la loi divine et qui « durera et s’étendra »), voici une sorte de prophétisme millénariste : la victoire est d’autant plus proche que nos ennemis croient l’avoir emporté. Autrement dit, il n’est pas garanti que la leçon du réel (la perte du territoire) décourage ceux étaient attirés par le projet de conquérir et convertir le monde. La rage pourrait gagner chez ceux qui verront dans les événements la confirmation que les mécréants et les hypocrites persécutent les musulmans depuis des siècles.

Q : Le terrorisme risque-t-il de se développer en compensation ?

FBH :
Quand on perd la guerre classique, il est tentant de mener la « guerre du pauvre » qu’est le terrorisme. La multiplication des attentats en Occident pour « compenser » la chute du califat ? Ces derniers mois les attaques avec une voiture, un couteau, des bonbonnes de gaz qui n’explosent pas toujours, éventuellement avec des armes à feu se sont multipliés. Dans certains cas, la piste djihadiste ne peut être prouvée, dans d’autres on incrimine un mécanisme psychologique d’imitation ou on cherche des causes psychiatriques… Il n’empêche que la tendance lourde semble être à des attaques menées sans grands moyens ou grande organisation, donc d’autant plus difficiles à déceler. La possibilité d’une « routine » terroriste, c’est-à-dire d’attentats relativement fréquents pas forcément très efficaces du fait de l’inexpérience de leurs auteurs, mais motivés par le désir de venger le califat et de punir les pays de la coalition est tout sauf absurde. Et la propagande djihadiste basée sur le ressentiment peut encore nourrir longtemps ce désir de violence compensatrice.
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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Dim 22 Oct - 0:23

Pour comprendre la détermination des gens de l'Etat islamique.

Abu Bakr Al-Baghdadi a écrit:
[...]


Vraiment, il s’agit de la promesse d’Allah et de Son information qui s’est avérée véridique. Voici, aujourd’hui, que le monde mécréant a rassemblé et proclamé, s’est allié et coalisé, a réuni toute sa ruse et sa machination. Il a réuni sa ruse, ses associés et ses alliés pour faire la guerre à l’Islam et ses adeptes par tous les dispositifs militaires aériens, terrestres et maritimes à leur disposition.  Et pour conspirer contre les croyants et leur religion par tous les moyens en leur possession.  Tout ceci dans leur lutte active pour éteindre la lumière d’Allah, par inimitié envers Sa religion et Sa voie sur Terre, et par peur terrible que reviennent, aux adeptes de l’Islam et de la sunnah, leur califat et leur force. Par peur que le contrôle et la suprématie leur reviennent comme c’était le cas auparavant.
Cette bataille embrasée, cette guerre globale et ce grand jihâd que mène l’État Islamique aujourd’hui, ne fait qu’accroître notre foi ferme et notre certitude enracinée quant au fait que tout cela n’est qu’un préambule au secours inébranlable, et une anticipation à la victoire éclatante qu’Allah a promis à Ses serviteurs. Nous avons regardé dans le Livre d’Allah et dans la longue histoire du jihâd de cette ummah contre ses ennemis, et nous avons vu que le signe clair de la fin proche de nos ennemis est le jour où ils se sont engagés et ont déclaré la guerre à Allah, à Son messager et à Sa religion. Le jour où ils ont persécuté Ses serviteurs et Ses alliés et se sont efforcés de les expulser de la Terre qui appartient à Allah et dont Il fait hériter qui Il veut parmi Ses serviteurs. Allah  dit : {En vérité, ils ont failli t’inciter à fuir du pays pour t’en bannir. Mais dans ce cas, ils n’y seraient pas restés longtemps après toi.} [al-Isrâˋ : 76]


[...]







Abu Bakr Al-Baghdadi a écrit:
[...]


Les ennemis d’Allah parmi les juifs, les chrétiens, les athées, les rafidites, les apostats et toutes les nations de la mécréance ont mobilisé leurs médias, leur richesse, leurs armées et leur équipement pour faire la guerre aux musulmans et aux mujâhidîn dans la wilâyah de Naynawâ. Ceci, après qu’ils aient constaté qu’elle constitue une base parmi les bases de l’Islam et l’un de ses minarets à l’ombre du Califat. Ils ont ainsi été pris d’insomnie à la vision de la vie des musulmans à l’intérieur, fiers et en sécurité, comme ils ont été tourmentés par le fait qu’en son sein, se soit réalisé, pour les gens, un exemple de la gouvernance de l’Islam. Un exemple qu’ils voient, qu’ils vivent, à l’ombre duquel ils se réfugient et dont ils jouissent de ses biens et de sa bénédiction. Voilà ce que les ennemis craignent au plus haut point, car c’est la voie à l’extension de l’influence de l’Islam, à l’élargissement de son étendue et à l’entrée des gens dans cette religion.


[...]





Abu Bakr Al-Baghdadi a écrit:
[...]


Les plans et les stratagèmes des Romains sont toujours en marche, même dans la péninsule de Muḥammad , afin d’imposer les rafidites à ses abords.  Ceci tandis que se poursuit la campagne de grande corruption menée par le gouvernement des Âl Salûl dans le but de laïciser le pays, de rendre mécréants ses habitants, de propager le vice parmi eux et de faire tomber ce qui peut être considéré comme des représentations de la charia et de ses adeptes. Ils ne se sont pas contentés de cela puisqu’ils ont même apporté une participation militaire réelle, avec les nations de la mécréance, pour faire la guerre à l’Islam et aux sunnites en Irak et au Châm. Ils sont la tête de tous les maux et la cause de toutes les calamités !
 Ô hommes de la péninsule arabique, ô descendants des compagnons : attaquez-les sans relâche, attaque après attaque. Attaquez les ennemis d’Allah, attaquez leurs services de sécurité, leur armée et leur police. Attaquez leurs conseillers et leurs savants. Attaquez leurs émirs, leurs ministres et les porte-voix de leurs médias. Et rappelez-vous de l’exhortation de votre prophète  qui a dit : « Deux religions ne peuvent cohabiter dans la péninsule arabique. » [Rapporté par Mâlik et d’autres]
Ô les sunnites : après Allah, il ne vous reste plus que le Califat qui protège votre religion, qui préserve votre honneur et qui augmente votre force. Le Califat dans lequel vous vivez fiers et vous mourrez dans l’honneur sans que n’osent toucher à votre dignité aucun rafidite abject, ni aucun nosaïrite perfide, ni aucun athée méprisable.


[...]


Source:  Rumiyah numéro 3  ,  novembre 2016
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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Sam 28 Oct - 4:11

Syrie – chute de Raqqa : que vont devenir les djihadistes étrangers ?



Les 19 et 20 octobre derniers, les ministres de l’Intérieur du G7 se sont réunis sur l’île italienne d’Ischia pour plancher sur la menace que représentent pour leur pays les combattants étrangers en fuite après la chute de Raqqa. Gros plan sur les 275 belges partis en Syrie et en Irak avec Bahar Kimyongur, auteur et journaliste indépendant.





Source : Investig'Action

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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Sam 18 Nov - 21:47

Avertissement: il peut s'agir d'une usurpation d'identité

______

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https://twitter.com/DomTower/status/888526476177399808
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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Dim 24 Déc - 1:43

L'affaire Lafarge dévoile les liens entre Daesh et l'élite dirigeante française



L’enquête sur le financement de Daesh (l'Etat islamique) par LafargeHolcim souligne le caractère frauduleux de la lutte antiterroriste prétendument menée par la France et ses alliés de l'Otan. Elle laisse entrevoir un financement délibéré sur cinq ans par une entreprise du CAC 40 d‘organisations terroristes responsables d‘attentats dans toute l‘Europe, notamment en France.

Elle pose directement la question du rôle joué par l'Etat et le gouvernement PS de François Hollande. Le PS a réagi aux attentats meurtriers de janvier et novembre 2015 en France en imposant l'état d'urgence et il a promu le FN en invitant Marine Le Pen à l'Elysée. L'état d'urgence a fourni un faux prétexte à la répression brutale de manifestations contre la loi travail du PS, à savoir, que ces luttes gênaient le travail de police nécessaire à la lutte contre le terrorisme et à l'unification de la France autour d'un projet sécuritaire et une lutte contre l'islamisme.


Or, selon les informations ressorties lors de la mise en examen ces deux dernières semaines de six dirigeants du cimentier – dont l'ex-PDG de LafargeHolcim, Bruno Lafont et l'ex-directeur général du groupe, Éric Olsen – Lafarge finançait le milieu des milices terroristes en Syrie à l'époque où celles-ci commettaient les attentats qui ont servi de prétexte à l'état d'urgence.


Le Monde a traité la mise en examen des patrons de Lafarge de «coup de tonnerre». «C‘est la première fois qu’un patron du CAC 40 est mis en cause pour une infraction terroriste» écrit ce journal.

De plus, Lafarge aurait eu recours au mensonge et à la production de faux pour justifier son financement des groupes terroristes. Le Service national de douane judiciaire (SNDJ), qui a mené les interrogatoires des cadres de Lafarge ayant conduit à leur mise en examen a estimé que la direction française du groupe avait «validé ces remises de fonds en produisant de fausses pièces comptables».

Les informations fournies par Lafarge invalident son alibi précédent, à savoir que le groupe n’avait versé ces sommes aux milices terroristes que parce que le groupe devait se plier à un «racket» de Daesh afin de protéger son usine de ciment située près de Raqqa, dans le nord de la Syrie.

Un rapport de la société d'audit londonienne PricewaterhouseCoopers (PWC), commandité par Lafarge, précise que le groupe aurait versé 13 millions de dollars entre 2011 et 2015 aux diverses milices islamistes en Syrie. Selon ce rapport, ce financement a continué jusqu'en 2015, bien après la fermeture de l'usine en septembre 2014.

Selon les avocats de Sherpa – l‘association qui s‘est portée partie civile dans cette affaire en 2016 pour «mise en danger de la vie d‘autrui» et a ainsi déclenché l’enquête pour «financement d‘entreprise terroriste» menée par trois juges des pôles antiterroriste et financier de Paris – une grande partie de cet argent est allé, indirectement ou directement, dans les poches de Daesh.

Un autre rapport rédigé par le cabinet d‘expertise américain Baker McKenzie, lui aussi missionné par Lafarge, révèle que la filiale syrienne de Lafarge aurait à elle seule versé de juillet 2012 à septembre 2014 près de 5,6 millions de dollars aux milices, dont plus de 500.000 dollars à Daesh. Le fils de l‘ex-ministre de la Défense syrien, Firas Tlass, aurait servi d'intermédiaire.

Ainsi, alors même que la classe politique française débattait en 2014 et 2015 de l‘opportunité ou non de bombarder Daesh en Syrie, Lafarge finançait la milice terroriste. Le gouvernement Hollande a ordonné le premier bombardement des positions de Daesh en Syrie juste après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Jusqu'alors, la France ne bombardait que les positions irakiennes de Daech et gardait ainsi la possibilité de profiter des actions de Daesh en Syrie.

L‘image ressortant de l’enquête n‘est pas celle d‘une entreprise ayant voulu rester en Syrie pour y représenter la France ou encore rentabiliser un des plus gros investissements français hors pétrole au Moyen Orient, et aurait donc accepté le «racket» de Daesh, comme l'ont prétendu les cadres incriminés. C‘est plutôt celle du financement délibéré d'organisations terroristes que le PS présentait alors comme des forces légitimes dans sa guerre, menée en alliance avec Washington, pour renverser le gouvernement de Bachar al-Assad.

Une lutte intense se poursuit à l'intérieur des milieux officiels français à propos de cette affaire, que suivent manifestement de près les milieux financiers et judiciaires anglo-américains.

Cette semaine, Sherpa a demandé au parquet de lancer une enquête «pour entrave à l'exercice de la justice» et accusé Lafarge d‘avoir voulu «acheter le silence» des six cadres mis en examen et ainsi «devancer les interrogations qui pourraient leur être soumises».

L‘association a réitéré sa demande que les investigations ne se limitent pas à Lafarge mais qu‘elles fassent aussi la lumière sur le rôle des autorités françaises de l’époque. Son porte-parole a évoqué «la frilosité, la complaisance, voire la complicité» des ces autorités. «Qui nous dit qu'entre-temps, une partie de l'argent versé à l'EI (Daesh) n'a pas servi à financer un attentat en France?» s'est interrogée son avocate Marie Dosé.

En fait, l'affaire Lafarge soulève le rôle non seulement de la France, mais des gouvernements de toutes les grandes puissances de l'Otan. A partir de 2011, ces puissances ont organisé avec les monarchies du Golfe le financement de milices islamistes en Syrie à la hauteur de milliards de dollars. Cette guerre a dévasté la Syrie, fait des centaines de milliers de morts, et forcé plus de 10 millions de Syriens à fuir leurs foyers.

Les médias et les responsables politiques des pays de l'Otan ont tenté de cacher autant que possible le caractère politiquement criminel de cette guerre, et notamment le fait que les alliés de l'Otan en Syrie, comme dans la guerre de 2011 en Libye, étaient des milices terroristes liées à Al Qaïda.

L'affaire Lafarge montre aussi le rôle réactionnaire et mensonger des groupes de la pseudo gauche petite-bourgeoise, comme le Nouveau parti anticapitaliste en France, qui ont été des partisans et des complices de l'impérialisme dans ces conflits. Ils ont présenté éhontément les groupes djihadistes anti-Assad comme l‘émanation d‘une révolte populaire. Alors que le CAC-40 finançait les différentes milices islamistes sur le terrain en Syrie, ils prétendaient que cette opération était une révolution démocratique syrienne.

Dans ces conditions, il faut poser la question: pourquoi les responsables du gouvernement PS ne sont-ils pas entendus – a commencer par l'ex-président Hollande, qui a décidé en 2012 de reconnaître les milices d'opposition en tant que gouvernement de la Syrie? La «demande d‘acte» de Sherpa en octobre avait d'ailleurs exigé que les ambassadeurs français en Syrie et l‘ex-ministre PS des Affaires étrangères Laurent Fabius soient entendus. Toutefois, les médias et la classe politique française font le silence sur cet aspect central de l‘affaire.

Les agissements de Lafarge en Syrie soulignent le caractère politiquement illégitime de l‘état d‘urgence, dont la loi antiterroriste d'Emmanuel Macron a inscrit les dispositions dans le droit commun. Alors que l'impérialisme finançait les terroristes de Daech, il utilisait leurs crimes en Europe pour justifier la répression de l'opposition des travailleurs et des jeunes à la suppression des droits sociaux et démocratiques acquis au cours de plusieurs générations de lutte. Toute cette politique est marquée du sceau du mensonge d'Etat dans l’intérêt de l'aristocratie financière.

Source: WSWS

La bonne leçon d'Assad à Macron



Le président syrien a reçu ce lundi, 18 décembre à Damas, une délégation russe. « Nous accueillons l’action de l’ONU dans les élections à venir à condition que cela ne porte pas atteinte à la souveraineté de la Syrie, » a déclaré Bachar al-Assad.



Le président al-Assad a également affirmé que la guerre contre le terrorisme n’était pas encore terminée.

De plus, à propos de la déclaration de la France, le président Assad a déclaré : « Ces déclarations de la France et d’autres pays occidentaux confirment que ces groupes œuvrent pour leur propre intérêt et non pas celui de la Syrie. »
Nous décryptons les déclarations du président syrien, avec Bassam Tahan, analyste franco-syrien des questions internationales.



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akasha
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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   Sam 17 Fév - 2:38

Bonsoir mes frères & sœurs I love you
Ce n'est pas une information des plus récente j'en conviens, mais cela reste néanmoins des plus intéressent et nous montre que les américains ne reculent devant rien pour justifier leurs actions. Ce n'est donc pas de hier, mais ce n'est pas l'antiquité non plus, c'est de 2016, qu'on ne vienne donc pas me sortir l'excuse bateau genre ; "Ce n'est pas parce-qu’ils l'ont fait qu'ils peuvent encore le faire"... Et c'est une info France 24 pas RT, Ptutnik New ou RI, pas de chance Wink
Akasha.


Le Pentagone aurait dépensé plus d’un demi-milliard de dollars pour produire de fausses vidéos jihadistes



Selon un collectif britannique de journalistes, le Pentagone aurait dépensé plus de 540 millions de dollars entre 2006 et 2011, dans le cadre d’une campagne de propagande en Irak, qui comprenait la réalisation de fausses vidéos jihadistes.

Plus d’un demi-milliard de dollars pour des fausses vidéos jihadistes. Selon les enquêteurs du Bureau of Investigative Journalism, un collectif britannique de journalistes, le Pentagone aurait dépensé cette somme astronomique entre 2006 et 2011, dans le cadre d’une guerre de communication menée en Irak.

C’est la célèbre société britannique de communication et de relations publiques Bell Pottinger, à la réputation sulfureuseà la réputation sulfureus, qui a bénéficié des largesses américaines (120 millions de dollars par an) pour produire les contenus de ce programme de propagande classé "top secret".

Un ancien salarié de l’entreprise, Martin Wells, a révélé aux Bureau of Investigative Journalism, les dessous de cette campagne, qui ont été publiés dimanche 2 octobre par The Daily Beast et le Sunday Times.

Pistage par CDs espions

Le réalisateur de vidéos a ainsi expliqué que la société, qui était chargée officiellement en 2004 de "promouvoir les élections démocratiques" en Irak, a en réalité produit plusieurs types de contenus supervisés par des militaires américains.

Outre des clips publicitaires anti-Al-Qaïda (la nébuleuse était en première ligne de l'insurrection contre la présence américaine en Irak), il affirme que des reportages vidéos ont été produits et montés de manière à faire croire qu’il s’agissait "de productions de télévisions arabes". Ils étaient destinés à être vendus puis diffusés localement et régionalement par des chaînes arabes, sans préciser que l’armée américaine était en réalité le commanditaire des productions.

Enfin, et c’est selon lui la partie la plus "sensible" du programme, la société Bell Pottinger, qui a employé jusqu’ à 300 personnes en Irak, aurait également fabriqué de fausses vidéos de propagande siglées Al-Qaïda, dans l’unique but de piéger et de traquer les personnes qui les auraient visionnées.

Car les vidéos, gravés sur des CDs, étaient encodées de manière à ce qu’elles soient obligatoirement connectées à Internet lors du visionnage, et ce, afin de localiser l’ordinateur utilisé grâce à son adresse IP, via Google Analytics. Il a notamment précisé que les fausses vidéos jihadistes étaient abandonnées par les forces américaines lors de perquisitions en Irak.

Martin Wells explique que certains de ces CDs se sont retrouvés en Iran, en Syrie et même aux États-Unis. Il s’agissait-là, selon lui des cas les plus recherchés, "car si, au bout de 48 heures, ou d’une semaine, un CD était visionné dans un autre coin de la planète, alors là cela devient plus intéressant (…), car cela vous offrait une piste". Selon lui, la société Bell Pottinger rendait compte des résultats de l’ensemble de son programme au Pentagone, à la CIA et au Conseil de sécurité national américain.

Un jeu dangereux ?

Si le Pentagone a confirmé avoir eu recours aux services de la société Bell Pottinger durant cette période en Irak, le Bureau of Investigative Journalism n’apporte aucune information sur les résultats éventuels de ce pistage par CDs espions.

Ces révélations trouvent un écho particulier aujourd’hui, quelques années après les faits, dans le sens où nombreux sont les experts des mouvances jihadistes qui affirment qu’une part importante du processus de radicalisation individuel passe par le visionnage de vidéos de propagande.

Même si, à l’époque, nul ne pouvait prévoir l’importance qu’allait prendre ces dernières années la production et la diffusion via les réseaux sociaux de tels contenus par des groupes comme l’organisation État islamique (EI), le Pentagone a peut-être, en finançant la production de ces contenus, indirectement contribué à la promotion d’Al-Qaïda, voire même inspiré des apprentis vidéastes jihadistes.

Source : France 24

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MessageSujet: Re: Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"   

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Irak et Syrie: l'EI, arnaque ou véritable mouvement révolutionnaire?"
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