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 Dossier Venezuela : Les derniers événements

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akasha
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MessageSujet: Dossier Venezuela : Les derniers événements    Lun 16 Mar - 21:04

Rappel du premier message :

Bonsoir mes frères & Sœurs I love you
Décidément les américains sont bien belliqueux ces derniers temps...ils ne savent où donner de la tête, Syrie, Ukraine, Irak, et j'en oublie...En même temps pour un pays qui a à son actif plus de 220 conflits et qui & été en guerre durant plus de 95 % de son existence, ce n'est pas étonnant. ici le cas qui va nous préoccuper est le Venezuela ! Où une fois de plus, ils ont tenté un coup d'état...Leur forfait échoué, Obama essaye une autre tactique en accusant et menaçant le pouvoir vénézuélien et Maduro. Mais Maduro n'est pas homme à se laisser intimider, et en digne successeur de Chavez, il sait comment s'y prendre pour ne pas laisser les yankees dicter leur conditions, a un peuple légitime qui a le droit de vivre comme ils l'entendent !
Pour développer, je vous proposes une synthèse des derniers événements qui a secouer le Venezuela...Mais qu'ils ont su relever et déjoué avec brio !
Akasha pour le LNM 2015.


Le Vénézuela « extraordinaire menace pour les Etats-Unis »

De toute manière, pour les plus grands paranoïaques (paranoïa simulée ou non) de la planète que sont les politiques et financiers américains, dès que cela ne permet pas aux États-Unis de se faire un maximum d’argent, alors c’est une menace!



En préambule d’un décret imposant un régime de sanctions (interdiction d’accès au territoire, gel des avoirs bancaires) à 7 responsables vénézueliens impliqués dans la répression violente de manifestations ayant eu lieu récemment et dirigées contre le président Maduro, Barack Obama a publié une déclaration estimant que le Venezuela était responsable «d’une inhabituelle et extraordinaire menace pour la sécurité nationale et la politique extérieure des États-Unis». Le Vénézuela est ainsi assimilé à la Syrie, l’Iran ou la Birmanie, sans mentionner la Russie. Barack Obama a ajouté qu’il déclarait « l’urgence nationale pour faire face à cette menace.»

Le président Nicolas Maduro a vivement réagi à la décision américaine. «Le président Barack Obama […] a décidé de se charger personnellement de renverser mon gouvernement et d’intervenir au Venezuela pour en prendre le contrôle», a-t-il affirmé, au cours d’un discours télévisé de deux heures. En réponse, il a décidé de nommer ministre de l’Intérieur le chef des services de renseignements sanctionné par les Américains. Le plus haut responsable diplomatique à Washington a également été rappelé.

Nous avions indiqué ici, dans un article du 11 février, que tout laissait penser qu’un coup d’Etat contre le président Maduro, successeur de Hugo Chavez et aussi détesté à Washington aujourd’hui que ne l’était ce dernier de son vivant, était sans doute en préparation. Effectivement, peu après, le 13 février, le maire de Caracas, et figure de l’opposition Antonio Ledezma avait été arrêté par les services de renseignement, soupçonné d’avoir encouragé un coup d’Etat dans le pays. Nous ne pouvons évidemment nous prononcer sur ce point. Néanmoins il est connu de tous que les Etats-Unis, directement ou par personnes interposées, ont l’habitude de faire tomber les régimes qui s’opposent à eux en provoquant de tels pronunciamientos.

Il est clair que la nouvelle déclaration de Barack Obama contre le Vénézuéla, ressemblant beaucoup à une déclaration de guerre, ne pourra qu’être interprétée à Caracas et dans les autres capitales, ainsi qu’au sein du BRICS, comme préparant une intervention militaire. Ainsi pourrait disparaître un gouvernement dont le grand tort est d’être non aligné sur Washington et allié de la Russie, sans compter le fait que le Vénézuela dispose d’importantes réserves de pétrole sur lesquelles les grandes compagnies pétrolières américaines aimeraient bien mettre la main.

L’affaire ne sera pas cependant aussi facile qu’Obama semblait le penser. On apprend ce jour 12 mars que la Russie va se joindre aux manœuvres militaires défensives planifiées pour cette fin de semaine (14 et 15 mars) dans tout le Venezuela. Le ministre de la Défense, Serguéi Shoigu, a accepté l’invitation de son collègue vénézuélien, Vladimir Padrino Lopez. La Russie participera aux exercices militaires des forces de défense antiaérienne et aux manœuvres de tir de lance-roquettes multiple russe BM-30 Smerch. À ceci s’ajoutera l’escale de navires russes dans les ports du Venezuela.

L’Amérique ne pourra évidemment pas comparer cela à la crise des missiles de 1962 l’ayant opposée à Cuba et indirectement à l’URSS. Mais nous pouvons être certain que l’accusation sera lancée. Il serait pertinent alors de rappeler à Obama sa propre participation militaire, directement ou via l’Otan, en Ukraine et dans la majorité des pays frontaliers à la Russie, à des manoeuvres militaires plus qu’agressives.

Source: Blogs. Mediapart.fr via Sott.net

Pour en savoir plus au niveau de la réponse de la Russie au Venezuela, ce petit article s’impose: Venezuela, la Russie répond à l’appel.Venezuela, la Russie répond à l’appel.

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L’Amérique latine défend le Venezuela face au décret du président Obama



Après la décision du président Barack Obama, le 9 mars 2015, de décréter « l’urgence nationale aux États-Unis » face à la « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et notre politique extérieure qu’est le Venezuela » (sic), le président de Bolivie Evo Morales a demandé une réunion d’urgence de l’UNASUR (organisme regroupant la totalité des nations sud-américaines) et de la CELAC (Communauté élargie des États latino-américains et des Caraïbes) « pour nous déclarer en état d’urgence et défendre le Venezuela face à l’agression de Barack Obama. Nous allons défendre le Venezuela ». Il a souligné l’importance de l’unité des peuples face à l’Empire qui tentent de « nous diviser, pour nous dominer politiquement et nous spolier sur le plan économique ».


Le président Correa, à travers son chancelier, a exprimé son « rejet le plus ferme de la décision illégale et extra-territoriale contre le Venezuela, qui représente une attaque inacceptable pour sa souveraineté ». Il a rappelé le signal négatif que constitue la signature de ce décret par Obama, 48 heures après la visite de travail de l’UNASUR à Caracas. Cette délégation a enquêté sur la récente tentative de coup d’État contre le président Nicolas Maduro, élu en avril 2013, et a rejeté l’ingérence extérieure, demandant aux secteurs violents de l’opposition de revenir à la voie électorale.


« Comment le Venezuela menace-t-il les États-Unis ? À des milliers de kilomètres de distance, sans armes stratégiques et sans employer de ressources ni de fonctionnaires pour conspirer contre l’ordre constitutionnel étasunien ? Une telle déclaration faite dans une année d’élections législatives au Venezuela révèle la volonté d’ingérence de la politique extérieure étasunienne », a déclaré pour sa part le gouvernement cubain.

Les mouvements sociaux latino-américains se sont mobilisés en défense de la démocratie vénézuélienne. Pour Joao Pedro Stédile, de la direction nationale du Mouvement des Sans-Terre du Brésil : « Au Brésil, il y a un peuple qui est avec vous ; nous serons toujours solidaires et nous ne laisserons pas l’Empire envahir le Venezuela pour récupérer ses gisements de pétrole ».

Le mouvement social bolivien a également manifesté sa solidarité. Rodolfo Machaca, dirigeant de la Confédération syndicale des travailleurs agricoles, a condamné l’ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures vénézuéliennes, et leur complicité avec les violences organisées par la droite. Selon Machaca : « La situation au Venezuela nous préoccupe, c’est pourquoi nous proclamons notre solidarité avec ce pays, mais aussi avec le président Maduro. Nous condamnons l’ingérence nord-américaine et toutes les tentatives de coup d’État ou autres manœuvres visant à la déstabilisation du Venezuela ».

Lire la suite de l'article sur le lien

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Venezuela : Maduro demande des pouvoirs spéciaux en riposte aux sanctions américaines

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a demandé mardi à l’Assemblée nationale de Caracas de lui donner des pouvoirs spéciaux pour répondre à « l’agression impérialiste » des États-Unis, en riposte aux sanctions de Washington contre de hauts responsables vénézuéliens annoncées la veille.



M. Maduro a aussi appelé la population vénézuélienne à participer aux côtés de l’armée à des exercices de défense qui seront organisés dès samedi prochain.

Dans un discours prononcé à l’Assemblée nationale, le président a demandé aux députés de lui donner « des pouvoirs suffisants pour défendre la paix, la souveraineté et le développement du Venezuela face à la menace du gouvernement des États-Unis », qu’il a qualifiée d’« aberration historique ».

« L’agression et la menace des États-Unis sont les plus graves qu’ait jamais subies le Venezuela ; il faut lui répondre par l’unité nationale », a insisté M. Maduro.

Le Président a indiqué avoir ordonné « un exercice défensif militaire spécial samedi prochain 14 mars ». « J’invite tout le peuple du Venezuela […] à soutenir les forces armées et la milice nationale dans cet exercice », a-t-il lancé.

Dès lundi soir, le président Maduro avait qualifié de « coup le plus agressif, injuste et néfaste jamais porté au Venezuela » l’annonce des sanctions de Washington, prises selon la présidence américaine en réaction à des violations des droits de l’Homme au Venezuela.

« Vous n’avez pas le droit de nous agresser et de déclarer que le Venezuela est une menace pour le peuple des États-Unis ; la menace pour le peuple américain, c’est vous », avait-il déclaré à l’adresse du président des États-Unis, Barack Obama.

Celui-ci avait qualifié lundi la situation au Venezuela de « menace extraordinaire et inhabituelle pour la sécurité nationale et la politique extérieure des États-Unis ». Il avait annoncé des gels d’avoirs et des interdictions de visas contre sept responsables vénézuéliens impliqués dans la violente répression des manifestations contre le gouvernement Maduro entre février et mai 2014.

Discours d’Hugo Chavez :



Source : Almanar.com

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Maduro : « Le Venezuela fait face à une très grave menace »



Le 9 mars 2015, le président Obama déclare « l’urgence nationale » face à la « menace inusuelle et extraordinaire » que ferait peser le Venezuela sur les États-Unis. Face à ces déclarations, Nicolas Maduro demande à l’Assemblée nationale vénézuélienne les pleins pouvoirs lui permettant de gouverner par décret : c’est la « loi habilitante ».


Maduro : "Le Venezuela fait face à une très... par librepenseur007

Source : Vincent Lapierre

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akasha
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MessageSujet: Re: Dossier Venezuela : Les derniers événements    Sam 4 Nov - 3:43

Prix Sakharov remis à l’opposition vénézuélienne : quand le Parlement européen donne un blanc-seing au fascisme



L’Union Européenne fait non seulement preuve d’ingérence dans la politique intérieure vénézuélienne, mais elle s’immisce aussi dans les conflits internes de l’opposition, que l’on pourrait résumer comme étant une lutte entre les modérés et ceux qui ont choisi la voie du non-dialogue. Le Parlement européen a donc décidé de récompenser ces derniers en leur attribuant le prix Sakharov.

Le jeudi 26 octobre dernier, le Parlement européen a attribué le prix Sakharov à « la liberté de l’esprit » de l’opposition vénézuélienne, à l’heure des accusations mutuelles et de l’effondrement de la soi-disant position commune à la Table de l’Unité Démocratique (MUD), la coalition politique de l’opposition vénézuélienne.

À la suite des élections régionales du 15 octobre dernier, quatre des cinq gouverneurs de l’opposition élus font partie de l’Action Démocratique (AD), le parti politique actif le plus ancien du Venezuela, fondé en 1941.

Les gouverneurs de l’AD ont rempli leur obligation légale de prêter serment devant l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), reconnaissant ainsi la légitimité de cette entité, remise en cause par les autres partis politiques comme Primero Justicia (PJ [Justice d’abord, NdT]) et Voluntad Popular (VP [Volonté Populaire, NdT]), qui en rejettent la légalité.

C’est pour cette raison que le gouverneur élu de l’État de Zulia, Juan Pablo Guanipa, membre de PJ, n’assumera pas ses fonctions, puisqu’il ne reconnaît pas l’autorité de l’ANC, se plaçant ainsi en marge de la loi vénézuélienne. En conséquence, l’ANC a convoqué de nouvelles élections dans cet État, prévues pour le 10 décembre, où le gouvernement sera dirigé par un homme politique élu par les citoyens, mais qui reconnaîtra et se conformera à l’État de droit.

Cette situation a ouvert une brèche gigantesque au sein de la MUD ; l’ex-candidat de PJ à la présidence, Henrique Capriles, a annoncé son retrait de la MUD, arguant qu’il ne pouvait partager le même espace que le leader de l’AD, Henry Ramos Allup, puisque ce dernier aurait trahi l’esprit de l’unité. Même si le chef de l’AD a ouvertement sanctionné d’expulsion les gouverneurs de son parti ayant prêté serment devant l’ANC, les alliés que sont PJ et VP ne se satisfont pas de cette action.

Les détracteurs de Ramos Allup l’accusent de complicité avec le « régime » du président Nicolás Maduro ; mais en tant que vétéran politique, le leader de l’AD agit pour son propre intérêt, son parti étant celui qui occupe le plus d’espace politique et territorial dans l’opposition après les élections des gouverneurs. Et cette position permet à Ramos de rêver à une candidature pour les prochaines élections présidentielles de 2018. C’est sur ce point que la bataille semble effectivement faire rage au sein de l’opposition vénézuélienne, c’est à dire la lutte pour la candidature à la présidence et non sur quelque différence éthique entre Ramos Allup et ceux qui se montrent inflexibles avec le gouvernement de Maduro.

Les lauréats du Parlement européen sont l’Assemblée Nationale ainsi que sept prisonniers vénézuéliens. Parmi ces derniers figure Lorent Saleh, extradé depuis la Colombie vers le Venezuela en septembre 2014, pour avoir prévu des attentats contre la République Bolivarienne du Venezuela, et notamment de « descendre 20 macchabées en 48 heures », faisant allusion à des assassinats ciblés afin de provoquer une déstabilisation comme l’ont montré des vidéos diffusées à la télévision vénézuélienne. C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles la présidente de l’ANC, Delcy Rodríguez, a déclaré que le Parlement européen offrait un blanc-seing au fascisme.

De cette manière, l’Union Européenne fait non seulement preuve d’ingérence dans la politique intérieure vénézuélienne, mais elle s’immisce aussi dans les conflits internes de l’opposition, que l’on pourrait résumer comme étant une lutte entre les modérés et ceux qui ont choisi la voie du non-dialogue. Le Parlement européen a donc décidé de récompenser ces derniers en leur attribuant le prix Sakharov.

Il faut rappeler que le prix Sakharov, créé en 1988, a été remis quatre fois à des personnes ou organisations latino américaines dans le passé, dont trois l’ont été pour des cubains s’opposant au gouvernement révolutionnaire de l’île caribéenne, qui sont José Payá, les Dames en Blanc, et Guillermo Fariñas. On note ainsi une belle harmonie entre le prix international européen et les politiques des États-Unis contre Cuba et le Venezuela.

Le prix Sakharov pour une frange de l’opposition vénézuélienne consistera à leur remettre un certificat ainsi que la somme de 50 000 euros au cours d’une cérémonie qui aura lieu le 13 décembre ; cérémonie à laquelle ne pourront pas participer les prisonniers vénézuéliens pour des raisons évidentes, sauf pour le président de l’Assemblée Nationale et membre du parti PJ, Julio Borges.

Mais le parti de Borges vient d’être écrasé aux élections régionales, perdant l’État de Miranda et n’arrivant pour l’instant à s’imposer que dans un seul des 23 États que compte le Venezuela, l’État du Zulia.

Il faudra voir si à la suite des élections du 10 décembre, PJ arrive à conserver Zulia. Dans le cas contraire, Borges sera un politique primé qui représenterait un parti sans territoire notable au Venezuela et qui comptera les forces étrangères comme seul soutien, qu’il vienne de Washington ou de Bruxelles.



[color:56ae=#ffff99Traduit de l’espagnol par Rémi Gromelle]


Source : Journal de Notre Amérique

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MessageSujet: Re: Dossier Venezuela : Les derniers événements    Mar 14 Nov - 1:06


Bonsoir les amis Very Happy Le Venezuela qui était au bord du défaux de payement, vient d'être sauvé temporairement ? par ses aliés Russes et chinois, le sort s'acharne sur le peuple vénézuélien qui a fait le chois de continuer à faire confiance à Maduro, après une victoire écrasante aux élections régionales dans un silence assourdissant des médias mainstream pro opposition.
Akasha.


Élections Régionales au Venezuela: le triomphe du chavisme, l’opposition désorganisée et les médias en plein déni



Alors que le président de la Commission Électorale du Venezuela (CNE) lit les résultats des élections régionales ayant eu lieu le dimanche 15 octobre, on peut sentir l’agonie dans les salles de rédactions des medias mainstream. Le chavisme vient de gagner 18 des 23 (1) régions, un résultat qui, selon eux, n’aurait pas dû arriver. Les observateurs internationaux ont loué le processus électoral et les accusations de fraude, reprises naïvement par les médias, ne tiennent pas debout.

Le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) a remporté une victoire retentissante lors de ces élections. Parmi les trois quart des régions sécurisées, certaines sont plutôt importantes. Hector Rodríguez, un jeune leader chaviste charismatique, a repris la gouvernance de Miranda à l’opposition. Miranda comprend une partie de Caracas et était le principal point chaud des violences de l’opposition des derniers mois. Un autre exemple concernait l’État de Barinas, d’où Chávez est originaire, qui avait montré quelque agitation ces mois passés. Le plus jeune frère de Chávez, Argenis, était le candidat et l’État était gouverné avec succès par le PSUV.

L’opposition a perdu les trois régions gagnées en 2012 (Miranda, Amazonas et Lara) et en a gagné cinq autres (Anzoátegui, Mérida, Nueva Esparta, Táchira et Zulia), avec trois de celles-ci à la frontière de la Colombie, soulevant des craintes de voir l’activité paramilitaire augmenter. La participation totale a été de 61%, en comparaison des 54% cinq ans plus tôt, et le PSUV a récolté 54% des votes, soit environ 5,6 millions de votes. Ceci marque un revirement complet par rapport aux législatives de 2015. Cela démontre aussi que le noyau central du chavisme reste très fort et ceci moins grâce à ses actions cohérentes qu’à l’incapacité de l’opposition à mobiliser ses supporters.


Carte électorale après les élections régionales de dimanche. Le chavisme a remporté 18 régions (rouge), et l’opposition cinq (bleu).

La réaction des médias est digne de figurer dans les livres d’histoire. N’ayant pas prêté beaucoup d’attention à ces élections, la période pré-électorale ne présentait que le même discours recyclé : « si les élections sont justes et transparentes, ce sera un raz-de-marée de l’opposition ». Une fois les résultats publiés, plutôt que de chercher à les comprendre et trouver pourquoi leurs prédictions étaient fausses, les médias sont simplement descendus dans le terrier du lapin. Selon leur récit biaisé et leurs sondages historiquement inexacts,, c’était tout simplement impossible !

La preuve soutenant cette impossibilité était aussi moins que convaincante. Il y avait l’habituelle accusation non fondée, ou aisément contrecarrée, de « fraude » (plus ou moins tard). Le New York Times a ajouté la très scientifique déclaration comme quoi « la participation fut apparemment plus faible », alors que Reuters, avec sa crédibilité toujours plus douteuse, a été plus loin en parlant de votants forcés de voter une arme sur la tempe ! Plusieurs analystes ont paradé en déclarant que ces résultats étaient impossibles, certain argumentant même que c’était « inconcevable ». Il semble que ces journalistes et analystes aient violé l’une des règles cardinales de la circulation (de l’information) : ne jamais se griser de ses propres sources. Dit simplement, ils ont commencé à vraiment croire en leur propre propagande.

Une défaite retentissante pour l’opposition vénézuélienne

Examinons maintenant dans le passé récent les actions de l’opposition vénézuélienne soutenue par les États-Unis. Tout d’abord, ils ont déclenché une vague de violence dans les rues en avril qui a provoqué plus de 100 morts (la plupart causée par la violence de l’opposition). Avec la propagande des médias à plein régime, ils ont déclaré être sur le point de « renverser la dictature ». Mais à part en quelques occasions isolées, la violence ne s’est jamais répandue au-delà des bastions de l’opposition, principalement dans Caracas est.

Après que Maduro ait proposé l’Assemblée constituante, l’opposition a refusé d’y participer et déclaré qu’ils l’empêcheraient d’avoir lieu. Ils ont même mis en scène leur propre « référendim » rejetant l’Assemblée constituante et ont appelé les forces armées à intervenir. Mais dans ce qui fut une démonstration de force massive des chavistes, ainsi qu’un rejet de la violence de l’opposition, plus de 8 millions de personnes ont voté le 30 juillet. Tout ce que l’opposition, et les médias, pouvait faire, c’était de déclarer que les chiffres étaient faux, basés sur des sondages bâclés à la sortie des urnes et des déclarations sans fondement de Smartmatic (2). Ces élections et la prise de serment de l’Assemblée constituante ont effectivement apporté la paix dans les rues.

Alors, après avoir déclaré renverser la dictature et demandé que Maduro se retire le lendemain, l’opposition s’est tournée vers ses supporters et leur a demandé le plus sérieusement du monde de sortir et de voter aux élections régionales. Certaines des factions dures ont refusé d’y prendre part (et réprimande maintenant leurs dirigeants de l’avoir fait) mais la plupart des partis de l’opposition ont poursuivi le discours absurde de « voter contre la dictature ». Finalement, l’absurdité les a rattrapés et le résultat fut une défaite retentissante. Et alors, comme une horloge, l’opposition a déclaré que les résultats étaient frauduleux. Franchement, que leur reste-t-il à faire ? Ils pourraient envoyer leurs candidats vaincus à Washington DC et continuer à former leur « gouvernement en exil ». (3)


Les contradictions du leader d’opposition Julio Borges à propos des élections régionales (traduits à partir de Misión Verdad)

Accusations de “fraudes” frauduleuses

Si la couverture médiatique du Venezuela conservait un minimum d’honnêteté, les articles expliqueraient comment fonctionne le système de votation, et donc que ces allégations de « fraudes » peuvent êtres mises en contexte. En résumé, les votants marquent leur vote sur une machine, un bulletin papier est imprimé, et s’il correspond au vote, ils le déposent dans une urne. Une fois le vote complété, un audit est conduit dans 54,4% des bureaux de vote, sélectionnés au hasard. Il consiste à recompter les bulletins papiers et voir s’ils correspondent, avec une marge d’erreur très serrée, avec le décompte électronique. Cela assure que statistiquement les résultats sont quasiment définitifs, et c’est ce que le président du CNE, Tibisay Lucena, veut dire quand elle annonce que les résultats sont « irréversibles ».

Les chavistes, l’opposition et les observateurs internationaux prennent part aux vérifications avant le vote, sont présents dans les bureaux de vote durant la journée, et sont aussi présents pendant l’audit. À la fin du processus, ils signent un compte-rendu (acta). Il est donc très difficile de dire qu’il y a eu une vraie fraude électorale. En fait, le candidat vaincu de l’opposition à Miranda, Carlos Ocariz, a dit qu’il avait lui-même eu les comptes-rendus en main et que ce n’était pas là le problème. Il est donc ridicule pour la France et le Département d’État des États-Unis de déclarer qu’il y a un problème dans le processus de remise des résultats.

La principale plainte de « fraude » dans les médias concernait la relocalisation de plus de 200 bureaux de votes (sur 13 500) loin des zones où l’opposition est la plus forte et dans des zones traditionnellement progouvernementales. Ce qui, de façon très commode, n’a pas été signalé, c’est qu’il s’agissait de bureaux qui n’avaient pas pu être ouverts lors des élections pour l’Assemblée constituante à cause des violences exercées par l’opposition, ce qui rend les préoccupations pour la sécurité du CNE plus que justifiées.

Il y a eu aussi des protestations à propos de candidats de l’opposition ayant perdu des élections primaires (contestées) qui n’ont pas été retirés des bulletins, ce à quoi le CNE a répondu que les demandes de retrait du vote n’avaient pas été remplies à temps. Mais au vu des résultats, tous les tournois électoraux concernaient virtuellement que deux candidats, avec à peine le moindre vote pour un candidat en troisième position et avec le gagnant remportant plus de 50% des votes ; toute conséquence due à cela était négligeable (à l’exception possible de l’État de Bolivar).

Une autre plainte concernait certains bureaux de votes n’ayant pas ouvert à l’heure. Ceci étant dit, même après la fermeture des sondages à 18 heures, quiconque fait encore la queue doit voter, donc cette plainte ne tient pas la route. L’un dans l’autre, l’opposition vénézuélienne, leurs soutiens et les médias voudraient faire croire au monde que les élections étaient frauduleuses parce que les votants de la classe-moyenne ne veulent pas attendre dans une file et encore moins voir des gens pauvres sur le chemin du bureau de vote.


Célébration chaviste après le triomphe électoral (photo par AVN)

Le chemin à venir

Il est difficile de voir où va aller l’opposition vénézuélienne d’ici, avec des signes déjà évidents de luttes internes. Avec leur comportement du « culte de la catastrophe » il est improbable qu’ils aient le moindre succès dans la réactivation de la violence urbaine, et par conséquent leur destin repose essentiellement sur ce que l’empire américain peut faire. Ils espéreront que (plus) de sanctions peuvent infliger assez de souffrances aux Vénézuéliens pour qu’ils aient une chance de gagner les élections présidentielles l’année prochaine. Les plus fanatiques pourraient même espérer que Trump continue à menacer le pays d’une intervention militaire.

Une chose sur laquelle ils peuvent compter, c’est le soutien résolu et inconditionnel des médias mainstream. Alors que les votants et les supporters de l’opposition peuvent faire appel à leur mémoire et critiquer les incohérences et les contradictions, il ne faut pas en attendre de même de la part des médias. Ils continueront de se faire l’écho des déclarations disant qu’il y a eu fraude dans ces élections, que la participation du 30 juillet était exagérée, et à étirer l’histoire de cette ancienne procureur disant à tout venant qu’elle a la preuve de la corruption impliquant les fonctionnaires du gouvernement. Comme tout ce qui peut être utilisé contre le gouvernement bolivarien, on n’a jamais besoin de preuves.

Quant au chavisme, il est indéniable que les deux dernières élections ont été pour lui de sacrées victoires. Les analystes occidentaux mesurent et encore une fois n’arrivent pas à cerner la vitalité de la révolution bolivarienne, et rabaissent les chavistes à des zélotes au cerveau lavé ou des gens simplement effrayés de perdre leurs bénéfices (4). La réalité, c’est que, même à travers une grave crise-guerre économique qui les a frappés durement, et malgré ce que le leadership aurait dû faire différemment, les Vénézuéliens pauvres et la classe ouvrière voient encore ce projet comme leur appartenant, un projet duquel ils sont acteurs et non pas de simples spectateurs.

Le mandat de Maduro a sans doute vu le chavisme être sur la défensive tout le temps, avec une guerre économique, une baisse constante des prix du pétrole, deux incarnations de la violence guarimba et les constantes pressions et sanctions internationales. Tout juste sorti de cette victoire électorale et avec l’Assemblée constituante en place, il est impératif que le chavisme saisisse ce moment pour se radicaliser, pour passer à l’offensive, avec une année devant lui avant les élections présidentielles. Le soutien qu’il a retenu à travers cette tempête ne doit pas être tenu pour acquis, et il a maintenant une fenêtre de tir pour lutter contre la corruption, augmenter le contrôle de la classe ouvrière sur l’économie, augmenter l’influence des communes, etc. Ce n’est pas qu’une question de conserver la base impliquée, il s’agit de comment sera gagnée la guerre économique, de comment on construira le socialisme.

Notes

(1) Les résultats initiaux n’ont été finalisés que pour 22 des 23 États. Dans l’État méridionale de Bolívar, la victoire du candidat du PSUV a été confirmée d’une maigre avance.

(2) Smartmatic, la compagnie responsable du logiciel des machines à voter, a déclaré que “sans aucun doute” la participation a été gonflée d’au moins 1 million de votes. La déclaration a été rejetée par les autorités électorales du Venezuela car la compagnie n’a pas accès aux données électorales. Plusieurs organisations de solidarité ont envoyé une lettre au directeur de Smartmatic, Antonio Mugica, le 8 septembre lui demandant que la compagnie présente soit une preuve de sa déclaration soit des excuses. Il n’y a pas encore eu de réponse à ce jour.

(3) À point nommé, María Corina Machado a exhorté l’assemblée nationale contrôlée par l’opposition, qui est accusée d’outrage à magistrat depuis mi-2016, de nommer une nouvelle autorité électorale. On espère qu’il y a assez de place au siège des l’Organisation des États américains à Washington.

(4) Si seulement ils avaient une compréhension politique profonde et mature comme celle de l’opposition et son slogan “on ne veut pas être Cuba”…


Photo couverture : Le président Maduro a qualifié la victoire électorale de message contre l’impérialisme (photo par AVN)



Traduit de l’anglais par Jean-Noël Pappens pour Investig’Action

Source :
Journal de notre Amérique, Investig’Action[/color

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MessageSujet: Re: Dossier Venezuela : Les derniers événements    Lun 20 Nov - 15:40

Venezuela, les raisons obscures



Ce documentaire n’est pas un travail conjoncturel. Il restera en vigueur tant que les États-Unis persisteront à vouloir en finir avec la Révolution bolivarienne qui se construit au Venezuela, pour s’approprier son pétrole et autres ressources naturelles.

Un documentaire basé sur des entretiens avec des spécialistes vénézuélien(ne)s qui nous racontent, dans un langage simple et didactique, une histoire que les grands médias persistent à dissimuler ou à déformer.



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MessageSujet: Re: Dossier Venezuela : Les derniers événements    Dim 10 Déc - 4:07

Venezuela : dictature ou démocratie ? un citoyen belge témoigne



Jonas Boussifet est un jeune militant belge, engagé dans les mouvements de solidarité et des droits humains à Bruxelles. Après avoir vu des reportages sur la “répression” au Venezuela, il a décidé d’aller voir de ses propres yeux et de recueillir des témoignages. Mais en arrivant, il a découvert une réalité bien différente de celle qu’avaient présentée les médias. Dans cet entretien, nous abordons ses impressions sur le Venezuela, la propagande occidentale et ce qu’elle cache…


Vous avez un témoignage à contre-courant sur le Venezuela. Racontez-nous…



En fait très simplement j’y suis allé avec un regard de citoyen du monde, et pour plus précis : de citoyen européen. Et je me posais la question de savoir ce qui se passait réellement au Venezuela, j’avais entendu parler des fameux 120 morts qu’il y avaient eu sur place, les 120 morts que le gouvernement avait soi disant abattus ou laissé tuer pendant les manifestations. Et voilà, mon premier objectif était d’aller là-bas pour observer, voir ce qui s’y passait.

Et aussi dans un second temps je reconnais que c’était un objectif très naïf et très, très égoïste : en tant que photographe amateur et militant, je voulais prendre des photos des manifestations sur place. Je voulais revenir avec des clichés représentant les manifestations et la répression policière…




C’était dans le cadre de votre travail?



Non, c’était totalement personnel. Et c’est ce que j’expliquais : j’étais « déçu » à mettre entre guillemets ; parce que sur les trois semaines où j’étais là-bas, il n’y a eu que deux manifestations. Une était une mobilisation du gouvernement et l’autre une manifestation de l’opposition et qui était très, très loin de ce que de ce qu’on pouvait voir ici aux informations par rapport aux répressions et aux valeurs défendues par l’opposition. Les manifestations que j’ai vues se sont toujours déroulées dans un cadre bienveillant et où la répression policière était aux abonnés absents… les policiers étaient là pour encadrer mais il n’y a eu aucune répression telle qu’on peut voir sur nos écrans.

J’avais aussi entendu parler des fameux “cacas bambas”, le principe était de lancer des bouteilles contenant des excréments pour éviter de lancer des cocktails molotov et voilà sur le temps que je suis resté là-bas je n’ai pas pu assister aux manifestations tels que les médias mainstream la diffuse. Je n’ai pas pu prendre le cliché parfait non plus. Donc ça m’a permis de creuser et de me renseigner sur ce qui se passait là-bas. Pourquoi les informations qui étaient reliées ici étaient si tronquées ? et donc mon ambition après était de me balader dans les rues de Caracas, de Miranda de Bello Monte et d’apprendre à connaître la population.




Vous y êtes resté combien de temps et aussi à quelle période ?



Je suis resté trois semaines là-bas, c’était au mois d’août, juste après la Constituante. J ‘y suis allé du 18 août au 5 septembre. J’ai investigué dans les rues, j’ai recueilli des témoignages. J’ai parlé à des militants de l’opposition et j’ai eu la chance aussi de faire des interviews au ministère de l’information et de la communication. C’est grâce à ces rencontres que j’ai pu avoir différents avis qui m’ont permis de former mes représentations et le plaidoyer que je fais actuellement.




Vos interviews, c’était dans le cadre d’un projet ?



Oui, je voulais faire un projet personnel au début pour essayer de rétablir la vérité, essayer de faire la contre-information de ce qu’on voyait dans les médias ici, parce que je me suis aperçu qu’en fait je m’étais trompé sur toute la ligne par rapport aux manifestations. Mon objectif c’était de recueillir des interviews, j’ai fait quelques petits films de ce qui se passait dans les rues. Mon projet est toujours de réaliser un montage par rapport à qui se passe là-bas.




Comptez-vous le présenter prochainement ?



Oui, je pense que c’est nécessaire maintenant ; j’essaie d’assister à un maximum de conférences qu’il y a à propos du Venezuela. Dernièrement j’ai intégré une association qui s’appelle Venesol, c’était dans l’idée de ne plus suivre les médias mainstream et de rétablir ma vérité par rapport à la situation que j’ai rencontré là-bas.




Concrètement, qu’est-ce qui vous a plus choqué dans ce décalage entre vos impressions au départ, et ce que vous avez pu réellement témoigner sur place là-bas ?



Ce qui m’a choqué le plus avant mon départ c’était à propos des fameux 120 morts et la brutalité de la répression policière tel qu’annoncée dans nos journaux télévisés. En fait ici en Belgique je fais partie de différents groupes d’action qui font des manifestations et je voulais voir comment se déroulait une manifestation là-bas et c’est ça qui m’a énormément étonné. Je me considère de l’opposition ici en Belgique par rapport à notre gouvernement. Et oui je voulais voir ce que ça donnait une opposition dans les autres pays et revenir avec différents thèmes et différentes méthodes de manifestations.

Et lorsque j’étais à Caracas il y a eu une manifestation qui était une mobilisation du gouvernement. Elle a été retranscrite et diffusée en Europe par après, donc j’ai refait des recherches et on pouvait trouver via Euronews que cette mobilisation était un entraînement des milices vénézuéliennes. Cette mobilisation-là a eu lieu le 28 août et les infos relayées par nos presses étaient à l’opposé de ce que j’ai vu sur place.




C’était une marche anti-impérialiste…



Oui, c’était une marche militaro-citoyenne pro-gouvernementale, où tous les gens qui y participaient faisaient un trajet dans la rue, et ensuite il y avait un entraînement à la manipulation des armes. Et bien que je me considère comme profondément pacifiste et non-violent, le fait d’avoir assisté à ça a énormément remis en question mes réflexions sur les notions de pacifisme et de sécurité aussi.

Parce que finalement qu’est-ce qu’être en sécurité ? Ici en Belgique la sécurité est une compétence de l’armée et de la police, et lorsqu’on voit à ce quoi ils œuvrent pour notre « sécurité », des rafles ici et des guerres là-bas, je me dis que le citoyen devrait avoir son mot à dire par rapport à cette compétence. Le gouvernement Michel ponctionne dans la sécurité sociale pour investir dans l’achat de nouveaux avions de chasse.

Qu’est ce qui le plus important ? Bombarder là-bas ou soigner ici ? c’est ça la véritable sécurité. Et pourtant ils vont injecter des milliards dans ces avions de chasse pour notre « sécurité ». Nous sommes totalement déconnectés de cette notion de sécurité pour tolérer ce genre d’investissement, et puisque nous en sommes déconnectés le citoyen est prêt à renoncer à son droit à se défendre et ce même face à un Etat de plus en plus anti-démocratique et d’extrême droite. Et là-bas donc il y avait un entraînement à la manipulation des armes pour les citoyens, mais aussi à l’organisation de structure populaire en cas de coups d’état, d’attaques de paramilitaires ou de guerre civile. Je n’accepte pas le mot milice car c’était ouvert à tous et à toutes. Même moi je pouvais y participer et pourtant à ce que je sache je ne suis pas membre d’une milice vénézuélienne.




Ces événements dont vous parlez ont été comme une réponse aux menaces de Trump…



Une réponse aux sanctions, oui. L’objectif de cette mobilisation était de montrer qu’il n’y avait pas que le gouvernement vénézuélien qui était contre une ingérence des Etats-Unis, mais aussi « el pueblo ». Par cette mobilisation le peuple du Venezuela voulait soutenir son président et « sortir les dents » devant Trump. Et à mon avis c’est pour ça que certains médias ont manipulé cette mobilisation en la transformant en un entraînement de milices.




Quel est votre regard sur ce qu’on appelle “l’opposition vénézuélienne” ?



D’abord comme je l’ai dit, je me considère dans l’opposition en Belgique, bien que je ne sois pas membre d’un parti politique. Je pense qu’il est nécessaire d’avoir une opposition dans chaque pays. Ça fait partie du jeu démocratique et ça permet une évolution constante de la politique. Un pays sans opposition est un pays dictatorial selon moi. Donc je partais avec une idée romantique de cette opposition vénézuélienne.

De plus les médias européens montraient que l’opposition était traduite par des jeunes qui étaient démunis face aux violences policières. Et lorsqu’il y a eu une manifestation de l’opposition, le trajet parcouru était tellement révélateur d’une ingérence étatsunienne que j’ai vite abandonné cette idée que le peuple se battait pour ses idées. Le trajet de la manif de l’opposition se terminait en face de l’ambassade des Etats-Unis à Caracas, où ils étaient accueillis pour faire part de leurs revendications. Autant dire qu’en voyant ça ma vision romantique de l’opposition vénézuélienne qui luttait pour plus de démocratie était en effet une mascarade impérialiste instrumentalisée par un Etat étranger : les Etats-Unis.

Lorsque je faisais mes interviews et photos sur place, je me basais sur les graffitis qu’il y avait dans la rue. Je voyais souvent un graff’ en particulier, le « #350 ». J’ai appris que ce graffiti était en fait un article de la constitution bolivarienne du Venezuela qui permettait au peuple de manifester lorsqu’il n’était pas d’accord avec les directives de son gouvernement. Cet article était utilisé par l’opposition pour légitimer ses actions. Le mot peuple est important dans cet article. Parce que j’avais plus l’impression que cet article était utilisé non pas par le peuple, mais par des intérêts étrangers au service du capitalisme.



Et vu d’ici, avec le recul, pensez-vous que la perception de la gauche européenne sur les événements du Venezuela ait été à la hauteur ?



En voyant les sanctions prises par l’Union Européenne et le prix Sakharov décerné à l’opposition vénézuélienne ? Je n’ai pas l’impression que la gauche européenne a rempli son rôle. Ou alors la gauche européenne n’a aucune légitimité à porter le nom de « gauche ». La gauche est normalement synonyme de progression, de changement, d’une politique sociale et pas au service d’une politique libérale. Or c’est le rôle qu’elle a joué et qu’elle continue à jouer. La remise du prix Sakharov à l’opposition Vénézuélienne est une insulte à la démocratie. Tout comme le prix Nobel de la paix qui avait été décerné à Obama alors que c’est le président américain ayant commis le plus d’assassinats ciblés. Non la gauche n’a pas rempli son travail sur ce dossier.

Et puis qui sommes-nous pour décerner un prix de la démocratie ? Un peuple qui ne participe à la politique que quand il élit ses représentants tous les « x » années. Des représentants qui ont les mêmes noms depuis plusieurs générations, on peut parler de dynastie politique en Belgique avec les Michels, les De Croos, les De Clerks et consort. Un peuple qui accepte qu’on lui enlève ses libertés pour plus de sécurité. Un peuple dont la participation aux élections est en baisse…

Au Venezuela, c’est le contraire : la participation aux élections est croissante. Ils connaissent leur constitution. Ils s’insurgent et ont le droit de s’insurger lorsque les décisions politiques ne correspondent pas à leurs attentes. Je pense qu’on devrait prendre exemple sur ce peuple. Pour eux, la politique est un devoir citoyen et pas un droit qu’ils ont refilé à des individus aux antipodes de la réalité du citoyen lambda.



[b]]Photo : Jonas Boussifet

Source: Le Journal de Notre Amérique[/b

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akasha
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MessageSujet: Re: Dossier Venezuela : Les derniers événements    Hier à 5:11

Pendant ce temps-là, en Colombie (zone frontalière avec le Venezuela)



Vous avez peut-être découvert Michel Collon sur YouTube? Investig’Action souhaite développer une véritable chaîne vidéo avec des reportages réguliers et des interviews d’experts qu’on ne verra pas à la télé. Soutenir nos projets vidéo : https://dons.michelcollon.info/fr/don...


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